LIDL, CORA

Ceux qui sont en première ligne et ceux qui encaissent derrière

Brève
25/03/2020

Très peu de mesures de protection et de sécurité sont appliquées dans la plupart des supermarchés : les masques, les gants sont en nombre insuffisant, tandis que le personnel est lui aussi en sous-effectif. Chez Lidl Sarreguemines, sur les 18 employés, seules 8 sont encore en mesure de venir travailler. Ce qui tourne à peu près correctement n’est souvent dû qu’au bon sens et au dévouement des employés qui mettent certaines mesures en avant.

Par contre, il y a bien quelque chose qui préoccupe les patrons de la grande distribution : leur chiffre d’affaires, en plein envol ces dernières semaines. Pour eux, il faudrait vendre le maximum, et si possible plus que le magasin d’à côté ! Comme en temps de guerre tout est bon pour faire du fric : à tel point que des employés déjà en sous-effectif se voient demandés de décharger et mettre en rayon les promos prévues pour le printemps (plantes, aspirateurs, etc.), bref des produits absolument pas indispensables à la vie courante.

Dans ce contexte, la prime de 1 000 euros promise aux salariés en première ligne a du mal à passer. Chez Lidl, le patron a même osé annoncer qu’elle ne serait que de 600 euros car, selon lui, 400 euros auraient déjà été versés avec la prime imposée par les gilets jaunes.

Hôpital Robert Pax

Le prix des politiques contre la santé

Brève
25/03/2020

Au Pax, à Sarreguemines, comme dans bien d’autres hôpitaux, l’épidémie de covid-19 jette une lumière crue sur les politiques menées depuis des années en termes de suppressions de lits et de services, d’économies sur le personnel et sur le matériel médical nécessaire. Par exemple, cela fait bien longtemps que le personnel des Urgences réclamait des travaux d’agrandissement et de rénovation des locaux, trop exigus et vétustes pour travailler et accueillir correctement les patients. En 2019, les agents hospitaliers ont fait grève à plusieurs reprises pour réclamer cela, et aussi pour obtenir du matériel neuf en quantité suffisante et l’embauche de personnel. La réponse, systématiquement, était : « il n’y a pas d’argent ».

Avec l’épidémie en cours, il est devenu possible, et heureusement, de faire faire des travaux pour construire une structure provisoire, avec les équipements nécessaires, en à peine 24h devant les Urgences. La preuve que quand ils veulent, ils peuvent ! Mais par contre c’est toujours sans renfort de personnel soignant jusqu’à présent.

À la guerre… sans masques ni gants

En termes de masques, de gants et d’autres protections indispensables, les personnels ASH ou d’entreprises sous-traitantes comme ONET qui font le ménage des bâtiments du Pax ou du CHS n’ont bien souvent pas assez ou pas la totalité du matériel nécessaire.

Quant aux aides à domicile, elles soignent des personnes à risques sans même savoir si elles ne sont pas elles-mêmes porteuses du virus, et bien des patrons ne leur fournissent pour l’heure que deux ou trois masques pour… toute une semaine de travail !

Alors que doivent-elles faire ? Croiser les doigts pour ne pas répandre l’épidémie ?

Chronique d’une catastrophe annoncée

Non seulement ce gouvernement et ses prédécesseurs sont responsables du manque d’infirmières et d’aides-soignants, des pénuries de matériel comme les fameux masques FFP2, mais ils osent rejeter la responsabilité de la situation sur la population qui n’obéirait pas assez vite.

Par contre, ils laissent les entreprises continuer à faire travailler des centaines de salariés dans leurs entrepôts et leurs ateliers de la région, au risque de mettre en danger leur santé et celle de leurs familles, et donc de préparer autant de nouveaux patients pour les personnels soignants du Pax, déjà à rude épreuve.

MTD

La course aux profits, une activité « indispensable » ?

Brève
25/03/2020

Pendant ce temps, bien d’autres patrons font le choix de continuer à faire tourner les entreprises. C’est le cas de MTD, par exemple, dont les sites de logistique à Sarrebruck et Hornbach livrent des pièces de rechange pour outils de jardin. Le patron a même fait venir de nouveaux intérimaires pour les former ces derniers jours… de peur que certains ouvriers embauchés tombent malades alors que la saison des tondeuses à gazon approche !

Bref, il veut profiter de la période pour accumuler du stock et anticiper le redémarrage des commandes. Mais il accumule surtout de quoi faire monter la colère des ouvriers avec cette logique criminelle dont les gouvernements français et allemand sont les complices.

Continental, Smart, Malhe Behr, ZF

Ils auraient bien voulu continuer !

Brève
25/03/2020

Les principaux sous-traitants automobiles de la région ont finalement décidé de fermer leurs usines, bien souvent plusieurs jours voire une semaine après l’annonce des premières mesures de confinement.

Dans un communiqué de ces mêmes constructeurs automobiles, on découvre leurs priorités de patrons : « Continental et Bosch, ont annoncé mercredi qu’ils allaient interrompre totalement ou partiellement leur production en Europe, en réponse 1) à la baisse de la demande, 2) aux difficultés d’approvisionnement et 3) pour protéger leurs salariés face à l’épidémie de coronavirus ».

Une chose est claire : la santé des ouvriers passe en dernier. Pour se protéger et protéger leurs familles, y compris contre les envies qui démangent certains patrons de faire reprendre le travail le plus vite possible, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes et leur capacité à réagir collectivement.

Les irresponsables

Pour continuer à produire des pneus, des voitures, des boîtes de vitesse, ces patrons ont fait prendre des risques inconsidérés à des milliers de travailleurs.

Chez Continental, il s’agissait d’avoir cuit et finalisé le plus grand nombre de rohlings et de faire le maximum de stocks en prévision de la reprise. En attendant, il y aurait désormais 23 cas de Covid-19 suspectés et la direction de Continental reconnaît désormais que tous ont travaillé au sein d’ateliers fréquentés par plus de 450 ouvriers, jusqu’à vendredi dernier.

Et c’est le même constat chez les sous-traitants de Continental, comme à Crealog dont des ouvriers ont aussi été contaminés.

Cornimont (Vosges)

La responsabilité écrasante des gouvernements

Brève
25/03/2020

Depuis le début de l’épidémie de Covid 19, l’Ehpad de Cornimont a connu 21 décès. Dus pour l’essentiel à l’épidémie.

A Cornimont, comme dans les autres ehpad, comme dans tous les établissements de soin, les soignants se plaignent de manquer de tout : de masques, de gel, etc.

Et quand ils se plaignent, ils ont droit à la même réponse : cela va venir. Et ceux qui leur font cette réponse sont les mêmes qui pendant des années ont supprimé des lits et des postes.