Perpignan :  Les travailleuses de l'aide à domicile envoyées au casse-pipe

Echo d'entreprise
07/04/2020

La situation dans l’aide à domicile et les services à la personne est tendue depuis le début du confinement. Une salariée d'une association de Perpignan témoigne:

« Comme ni les salariés ni les personnes chez qui ils interviennent ne sont testés au coronavirus, on travaille à l’aveugle, en faisant prendre des risques à tout le monde. Nous manquons cruellement de masques, de blouses jetables, de tout le matériel nécessaire pour intervenir en toute sécurité auprès de personnes parfois vulnérables. Cette situation peut favoriser la propagation du virus, dans un sens ou dans l’autre. On part au travail avec la boule au ventre. On a peur d’être contaminées ou de contaminer des gens fragiles.

Dans ce contexte la direction n’a trouvé la semaine dernière à nous proposer que quelques masques en tissu, fabriqués par des bénévoles, et bien sûr non-homologués. Au lieu de se démener pour nous trouver du matériel efficace, elle a sauté sur l’occasion de faire quelques économies et a même eu le culot de justifier cela en essayant de nous convaincre que c’était « mieux que rien ».

Pour la direction, la santé des travailleurs et celle des usagers ne vaut donc pas grand-chose, à peine « mieux que rien », et surtout moins que ses économies de bout de chandelle. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nous nous sommes réunis et nous avons décidé d’une réaction collective si le matériel nécessaire n'était pas arrivé lundi. On nous a finalement annoncé lundi qu'on n'aura que quatre masques par semaine, et qu'il faudra les laver après utilisation…

De plus, vu la baisse d'activité, la direction fait pression pour qu'on prenne sur nos congés, là encore pour faire des économies sur notre dos ; mais le confinement, c'est pas les vacances ! Nous n’acceptons pas que la vie des travailleurs et celles des usagers soit si peu considérée. Ce n’est pas à nous de payer pour la politique d’économie de la direction et des financeurs qui sont derrière, une politique qui ne date hélas pas d'aujourd'hui. »

AIRBUS (Toulouse) :  un « accord » qui met tout le monde d’accord... contre lui.

Echo d'entreprise
03/04/2020

En deux semaines de « reprise de l’activité », il y a tous les cas de figures sur les chaînes de montage : les ouvriers Airbus en arrêt maladie, ceux qui sont en garde d’enfants, ceux qui sont grandement sollicités par les chefs pour venir travailler, ceux qui ne le sont pas du tout, ceux qui sont « volontaires » craignant pour leur emploi ; et il y a ceux qui comme la plupart des intérimaires et sous-traitants, n’ont pas leur mot à dire et sont contraints de s’aligner sur les désidératas de la direction d’Airbus.

Et bien l’accord qui vient d’être signé entre Airbus et FO-CGC-CFTC a mis tout le monde d’accord : car il s’agit d’une attaque en règle contre tous, et cela pour protéger les finances des actionnaires d’Airbus. Prétendument « pour ne pas perdre trop de salaire », TOUS les salariés devront prendre dix jours de congés entre lundi 6 avril et le mois de juin, comme si le « confinement » ce pouvait être des vacances. Quant au chômage partiel, il sera indemnisé à 93 % (dont 84 % par l’état, c’est à dire nos impôts). Mais pour les milliards de profits dégagés depuis des années, là, pas touche, c’est la seule chose qui est intouchable.

Lorsque les ouvriers ont été informé de cet accord par leurs les chefs, un certain nombre en ont entendu des vertes et des pas mures.

Il y a sans doute une guerre contre l’épidémie, mais dans cette guerre il y aussi deux camps aux intérêts opposés. Et ceux qui signent de tels accords ne sont pas dans le nôtre.

Télécom Montpellier, Marché-Gare :  Marche ou crève...

Echo d'entreprise
31/03/2020

Un agent d’une entreprise extérieure travaillant pour Orange, s’est plaint à sa direction d’être obligé d’aller chez les clients sans aucune protection : pas de gants, pas de masques, pas de gel hydro-alcoolique.

Quand il a demandé à sa hiérarchie s’il pouvait faire valoir son droit de retrait la réponse a fusé immédiatement :"Et comment vas-tu arriver à payer ton loyer ?"

AIRBUS Toulouse :  Cynisme patronal !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Un des dirigeants d’Airbus (de Marignane) a sorti une note adressée aux salariés pour les rassurer quant aux mesures de protections prises dans ce contexte d’épidémie. Il s’agit bien évidemment d’inciter les travailleurs à rejoindre leur poste.

