ArcelorMittal Dunkerque :  un patron irresponsable qui veut continuer de faire des profits malgré la crise sanitaire

Echo d'entreprise
22/03/2020

A l’usine ArcelorMittal de Dunkerque, qui compte environ 4400 travailleurs avec les entreprises sous-traitantes sur le site, la direction a cherché jusqu’au bout à maintenir un niveau de production habituel, utilisant l’argument qu’il n’était pas possible d’arrêter les installations. Mais, s’il est vrai qu’il est très compliqué d’arrêter complètement la production, il est par contre possible de la ralentir considérablement. La direction a donc fait le choix de mettre les travailleurs en danger. Jusqu’à ce que le mécontentement dans l’usine lui impose de réduire la cadence.

Depuis plusieurs semaines la direction du groupe a beaucoup communiqué à l’intérieur de l’usine sur les consignes de sécurité à propos du virus : mails, affiches de prévention ; jusqu’à faire signer à chaque travailleur un engagement à respecter les mesures barrières. Mais il s’est vite avéré que ce n’était que de l’affichage car dans le travail au quotidien, sur les postes de travail, rien n’avait été mis en place.

Lors des réunions d’équipe, il était par exemple demandé de s’espacer sur une chaise sur deux, sauf que la journée de travail continuait de se faire à plusieurs dans des espaces parfois très confinés ; il était demandé de se relayer pour le casse-croute, sauf que les salles de pause n’étaient pas désinfectées ; il fallait désinfecter son poste de travail, sauf que c’était la pénurie de lingettes, certains travailleurs devaient en apporter eux-mêmes au boulot. Tout était comme ça dans l’usine, rien n’était réellement prévu pour faire face au virus.

En début de semaine dernière, alors que dans tout le pays le personnel de santé tirait la sonnette d’alarme pour un confinement rigoureux, ArcelorMittal conservait le droit de maintenir son activité au sein d’un site où sont présents continuellement plusieurs centaines de travailleurs. C’était jouer avec la peau des travailleurs pour continuer de produire de l’acier.

Cela a créé un climat de défiance des travailleurs, certains ne voulaient plus venir travailler, refusant de mettre leur santé et celle de leur famille en danger ; dans certains secteurs de l’usine, il y a eu des droits de retrait collectifs. Ce qui n’était pas possible en début de semaine est alors devenu possible à partir du jeudi 19 mars, la direction a annoncé la baisse progressive de la production.

Maintenant l’usine fonctionne avec un nombre beaucoup plus réduit de travailleurs, un peu partout les équipes sont divisées par deux. Deux hauts-fourneaux sur trois sont en train d’être mis à l’arrêt. La direction s’est enfin engagée à donner des moyens supplémentaires pour mettre en place des mesures d’hygiène en plus.

Avec un tel comportement, aussi irresponsable que criminel, la direction de l’entreprise a mis en péril la vie de travailleur et par ricochet, la santé publique.

Aujourd’hui la défiance est toujours là chez les travailleurs. La direction va-t-elle tenir ses engagements pour qu’il y ait de véritables moyens pour de réelles mesures d’hygiène ? La direction cherche à réaliser rapidement la maintenance des hauts-fourneaux, pour les faire repartir au plus vite ? Et puis il y a les intérimaires en fin de mission dans les entreprises sous-traitantes, vont-ils être payés ?

Au vu de son comportement depuis le début de la crise sanitaire, aucune raison d’avoir confiance dans la direction de l’usine.