Amazon

Ils s’en lavent les mains

Brève
05/04/2020

À l’hôpital Armand Trousseau, à Paris, les équipes ont reçu un « cadeau » de la part de l’entreprise Amazon. Un colis avec à l’intérieur… 3 savons de Marseille liquides alors que l’hôpital compte plus de mille personnes.

Cette entreprise continue à faire travailler les salariés sans protections, les uns sur les autres, pour continuer à faire du profit. Cette semaine, l’inspection du travail a mis en demeure l’entreprise sur trois sites en France, parce qu’elle ne respecte pas les distances de sécurité pour les salariés et ne désinfecte pas le matériel. Aux États-Unis, c’est un salarié qui avait fait grève et dénoncé les risques sanitaires dans les entreprises qui a été licencié.

Et elle cherche à se faire de la publicité en envoyant 3 pauvres savons aux hôpitaux ?

Des élèves infirmiers réquisitionnés payés au lance-pierre

Brève
01/04/2020

De nombreux étudiants infirmiers réquisitionnés dans les hôpitaux pour lutter contre l’épidémie sont considérés comme stagiaires. Ils sont donc payés au même tarif que lorsqu’ils sont en stage pendant leurs études… soit entre environ 30 et 50 € par semaine de 35 heures ! Pour les étudiants de première année, cela revient parfois à moins d’1€/heure.

En Île-de-France, dans la région Grand-Est et dans les Hauts-de-France, des revalorisations allant de 1000 à 1400 euros mensuels ont été annoncées ces derniers jours. On voit bien la manœuvre : alors que les dirigeants politiques sont partout critiqués pour leur gestion désastreuse de la crise sanitaire, cela permet à certains comme Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, de tenter de se donner une bonne image à peu de frais.

De toute façon, c’est bien la moindre des choses, surtout quand on compare avec les milliards qui ont été versés en cadeau aux patrons et aux plus riches… bien à l’abri dans leurs villas et leurs îles privées !

Et pour tous les autres qui sont réquisitionnés pour faire face à l’épidémie, parfois directement dans les services qui prennent en charge les patients atteints du covid-19, rien n’a été annoncé.

Cette indemnisation au lance-pierre est déjà révoltante en temps normal, car les élèves infirmiers et aides-soignants participent à faire fonctionner les hôpitaux.

Mais avec la crise sanitaire, c’est bien significatif du mépris du gouvernement pour ceux qui sont envoyés en première ligne dans la guerre contre le virus !

L’« école à la maison » ? Pas la même pour tout le monde

Brève
01/04/2020

Le discours de Blanquer est bien hypocrite : le ministre de l'éducation nationale a prétendu qu'aucun enfant ne serait laissé de côté lors du confinement et de la fermeture des établissements scolaires. Dans les faits, il n'en est rien. Dans les quartiers populaires, c’est une catastrophe.

L’annonce de fermeture des établissements scolaires au dernier moment n’a pas permis aux enseignants de s’organiser : de créer des adresses mail avec les élèves, de leur laisser des livres, des consignes, mais également de prendre les contacts et de garder un lien direct avec les familles.

Le fait de fermer les écoles, collèges et lycées sans que chacun puisse s'organiser a donc été perçu comme un coup de massue, par les enseignants, les familles, les élèves.

Tout cela fait ressortir plus violement encore toutes les inégalités de la société.

Déjà que dans les quartiers ouvriers le confinement est bien souvent un enfer : des logements trop petits, pas de jardin pour s’aérer et dès qu’on met un pied dehors on risque les propos insultants de la part de certains policiers qui font du zèle.

Alors lorsque le gouvernement parle de « classe à la maison » et d’« égalité pour tous les élèves », c’est un mensonge. Car la situation n’est évidemment pas la même pour les élèves de villes ouvrières et pour les enfants de riches. Les élèves des quartiers populaires ne possèdent pas leur propre ordinateur, leur propre bureau, une chambre à eux ; bien souvent il y a qu’un ordinateur par foyer, dans la pièce commune et les cartouches d’encre et le papier coûtent cher.

Déjà en temps normal le gouvernement ne donne que très peu de moyen pour l’éducation dans les villes ouvrières. Avec le confinement ce gouvernement au service des riches ne montre que du mépris pour les travailleurs et leurs enfants. Cette situation est révoltante, le gouvernement devra rendre des comptes.

Pompiers du Nord

Pas de tests pour les malades

Brève
01/04/2020

Dans le Nord, les casernes de pompiers tournent au ralenti avec le confinement. Des pompiers sont mis « en réserve » car les directions des casernes cherchent à anticiper de potentiels cas de coronavirus chez les pompiers.

Si les pompiers disposent pour eux-mêmes du matériel adapté pour se rendre chez les gens suspectés de coronavirus, ils ne disposent pas de tests pour confirmer ou pas la contamination. Les personnes prises en charge sont soit hospitalisées, s’il y a un risque grave, puis testées à l’hôpital, soit elles restent confinées chez elles sans être testées.

Il faudrait pourtant, pour endiguer l’épidémie, recenser tous les cas avérés et les confiner non pas chez eux, dans l’angoisse de contaminer leurs proches, mais dans des bâtiments inutilisés comme les hôtels ou les logements vides, où ils seraient pris en charge. L’incapacité de l’Etat à anticiper cette situation et l’absence de tests de dépistage sont une aberration et cela ne peut qu’accélérer la propagation du virus.

Lille

La situation des exilés fortement aggravée par le confinement

Brève
29/03/2020

Les personnes exilées survivaient habituellement soit grâce à des petits boulots, soit grâce à l’aide d’associations caritatives. Avec le confinement, leur situation s’est fortement aggravée car leurs maigres sources de revenus se sont souvent taries.

Dans nombre de foyers d’accueil, ces exilés ne reçoivent qu’un repas par jour, souvent de mauvaise qualité par manque de moyens. Ils ne peuvent même plus se ravitailler à l’extérieur comme ils le faisaient auparavant pour compléter leur alimentation. D’abord parce qu’ils n’en ont plus les moyens financiers et aussi parfois parce qu’il ne leur est pas fourni d’attestation dérogatoire de déplacement.

Les associations qui aident toute l’année les personnes précarisées ont aussi de grosses difficultés : leur personnel est épuisé et les bénévoles, souvent âgés, doivent se protéger du virus.

Quant aux initiatives individuelles, elles peuvent se heurter au fait qu’aucune des cases de l’attestation n’autorise une sortie de chez soi pour venir en aide dans le cadre d’une association. L’assistance à personne vulnérable peut être restreinte au cadre familial, selon le gendarme ou le policier qui contrôle les déplacements.

Les injustices profondes de la société capitaliste, déjà criantes, sont encore plus aiguës en cette période de confinement imposé par le gouvernement.