Il ne cache pas qu’il s’agit de « Répondre à l’appel de nos clients, notamment pour nous : armée et marine françaises, armée allemande, qui sont déjà sur site pour réceptionner leurs machines… le besoin et la demande de renouvellement sont donc là ». On le voit toutes sortes de choses bien inutiles dans la « guerre contre le virus ».

Pour ce qui est des mesures sanitaires il ose écrire : « Je ne conçois pas les prophéties apocalyptiques qui sont tenues, les prétextes solitaires de désengagement et les demandes de surprotections inadaptées alors qu’en temps normal vos superviseurs et moi devons insister pour que certains mettent leur EPI adapté ». Bref pour lui, ceux qui ne viennent pas travailler, c’est parce que ce sont des fainéants qui se cachent derrière le risque sanitaire. La continuation du travail c’est pour « éviter que l’inertie se transforme en banqueroute ».

Nous faisons grâce du passage sur « l’esprit de famille ». Quant à sa conclusion, elle empeste le cynisme patronal : « Bien évidemment c’est ma vision, mais j’ose espérer que notre équipe n’est pas composée d’une majorité de nombrilistes ineptes mais au contraire de personnes clairvoyantes comme je le pense. Je comprends que l’attente confinée est longue et anxiogène mais n’en rajoutez pas et garder la tête froide Je compte donc sur vous pour reprendre avec envie et décomplexés. »

Cynique et insultant. Car qui sont « Les nombrilistes ineptes ? », sinon ces irresponsables qui ont une banque à la place du cerveau ! La moitié de l’humanité est confinée, et eux ils défendent les intérêts de quelques planqués capitalistes, … en envoyant les travailleurs au front.

Ces industriels, ces capitalistes et leurs serviteurs en or, sont un vrai danger pour les travailleurs et la population.

Toulouse :  Profit-virus chez Continental

Echo d'entreprise
29/03/2020

Les grands manitous du groupe international Continental viennent d’adresser aux salariés une note alarmiste. Evoquant les difficultés actuelles entraînant « une baisse drastique des ventes », ils avouent que leurs « principales priorités incluent la sécurisation de nos résultats et de notre trésorerie. » Ils sont « entièrement concentrés sur nos priorités commerciales ». Le fait que la moitié de l’humanité soit confinée, ne les empêche pas de penser à la banque qu’ils ont à la place du cerveau. C’est ça le cynisme du capitaliste : « mon pognon avant tout »

Dans cette note, les directeurs du groupe menacent directement les travailleurs : « … nous sommes sur le point de mettre en œuvre des contre-mesures qui exigeront de nous tous des sacrifices ». Quand tout va bien les patrons ne lâchent rien et ne partagent rien. Mais quand ça va mal, ils veulent bien partager… les sacrifices, et avec des trémolos dans la voix sur « la viabilité future de notre entreprise. » Tout d’un coup, quand il s’agit de sacrifices, l’entreprise est aussi « la nôtre ». S’il y a quelque chose à sacrifier ce sont les profits qu’ils ont accumulé grâce aux travail des salariés.

A Toulouse, jusqu’à aujourd’hui l’usine est arrêtée. C’est une bonne chose, car c’est que nous supplient de faire les soignants : « restez chez vous ! ».

Alors pourquoi la direction veut-elle redémarrer deux lignes de production avec des « volontaires » ? Pourquoi veut-elle, ensuite, augmenter encore l’activité ? Pour se justifier d’une telle décision elle invoque la demande de clients. C’est un aveu : en réalité elle ne veut pas perdre des parts de marché pour après l’épidémie. La santé des profits de ces « planqués capitalistes de l’arrière » passe avant la santé des « soldats ouvriers volontaires » qu’elle envoie au front.

Pas d’accord !

Labinal - Villemur-sur-Tarn (banlieue toulousaine) :  Accepter la logique patronale ? Pas d’accord !

Echo d'entreprise
27/03/2020

Dans cette entreprise de câblage aéronautique (groupe Safran) de 500 salariés, qui travaille notamment pour Airbus, la direction a décidé la réouverture de l’usine en assurant les salariés que les conditions de sécurité seraient scrupuleusement respectées : nettoyage des outils et des postes, distances de sécurité, deux équipes, etc. Et avec l'aide et le soutien de plusieurs syndicats qui ont décidé d’accompagner la volonté patronale, tous les jours les salariés sont invités à donner leur avis sur « les conditions sanitaires » : bonnes, moyennes, mauvaises. L’enquête du 26 mars (sur 8 réponses !) donne 50% de « mauvaises ».

