Vautours

Les vautours de la finance à l’œuvre

Brève
28/07/2019

Depuis quelques temps, un "bureau de conseil en investissement" situé dans le centre-ville de Maubeuge, propose d’investir dans l'immobilier à Détroit, aux USA.

Sur une dizaine d'affichettes, il est expliqué que la crise immobilière américaine puis économique mondiale de 2008 ayant poussé à la rue des milliers de familles, il y a de bonnes affaires à réaliser!

Il n'est pas question ici de s’expatrier pour aller vivre en Amérique. L'objectif est de devenir propriétaire à distance afin de "s'affranchir d'un certain nombre de charges fiscales" et "d'optimiser au maximum sa rentabilité" comme l'affiche ouvertement une des plaquette.

A Détroit, ancienne capitale de l'industrie automobile américaine, en faillite et ravagée par le chômage, des familles campent toujours à quelques mètres de leur ancienne maison, saisie par les banques et dont l’accès est condamné. A Maubeuge aussi, le taux de chômage dépasse les 30% et la ville se dépeuple.

Proposer à quelques-uns de faire leur beurre sur les catastrophes sociales que produit son économie folle, voilà qui résume bien les ambitions du système capitaliste.

Roubaix

Quelques grandes fortunes dans une des villes les plus pauvres du pays

Brève
10/07/2019

Le magazine Challenges a publié son classement des fortunes du pays. La bourgeoisie, originaire de Roubaix et des proches environs y tient une bonne place. Sans surprise, ce sont très souvent des héritiers des anciens patrons du textile. Ces familles n'ont pas subi la crise du textile, elles en sont d'ailleurs en partie responsables.

Après avoir volé et engrangé le fruit du travail de plusieurs générations d'enfants, de femmes et d'hommes, ces patrons ont fermé les usines. Ils ont placé cet argent dans le commerce ou d'autres domaines, laissant le chômage derrière elles.

On retrouve quelques familles aux croisements multiples : Mulliez, Dewavrin, Despatures, Pollet et Verspieren… Sans oublier Arnault, d'une autre branche de la bourgeoisie roubaisienne mais qui s'est aussi enrichi sur les travailleurs du textile.

La richesse de quelques-uns à un bout, la pauvreté de beaucoup à l’autre, l'un ne va pas sans l'autre.

Calais

La venue du patron de la SNCF ne passe pas inaperçue

Brève
09/07/2019

Ce matin, mardi 9 juillet, à la gare de Fréthun, une trentaine de militants, surtout des cheminots CGT de Calais, mais aussi de Boulogne, et de Sud Rail, des militants CGT de l’hôpital ou des retraités, ont fait un comité d’accueil à Pépy, le dirigeant de la SNCF, qui arrivait par train pour une entrevue avec la maire de Calais.

Suite à la réforme de la SNCF imposée par le gouvernement -suppressions massives de postes, en particulier aux guichets, alourdissement de la charge de travail, manquements à la sécurité et au service rendu aux usagers-, la direction mène la guerre aux cheminots. Et elle veut leur faire payer leur résistance.

Alors, les militants ne voulaient pas que la venue de ce zélé commis de l’État et grand patron passe en catimini, au moment même où les dysfonctionnements de la SNCF font la une des médias. Interpellé sur la passerelle au-dessus des lignes de chemin de fer par le délégué CGT, Pépy a dû s’arrêter pour l’entendre dénoncer les conditions de travail dégradées des cheminots qui « viennent travailler la boule au ventre ». Bien sûr qu’il remercie, serre les mains et qu’il s’en moque, mais ça fait du bien de le dire, et que ça se sache. Question aussi de dignité.

New Look Calais

Les salariés licenciés déterminés à faire payer la direction

Brève
27/06/2019

La liquidation judiciaire des magasins New Look en France a été prononcée mercredi 26 juin et les 400 employés dont 350 en CDI se retrouvent sans emploi. Le groupe britannique de prêt-à-porter, après avoir installé des magasins dans le monde entier, a fait le choix de fermer ses boutiques en France – dont celle de Calais qui emploie 13 salariés – après l’avoir fait en Chine, Pologne et Belgique.

Depuis vendredi 21 juin à la cité Europe de Calais, des employés occupent le magasin jour et nuit, révoltés par une direction qui va les licencier en juillet avec un « accompagnement misérable », alors qu’elle vient d’empocher un million d’euros au titre du CICE, et que pendant des années c’est sur leur travail qu’elle a fait du profit.

Ulcérés d’être traités sans respect, les employés de Calais ont cherché et trouvé, par voie de tracts et de pétitions, la solidarité de la clientèle et des employés de la galerie. Ils ont créé des liens avec les autres boutiques du pays également occupées. Ils veulent obtenir des indemnités financières qui ne soient pas ridicules comme celles proposées (2 000 € pour 10 ans d’ancienneté). New Look, soutenu par un fonds d’investissement Sud-africain, est un groupe richissime et il doit payer. Leur colère, comme leur mobilisation, est salutaire.

Durisotti (Sallaumines)

La lutte paie

Brève
24/06/2019

Mercredi 19 juin, 80 % des salariés mais presque 100 % des ouvriers du carrossier industriel Durisotti se sont mis en grève reconductible. La production était totalement à l'arrêt.

Liberty House (et sa maison-mère, GFG Alliance, qui ont racheté Durisotti cet hiver pour une bouchée de pain, sans même payer les arriérés de dettes aux fournisseurs) proposait 0 € d’augmentation et voulait imposer la modulation des horaires.

Les salariés ont fait grève pour une augmentation de 50 € pour tous ; au bout de 4 jours de grève, le patron a cédé 40 € net d’augmentation uniforme de salaire, un plus de 13 € sur les tickets-resto et paie les jours de grève. C’est une victoire pour les travailleurs, ils ont voté la reprise.

La grève, c’est l’arme des travailleurs.