Le Journal Toulousain :  Municipales : Lutte ouvrière s’engage pour « Faire entendre le camp des travailleurs » à Toulouse

Article de presse
06/02/2020

Adrada Malena, la tête de liste “Lutte Ouvrière – Faire entendre la voix des travailleurs” pour les élections municipales 2020 à Toulouse © Gimenez

Le parti communiste et révolutionnaire Lutte ouvrière se présente aux élections municipales avec une liste intitulée « Faire entendre le camp des travailleurs ». Une candidature incarnée à Toulouse par Malena Adrada. Se plaçant au-delà de l’enjeu local du scrutin, cette Union trotskyste défend un projet de combat contre le capitalisme dans une perspective de lutte des classes.

Une cinquième candidature à gauche pour les municipales à Toulouse ! À quelques jours d’écart, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Lutte Ouvrière sont entrés dans la course au Capitole, ce qui porte à dix le nombre total de prétendants en lice pour les prochaines élections.

Avec sa liste « Lutte Ouvrière (LO) – Faire entendre le camp de travailleurs », officialisée le 2 février dernier, le parti trotskyste prend à contre-pied la tendance des autres candidats à estomper les étiquettes politiques et assume son héritage communiste et révolutionnaire. « La plupart d’entre eux se prétendent apolitiques, le temps de cette élection, pour ne pas payer les conséquences des politiques anti-populaires des partis qui se sont succédé au gouvernement. Mais c’est l’ensemble de du système capitaliste qu’il faut mettre en cause, et c’est du point de vue des travailleurs qu’il faut le faire », exposent ainsi les militants du mouvement, dans le communiqué de presse annonçant leur engagement dans la campagne.

Lutte des classes plutôt que lutte des places

Cette candidature veut donc, avant tout, porter un message qui dépasse l’enjeu d’une élection locale pour se placer dans une logique de « lutte des classes évidente ». « On ne se présente pas pour gérer la misère au sein d’une municipalité, mais faire entendre la voix des travailleurs et montrer qu’il y a bien deux camps. La bourgeoisie, qui mène une véritable guerre contre les salariés, nous prend tout ce que l’on a obtenu par les combats du passé », précise Malena Adrada, professeur des écoles dans le centre-ville, qui conduira la liste.

En termes de propositions, la représentante communiste préfère compter sur les « luttes sociales » et se refuse à faire des promesses électorales. Celle-ci revendique d’ailleurs ne pas vouloir donner « la moindre illusion sur la capacité des élus à agir pour les classes populaires. Pour faire progresser les choses, il va falloir se battre. Pas envoyer des élus au conseil municipal qui, de toutes les manières, ne tiendront pas leurs engagements ». Pour étayer son propos, Malena Adrada prend la question du logement en exemple. « Il y a de nombreuses personnes à la rue alors que beaucoup de bâtiments sont vides. Si nous choisissions de les réquisitionner, rien ne nous garantirait que le préfet n’invalide pas cette décision. Il faudrait donc aussi se battre contre l’État ».

Gratuité des services publics

Malgré cette défiance vis-à-vis des institutions municipales, la candidate Lutte-Ouvrière assure que si des membres de son parti siégeaient au Capitole, ceux-ci n’adopteraient que des décisions allant dans le sens des plus pauvres. Notamment en instaurant la gratuité des services publics. « Sur le plan environnemental ou économique, nous ne ferons pas de propositions qui culpabilisent les gens. Nous préférerons rendre les transports en commun gratuits plutôt que sanctionner les automobilistes qui n’ont pas toujours le choix de se passer de leur voiture. Ils la prennent pour aller travailler ou consommer, donc pour enrichir les entreprises. Il est logique de se servir sur les profits de ces dernières pour financer ces mesures », détaille Malena Adrada qui entend toutefois soumettre les décisions les plus importantes aux habitants.

Interdire les profits sur les appels d’offres municipaux

Un avis qui sera notamment demandé aux Toulousains sur la question de la troisième ligne de métro. La seule condition exprimée par Malena Adrada sur le sujet concerne son financement. « Il faut que les entreprises sollicitées le réalisent à prix coûtant. Elles effectuent un travail d’intérêt général pour lequel celles-ci ne devraient pas générer de profits. Il est inadmissible que nous soyons rançonnés par les bétonneurs », développe-t-elle.

Des prises de position incompatibles avec l’idée d’une convergence avec des listes intégrant d’anciens élus ou des membres de partis de gouvernement. « Ils ont tous mené la même politique au service des plus riches », reproche notamment la tête de liste Lutte-Ouvrière qui n’envisage donc aucun rapprochement avec les autres candidats de gauche.

Nicolas Belaubre

 

Copyrignt Le Journal Toulousain - 06/02/2020