En fait la seule question qui se pose ce n’est pas celle de la qualité des conditions sanitaires mises en œuvre par le patron, mais plutôt : « pourquoi maintenir le travail de câblage alors que les personnels de santé nous supplient de rester confinés ? » ; ou « pourquoi utiliser masques, gels, tenues spéciales, pour faire du câblage, alors que ce type de matériel manque dans les hôpitaux, les Ephad, les supermarchés, qui eux sont vitaux pour la société ».

En réalité ce que le patron veut faire admettre en mettant en discussion les « conditions sanitaires » du travail, c’est le préalable qui ne souffre pas de discussion : « il faut venir travailler ».

Et pourquoi ? Pour garder les marchés, pour rester bien placé face à la concurrence après l’épidémie, en un mot ce sont les profits de Labinal-Safran qui priment sur tout le reste.

La meilleure des conditions sanitaires c’est de ne pas venir au travail. Point ! Labinal-Safran a les moyens de payer 100% du salaire à tous : aux actionnaires de puiser dans leurs coffres-forts bien remplis. Il paraît qu’on est en guerre ; alors que les planqués capitalistes de l’arrière arrêtent d’envoyer au front du travail les travailleurs, pour préserver leurs profits futurs.

Toulouse :  Comment on travaille à l'aéroport de Toulouse

Echo d'entreprise
26/03/2020

À Blagnac comme dans tous les aéroports du pays, le trafic est considérablement réduit. Après les malades, les premières victimes sont les plus précaires, les intérimaires, les CDD et les contrats pro, qui ont été coronavirés. Aucune raison de l’accepter, s’il y a moins de travail, il faut le partager entre tous et maintenir les salaires. Et les coups bas, eux, ne sont pas confinés : la direction d'ATB veut rogner les congés et imposer une semaine de RTT fin mars-début avril. C'est le cas dans beaucoup de compagnies et de sociétés de l’aéroport. Peut-être que pour eux, être confinés dans leurs propriétés, ressemble à des vacances, mais ce n’est pas pareil pour ceux vivent dans quelques dizaines de mètres carrés. Sans compter que si avec le chômage partiel, les patrons ne payent rien, les salariés ne toucheront que 84% du salaire de base net et les primes seront impactées.

Les agents de sûreté d’ICTS et de Seris qui travaillent encore sont directement au contact du personnel pour les premiers, des passagers pour les seconds. La seule mesure de sécurité qui leur est demandée est de contrôler en se plaçant derrière les personnes. Pour se protéger, ils ont leurs gants habituels mais pas de masques et pour beaucoup, même pas de gel. Ils peuvent voir si une personne transporte une arme, mais si c’est le virus, il peut passer tranquille ! Les agents de nettoyage d’Onet et d’Arcade sont en première ligne dans le combat contre ce virus qui peut se déposer partout. Pourtant, ils utilisent toujours les mêmes produits, n’ont que leurs gants de travail et pas de masque pour se protéger. Leurs patrons disent qu’ils n’en ont pas besoin. Cela donne envie d'aller leur postillonner à la figure pour qu’ils en fournissent !

Si tous ceux qui travaillent à l’aéroport ne sont pas en contact direct avec les passagers, ils sont dans un environnement où passent des milliers de personnes, avec le risque de contamination. Le gouvernement qui demande aux salariés d’aller sur leur lieu de travail n’impose pas aux patrons de prendre des mesures strictes de précaution. Il est visiblement davantage préoccupé de la santé des entreprises que de celle des travailleurs.

Perpignan - Services à la personne :  Un témoignage

Echo d'entreprise
26/03/2020

Sur Perpignan de nombreuses associations travaillent dans l’aide à la personne, employant des centaines de salariés. Voici le témoignage de l’un d'entre eux.

« Les 16 et 17 mars, au début du confinement, c’était la pagaille totale dans les services d’aide à domicile. Aucune organisation n’avait été mise en place pour instaurer des priorités et pour assurer la sécurité du personnel. Ainsi les interventions de confort (ménage chez des particuliers valides) avaient été maintenues. Les directions faisaient pression sur les salariés, ainsi que les petits chefs, toujours aussi arrogants et autoritaires. Ils ont bien été obligés de revoir les plannings d’interventions quand les arrêts-maladies et les absences pour garde d’enfants sont arrivés sur leur bureau.

