MTD

Un patron licencieur subventionné par l’Etat

Brève
16/04/2020

Chez MTD, en Allemagne, les sites de logistique d’Hornbach et Sarrebruck n’ont pas connu d’arrêt depuis le début du confinement. L’activité tourne à plein, en pleine épidémie de coronavirus pour stocker et réexpédier des pièces de rechange de tondeuses à gazon. L’entreprise, tout en faisant appel à des intérimaires depuis le début du confinement, met actuellement au chômage partiel une partie de ses employés pour bénéficier des aides de l’Etat allemand. En effet, l’Agence fédérale pour l’emploi prendrait en charge jusqu’à 67 % de la perte de salaire subie par les salariés au chômage partiel.

MTD est loin d’être la seule entreprise à tenter des bénéficier des largesses de l’Etat, puisqu’en Allemagne, les grands groupes de l’automobile ont également profité de cette mesure tout en s’apprêtant à verser plusieurs milliards aux actionnaires. Dans ce contexte, la décision de BMW, Volkswagen et Daimler (propriétaire de la Smart) de verser 7,5 milliards d’euros à leurs actionnaires au titre des bénéfices pour 2019, alors que 200 000 de leurs salariés sont indemnisés par les deniers publics, a du mal à passer.

Concernant MTD, qui réalise également d’importants bénéfices à l’échelle du groupe, c’est d’autant plus choquant que ce dernier prévoit de licencier l’ensemble des 300 ouvriers de Hornbach et Sarrebruck d’ici la fin de l’été, une fois la saison de jardinage finie. La raison invoquée : une soi-disant baisse d’activité. A l’image de celle utilisée actuellement pour justifier de toucher les aides du chômage partiel, tout en employant des intérimaires. Parmi les ouvriers de MTD, personne n’est dupe de ce jeu révoltant, orchestré par un patron qui cherche à se remplir des poches déjà bien pleines, et quelle que soit la situation.

Lidl, CORA

Publicité mensongère

Brève
16/04/2020

Ces derniers jours, le groupe Lidl s’est payé une pleine page de publicité dans certains journaux pour clamer haut et fort son implication afin d’« assurer une sécurité sanitaire optimale, indispensable pour faire nos courses en toute sécurité ». Pourtant, dans un certain nombre de magasins, comme celui de Sarreguemines, le filtrage n’est plus réalisé à l’entrée du magasin. Un vigile avait bien été embauché en intérim au début du confinement pour mettre en place un filtrage mais sa mission n’a duré que quelques jours, sans être renouvelée depuis. L’affluence a été telle à la veille et à la sortie du week-end de Pâques que les conditions de sécurité, comme les deux mètres de distance préconisés, étaient loin d’être réunies.

Qu’à cela ne tienne, la direction a fait ses calculs et avance ses justifications ! Selon elle, d’après la surface de vente du magasin, ce dernier pourrait accueillir jusqu’à 140 personnes par heure. Avec 100 personnes par heure dans le magasin les jours de pointe, la limite n’est pas atteinte donc « tout va bien » ! Par ordre de comparaison, le nombre de clients chez Cora, pas moins avide de profits que Lidl, a été limité à 100 pour un magasin qui est bien plus grand.

Entasser le maximum de monde pour maximiser le chiffre d’affaires et faire concurrence aux voisins reste la logique qui gouverne les choix de Lidl. Sans parler des risques que cela fait prendre au personnel qui doit réapprovisionner les rayons pendant que les clients sont entassés comme des sardines dans le magasin. Car la direction ne veut pas envisager, toujours pour des raisons de rentabilité, de fermer certains rayons aux clients le temps du réapprovisionnement, voire de fermer le magasin pour cela.

Trouver de l’argent pour faire sa pub, Lidl y arrive sans problème. Quant à mettre les moyens pour assurer un minimum de sécurité à ses employés comme aux clients, c’est une autre histoire !

