La Dépêche du Midi - Toulouse :  Nathalie Arthaud : "défendre les travailleurs"

Article de presse
01/10/2018

Nathalie Arthaud / DDM Michel Viala

Vous étiez ce dimanche à Toulouse à la fête de Lutte Ouvrière. La teneur de votre discours ?

J'ai dénoncé la politique anti-ouvrière de Macron. J'ai insisté sur le fait qu'au-delà de la politique de Macron nous vivons une crise du capitalisme que paient les travailleurs et qui génère chômage, précarité et une ambiance politique délétère minée par des idées réactionnaires. Nous pensons à Lutte Ouvrière que les travailleurs doivent mener leurs combats en ayant conscience de cette situation économique qui accroît les rivalités et nous mène à la catastrophe. Et qu'il faut renverser le capitalisme responsable de cette catastrophe.

Mais par quoi le remplacer ? Et comment peut-on défendre une idéologie communiste trotskiste qui est la vôtre et qui n'a jamais marché partout où elle a été appliquée ? Sans parler des millions de morts…

Nous considérons que le communisme trotskiste tel que nous le revendiquons n'a jamais été appliqué. En URSS, c'était du stalinisme… Les dictatures, les morts, sont partout où il y a de la misère dans le monde et ça n'est pas dû au communisme. La démocratie est un luxe des pays riches… Au Venezuela, il y a d'abord eu crise par rapport à l'impérialisme et au prix du pétrole. Par ailleurs je ne me désolidariserai jamais de ce qui a été fait à Cuba par Fidel Castro. Parce que c'est très rare, dans le monde, des gouvernements qui ont eu cette volonté de redistribuer les richesses.

Votre position par rapport aux élections européennes ?

Nous nous préparons à discuter avec le NPA (Nouveau parti anticapitaliste) pour une candidature commune. Pour ces élections, la règle a été modifiée par Macron, ce sera une seule liste, nationale, de 29 députés. Je serai certainement candidate. Mais nous ne voulons par rentrer dans le faux débat imposé par Macron/ Le Pen, qui veulent faire de ces élections un référendum pour ou contre l'Europe. Qu'on sorte ou non de l'Europe ne changera rien. Nous, on sera là pour défendre les intérêts des travailleurs.

Propos recueillis par Nicole Clodi

Copyright La Dépêche du Midi - le 01/10/2018