Les informations sont arrivées au compte-gouttes, tout comme le matériel de protection : un masque et deux paires de gants pour une journée ! Quand la solution hydro alcoolique manquait, la direction improvisait en fournissant du Dakin (un antiseptique) mélangé avec de l’eau, et a demandé aux aides à domicile de venir avec une petite bouteille plastique… Dans une association, il y a bien un bidon de gel, mais il n’est pas distribué car il n’y a pas de pompe !

Nous avons à gérer des situations inédites : une personne chez qui nous intervenons est positive au Covid-19. Nous devons faire ses courses, ce qui est normal, mais la direction n'a rien mis en place pour nous protéger ! Les collègues sont très inquiets pour leur santé et celle de leurs proches.

Comme d’habitude, la première préoccupation de nos employeurs, c'est la facturation des heures d'intervention pour faire rentrer l’argent, en nous faisant trimer. Mais nous ne devons pas y laisser notre santé ! Alors nous nous organisons sur notre groupe Whatshap spécialement créé pour rester en relation et riposter collectivement. Notre santé est plus importante que leur fric ! »

Labinal Safran – Villemur-sur-Tarn (31) :  Chantage au salaire

Echo d'entreprise
25/03/2020

Depuis le début de la semaine l’activité a mollement repris dans cette entreprise (groupe Safran) sous-traitante de l’aéronautique qui emploie 500 salariés dans la banlieue de Toulouse. Une partie des travailleurs est désormais répartie en deux équipes qui ne se croisent pas, travaillant 30 heures par semaine. Les 6 heures restantes sont payés en chômage partiel, à 84% du salaire net. C’est à dire que les travailleurs vont au travail pour perdre sur leur salaire déjà pas bien lourd. Alors que les profits de Safran pour 2019 ont augmenté de 34,5%, le patron de Labinal a royalement augmenté les salaires de… 0,7%, une misère. Bref, le patron compte sur le bas niveau des salaires pour convaincre les salariés de reprendre le chemin du travail

Pour les congés et la banque de temps, il est clair qu’ils ne sont pas intouchables. Quant au travail qui est grandement réduit dans les faits, chacun est invité à nettoyer son poste de travail en le quittant. Mais il n’y a pas de masques et les seuls gants utilisés sont les mêmes que d’habitude. Bref ça râle dans les chaumières et beaucoup estime que leur travail n’est pas « vital » pour justifier de telles prises de risque pour eux et leurs proches, d’autant qu’il n’y a plus de câblage ni de transporteur. Certains disent que s’il s’agissait de fabriquer des respirateurs ou des masques, ils seraient prêts à travailler, mais pour faire de l’avance pour les avionneurs, ça n’a aucune justification.

Les syndicats « exigent » de la direction un document écrit, garantissant que toutes les mesures de sécurité sont respectées. Comme si un bout de papier suffisait à rassurer ceux qui n’ont aucune confiance, à juste titre, dans les parasites capitalistes. Accompagner le patron dans sa gestion de la crise sanitaire c’est être dans l’autre camp.

Muret (31) et Toulouse (31) :  Un portefeuille à la place du cerveau

Echo d'entreprise
25/03/2020

Les 14 radiologues du groupe "Occitanie-Garonne" dirigent quatre centres de radiologie, à Muret, Rieux-Volvestre, clinique d'Occitanie (Muret) et Médipôle (Toulouse), plus un call-center, et emploient une centaine de salariés.

C’est dire que les « activités » de ces patrons radiologues sont très juteuses et leur permettent de toucher dans les 30 fois le smic.

A l’occasion de l’épidémie qui réduit leur possibilité de faire du fric, ils invitent les salariés à faire des "sacrifices", et leurs demandent de solder tout de suite tous leurs congés et de se tenir prêts, dès la reprise des activités. Dans la situation actuelle, où beaucoup d’infirmiers, de soignants et de médecins de la clinique se consacrent pleinement à la lutte contre le Covid19, ces radiologues se préoccupent avant tout de leur portefeuille, déjà bien rempli. Ce qui les inquiète ce n’est pas tant la catastrophe sanitaire qui se développe, mais leurs bénéfices qui risquent d’être écornés.

A croire qu’ils ont prêté le serment de Cupidité !