Continental, Smart, Fonderie Lorraine

Déconfinements des profits

Brève
16/04/2020

Avant même la fin du confinement, prolongé pour l’instant jusqu’au 11 mai, bien des groupes industriels de la région dont l’activité n’est pas indispensable à notre survie ont annoncé la reprise de leur activité. C’est le cas entre autres de Continental, de la Smart, de la Fonderie Lorraine. Quant à SEW à Forbach, ZF et Ford en Allemagne ils ont déjà fait reprendre la production depuis plusieurs semaines. Aux travailleurs de ces entreprises s’ajoutent ceux employés par les sous-traitants.

Les directions de ces entreprises assurent les travailleurs qu’ils auront des masques pour se protéger. Mais ce sont autant de masques qui auraient pu servir aux soignants et à tous ceux qui ont une activité dont le maintien est indispensable en cette période.

Mais pour les patrons de ces grandes entreprises, seul compte le retour des profits, au plus vite quelles qu’en soient les conséquences !

 

ARS Grand Est

Le fusible a sauté

Brève
15/04/2020

Après avoir déclaré le 3 avril que le plan de suppression de lits et d’emplois au CHRU de Nancy serait maintenu, le directeur de l’ARS (Agence régionale de santé) du Grand-Est, Christophe Lannelongue, a été limogé par le Conseil des ministres du 8 avril.

Les propos de ce directeur, en pleine crise sanitaire, avaient provoqué un tollé général et bien hypocrite chez certains. En effet, ce plan, arrêté en juillet dernier, prévoyait 174 fermetures de lits et 598 suppressions de postes. Il s’inscrivait dans le cadre d’un projet du CHRU et était la contrepartie d’investissements de l’État. La ministre Agnès Buzyn en avait fait l’annonce le 29 janvier dernier à Nancy et tout le monde, y compris le maire Laurent Hénart, président du parti de droite Mouvement radical, allié de LREM, s’en était réjoui.

Mais alors qu’avec l’épidémie de Covid-19, les discours, sinon les actes, ont changé, parler de suppression de postes ou de lits est évidemment malvenu. Le même maire de Nancy comme le gouvernement, qui se réjouissaient de ce plan en janvier, ont trouvé insupportable qu’on en parle en avril et le haut fonctionnaire a été débarqué. On est en pleine hypocrisie !

Lannelongue ne va pas se retrouver au chômage, que l’on se rassure : ce haut fonctionnaire qui a fait partie des cabinets et directions ministérielles socialistes depuis 1988 va atterrir à l’inspection générale des affaires sociales, l’IGAS.

Pour le remplacer, le gouvernement a nommé Marie-Ange Desailly-Chanson qui était depuis 2015 inspectrice générale à la même IGAS. En 2018, elle a participé à une mission d’évaluation de la situation du CHRU de Nancy… qui a accouché du fameux plan ! Cela s’appelle changer les têtes pour ne rien changer.

Réquisitions de masques par la préfète de région

L'Etat n’intervient pas là où il devrait

Brève
08/04/2020

Du papier et deux élastiques : cela ne doit pas être bien difficile pour l'industrie de se mettre à fabriquer un masque chirurgical

Face à l’incurie de l’Etat, qui avait renoncé à partir de 2011 à faire une réserve stratégique de masques et qui s’avère depuis le début de l’épidémie incapable de fournir en équipements de protection les hôpitaux, les Ehpad, les professionnels de santé ou des services à domicile, et à plus forte raison la population elle-même, chaque collectivité a été obligée de se débrouiller pour s’approvisionner directement auprès de fournisseurs en Chine.

Et voilà que la représentante de l’Etat, la préfète de région, réquisitionne à l’aéroport de Bâle-Mulhouse les masques qui avaient été commandés conjointement par la région Grand Est et la région Bourgogne-Franche-Comté !

Plutôt que de rafler les commandes des régions, l’Etat ferait mieux de réquisitionner les entreprises productrices de papier essuie-tout ou de papier toilette pour leur faire fabriquer des masques !