Saint Junien (Haute Vienne)

Le coronavirus : une aubaine pour le luxe

Brève
26/04/2020

La ganterie de luxe Agnelle basée à Saint Junien s'est lancée dans la fabrication de gants "anti-coronavirus" ! Elle fournit les gants des stars de la planète ou des premières dames comme Carla Bruni, Brigitte Macron et... Mélania Trump. Elle travaille pour les marques comme Dior, Givenchy, Ralph Lauren, Agnès B ou Calvin Klein .

"Lavable, le gant en tissu sera dotée de pastilles tactiles sur l’index et le pouce permettant de naviguer facilement sur les écrans des téléphones ou des tablettes"... "Nous avons fabriqué un prototype de gant très souple, agréable à porter dans une matière très stretch, qui fait une jolie main " ... "Il va falloir apprendre à vivre avec (...) cette sécurité nécessaire tout en conservant notre liberté et en gardant à l'esprit une certaine idée de l’esthétisme"...  Le prix : 45 € !

Il faut dire qu'Agnelle n'a guère de clientes chez les femmes de ménage, les aides à domicile ou les caissières. La marque va donc continuer à fournir sa clientèle aisée qui va pouvoir pianoter sur ses IPod en toute sécurité tout en essayant d'élargir un peu son marché ! 

Celles et ceux qui sont en première ligne continuent eux, à manquer du minimum nécessaire pour se protéger, parce que l'Etat n'a pas réquisitionné des entreprises comme celle de Saint Junien pour les obliger à fabriquer masques, gants et surblouses qui manquent cruellement !

Limoges

La matraque et le mépris !

Brève
23/04/2020

Le quartier du Val de l'Aurence

Au cours d'une interpellation dans le quartier de Beaubreuil mardi soir 21 avril, filmée par des habitants depuis leurs fenêtres, on voit un policier en civil frapper à coups de pied un homme maintenu à terre tandis qu'un autre lance une grenade de désencerclement pour dissuader d'autres habitants de s'approcher. L'IGPN a été saisi...

Cette intervention musclée de la police dans un quartier pauvre où le confinement dans les immeubles est d'autant difficile à supporter que beaucoup ont perdu leurs petits boulots précaires, a provoqué le lendemain une flambée de violence, avec l' incendie de l'antenne de la mairie. Ces incidents se sont étendus à la Cité de La Bastide, autre quartier pauvre de Limoges.

La réponse du préfet : une demie compagnie de CRS à la rescousse . Sur sa page facebook, le maire s'indigne contre la violence de certains habitants du quartier, insinuant que c'est le fait de dealers etc...

Cette situation n'a rien d'original : le confinement transforme ces cités en cocotes minute explosives.
Pour les jeunes, c'est le désoeuvrement aggravé par la fermeture des écoles. Quant à leurs parents, beaucoup font partie de ces « héros du quotidien » qui doivent continuer à prendre les transports et à travailler malgré le confinement, dans les supermarchés, pour s'occuper des personnes, faire les ménages ou ramasser les ordures, le tout pour un salaire de misère.

La matraque et le mépris, les seules réponses du pouvoir, ne feront pas baisser la température.

Nouvelle Aquitaine contre Gouvernement

Avec la pénurie, la loi de la jungle !

Brève
03/04/2020

A force d’entendre du gouvernement : les masques devraient arriver…, ne vont plus tarder…, arrivent très bientôt... les régions, départements, municipalités se mettent à passer eux-mêmes leurs commandes pour équiper les agents territoriaux : soignants et aide-ménagères qui interviennent à domicile, parfois auprès de patients suspectés ou diagnostiqués positifs.

Le 23 mars dernier, le Conseil régional, les douze conseils départementaux de la Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole et l'agglomération de Pau, en ont commandé 2,7 millions auprès d'un intermédiaire basé en Gironde. Une autre commande d’un peu plus de 2 millions de masques chirurgicaux et 500 000 FFP2 a été passée par de plus petites communes. Les présidents du Conseil Régional, départementaux et les maires ont évidemment réagi violemment à la demande de l’Etat que 80% des masques chirurgicaux et la totalité des FFP2 lui soient remis pour qu'il les répartissent dans les hôpitaux qui n'en ont pas suffisamment.

