La Voix du Nord :  Nos têtes de liste aux régionales : aux sources de leur engagement

Article de presse
03/12/2015

Éric Pecqueur

Aussi loin que portent ses souvenirs, Éric Pecqueur a toujours été communiste. Marqué au fer de la lutte des classes, par deux grands-pères mineurs et un père qui travaillait dans le bâtiment. Comme eux, il est devenu cégétiste. Tout petit, en famille, il regardait Brejnev discourant à la télé : « Ma grand-mère polonaise, qui parlait le russe, faisait la traduction avant Léon Zitrone. »

Il avait 15 ans en 1981 et, comme tant d’autres, il a vécu comme une trahison les promesses non tenues de François Mitterrand. « Cette déception, je l’ai vécue à travers ma famille. » Il impute à Georges Marchais et au PCF « une lourde responsabilité ». Et découvre « les vraies idées communistes » à Lutte ouvrière où il adhère dès le lycée. « J’ai commencé à lire des ouvrages de Karl Marx, de Lénine, de Trotsky. J’ai obtenu des réponses à mes questions. »

L’apaisement, jamais. En révolte perpétuelle contre « la barbarie du capitalisme », il se convainc que « les luttes reviendront » au sein du monde ouvrier. « J’ai conscience de défendre des idées à contre-courant. La société faite d’injustices dans laquelle on vit, c’est pour moi un moteur, j’y puise mon énergie. »

Sous la bannière LO, il est reparti à l’assaut de la Région. Tête de liste, comme il l’avait été en 2010 ou aux européennes de 2009 et 2014. Pas du genre à se mettre en avant, mais pas du genre non plus à fuir ses responsabilités. Il fait comme ces ouvriers qui, dans les grandes grèves du siècle dernier, « ne mettaient pas de frontière entre leur vie personnelle et militante ». Militant un jour, militant toujours.

Sébastien Chédozeau