Après une véritable bataille de chiffonniers, un accord a été trouvé : les masques seront répartis avec l'aval de l'Agence régionale de santé.... jusqu'à la prochaine bataille, car il va en manquer toujours tragiquement. Dans cette société capitaliste ou rien n'est concerté, ni planifié, ni centralisé, des moyens pourtant élémentaires sont sacrifiés sur l'autel des profits de la grande bourgeoisie. Cette pénurie dramatique et la défiance due aux mensonges des gouvernants engendrent des rivalités écoeurantes et un comportement d'un autre âge.... dans un des pays les plus riches du monde.

Un système économique et sa classe privilégiée à renverser urgemment !!!

Sort des jeunes migrants en Haute Vienne

Les Ponce Pilate du Conseil Départemental

Brève
24/03/2020

Banderole du collectif "Chabatz d'entrar"

Selon le collectif de défense des migrants "Chabatz d'entrar", pour les jeunes migrants en attente de reconnaissance de minorité et encore plus pour une quinzaine ayant été déboutés, la situation est alarmante. Déboutés ou non, l'association maintenait un lien avec eux par l'intermédiaire d'activités comme les cours de français. Mais aujourd'hui, cela n'est plus possible ! Ils sont donc complètement isolés, dans des chambres d'hôtel ou à la rue...

"Chabbatz d'entrar" a demandé, qu'au moins pendant la période, tous, quel que soit l'âge qu'on leur attribue, soient pris en charge par l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance). Il lui a été répondu par la vice-présidente (socialiste) du Conseil Départemental chargée du problème de l'enfance : « Nous nous devons d’être humains mais nous ne pouvons aller trop loin au-delà de nos compétences. Il ne s’agit pas de renvoyer la balle à l’État, mais de suggérer à ce dernier d’assumer, lui aussi, ce qui relève de sa compétence. » Les examens médicaux destinés à "vérifier" si les jeunes migrants ont plus ou moins 18 ans, pour pouvoir les laisser dans la rue, sont révoltants. Mais maintenir ces pratiques dans la période est innaceptable. Quant à la façon dont le Conseil Départemental de la Haute Vienne s'en lave les mains, cela relève de la non-assistance à personne en danger !

Limousin

Covid 19 et prisons surpeuplées : une catastrophe annoncée !

Brève
23/03/2020

La maison d'arrêt de Limoges datant du XIXème siècle !

Dimanche après midi, une mutinerie de 200 détenus sur les 600 de la prison d'Uzerche en corrèze a éclaté, un bâtiment a été incendié, des gendarmes et des membres de la sécurité pénitentiaire sont intervenus durant toute la nui et 12 détenus ont été hospitalisés.

Un début de mutinerie a  également éclaté à la maison d'arrêt de Limoges dimanche soir 22 mars : pour protester contre l'interdiction des parloirs et angoissés par leurs conditions sanitaires, une vingtaine de détenus ont refusé de regagner leurs cellules, ce qu'ils ont finalement fait devant l'intervention de la police.

En France , le taux d'occupation des établissements pénitentiaires est de 116 %, et de 138 % dans les maisons d'arrêt. Le nombre de détenus à Limoges est bien sûr fluctuant mais la maison d'arrêt de Limoges est la plus surpeuplée de la Nouvelle Aquitaine : en mai 2019 par exemple elle avait un taux d'occupation de 220% pour les hommes et 190% pour les femmes avec une dizaine de cellules abritant 3 détenus !

Un détenu de la prison de Fresnes est mort lundi 16 mars du Covid-19. En prison, l'épidémie de Covid-19 risque de se propager comme une traînée de poudre. Et la ministre de la Justice a beau promettre « 100 000 masques », cela ne mettra pas fin à la promiscuité ni aux conditions sanitaires déplorables.

Cela fait des années que la France est régulièrement condamnée pour l'état de ses prisons, sans que rien ne soit fait. Les détenus risquent de le payer de leur santé, et peut-être de leur vie.