Centre de tri postal – Lille :  les postiers veulent faire respecter leur sécurité face à l’épidémie

Echo d'entreprise
05/04/2020

A la PIC de Lesquin (centre de tri du courrier et colis de la Poste), mardi 17 mars, deux postiers qui présentent des symptômes du Covid-19 sont évacués en ambulance.

Informés, leurs collègues de l’après-midi veulent rentrer chez eux parce que les conditions sanitaires ne sont pas assurées par la direction. Malgré les pressions de la hiérarchie, une dizaine de postiers décide de se mettre en droit de retrait. Certains délégués relayent l’inquiétude des salariés et le directeur finit par céder un droit de retrait de 14 jours pour ceux qui le souhaitent. Mais il laisse planer un doute sur le paiement : les droits de retrait seront requalifiés par la suite en « absences à régulariser».

Malgré tout, le petit groupe de postiers, rejoints par d'autres collègues en colère, convainc la majorité des salariés de l’après-midi de se mettre en droit de retrait. Le lendemain, informés, les services de nuit et du matin font également valoir leur droit de retrait. Au total, une bonne centaine de postiers de la PIC sont en droit de retrait.

Mais la direction veut reprendre la main. Le travail continue durant toute la semaine avec quelques volontaires et beaucoup de collègues en CDD et des intérimaires. Après avoir fermé l'établissement trois jours, la direction fait venir l’inspection du travail pour faire valider ses prétendues mesures de protection sanitaire.

Elle appelle ensuite chez eux tous les collègues qui avaient fait valoir leur droit de retrait pour leur dire que maintenant que les normes de sécurité sont assurées, le droit de retrait n’est plus valable. Mais dans la réalité, les postiers sont plusieurs centaines dans les mêmes locaux, à manipuler du matériel à la chaîne, à effectuer des collectes de courrier à l'extérieur avec des véhicules partagés, en pleine épidémie.

Si bon nombre de postiers reviennent au boulot la boule au ventre, les plus combatifs restent déterminés à s'organiser sur le lieu de travail pour faire respecter des conditions sanitaires correctes. Le combat ne fait que commencer.

Arques (Pas-de-Calais) :  ARCnaques au chômage partiel et mise en danger des travailleurs

Echo d'entreprise
04/04/2020

À la Verrerie d’Arc dans le Pas-de-Calais, la production a fortement diminué. La direction se targue d’avoir mis une grande partie des travailleurs en chômage partiel pour leur sécurité. Mais la réalité, c’est qu’elle a d’abord pensé à la santé de ses finances.

Actuellement, cela arrange bien les patrons de ne pas avoir à produire de la vaisselle qui leur resterait sur les bras. D’ailleurs les actionnaires de ce groupe ont déjà fait leurs comptes et estiment à 20 millions d’euros la somme qu’ils vont économiser sur les salaires, en maintenant chez eux toute une partie des travailleurs, payée par l’État.

De plus, la direction a fait savoir que tous ceux en arrêt pendant cette période, que ce soit pour garder un enfant de moins de 16 ans, pour arrêt maladie pour confinement, pour arrêt de travail pour situation à risque, pour arrêt de travail pour raison médicale classique ou même pour absence pour maternité, ne seraient indemnisés qu’à 70 % du salaire brut (sans compter les primes qui risquent elles aussi d’être supprimées).

Si la production a baissé, toute une partie de l’usine tourne toujours. Pendant que les soignants répètent que la meilleure manière de les aider est que chacun reste chez soi, les patrons de l’usine obligent des centaines de travailleurs à rompre le confinement, à se déplacer de chez eux à l’usine, ce qui représente parfois des dizaines de kilomètres. Et ces risques pris, ils le sont pour produire de la vaisselle et même pas des respirateurs, des masques, du gel ou tout autre produit utile contre l’épidémie.

Les travailleurs ont conscience que si le virus peut se transmettre entre amis, il peut aussi se transmettre entre collègues. Les patrons sont conscients qu’ils font prendre des risques aux travailleurs, mais la santé de leurs finances passe avant tout pour eux !

Le mécontentement qui s’exprime dans des ateliers peut lui aussi devenir contagieux.

CH Tourcoing (Nord) :  Manifestation des personnels soignants à l’hôpital de Tourcoing

Echo d'entreprise
03/04/2020

Jeudi 2 avril, une centaine de travailleurs du CH ont manifesté leur colère, leur ras-le-bol. La colère est partie toute seule, la veille au soir. Les syndicats ont relayé et, malgré les menaces de la direction « je vous rappelle qu’en raison de la pandémie tous les rassemblements sont interdits », le rassemblement a bien eu lieu sous forme d’une chaîne de protestation.

Comme le disaient les manifestants, « on en a marre de travailler sans matériel, sans personnel. On n’a pas de blouse, on n’a pas de masques, on n'a rien. On est des pompiers, mais on ne nous donne rien pour nous protéger ».

La DRH a dû, pendant deux heures, s’expliquer et surtout entendre toute la colère de tous contre la désorganisation qui règne à l’hôpital, aggravant encore l’incurie du gouvernement en matière d’équipement et de personnel qui plombe tout le système hospitalier du pays. Pour ne citer qu’un exemple aberrant, une fois par semaine, tous les soignants doivent venir faire la queue dans un même lieu pour se voir attribuer 10 masques pour la semaine. Ou encore, des personnels volontaires pour venir aider les services débordés sont renvoyés chez eux, car cela ne fait pas partie des planifications prévues par la direction, planification toute théorique qui ne correspond en rien à la réalité du terrain.

Tous ceux qui ont participé, et tous ceux qui n’ont pas pu venir, étaient particulièrement heureux et enthousiastes d’avoir réussi cette manifestation. Comme le résumait l’un d’eux : « ce qu’on a fait, on a eu raison de le faire. Ne pas se laisser faire, protester, ne pas courber la tête, c’est essentiel et c’est vital. Pour soigner nos hôpitaux et cette société malade, c’est le seul traitement disponible ».

Hôpital à Domicile (HAD) de Dunkerque (Nord) :  Les soignants en colère

Echo d'entreprise
31/03/2020

L’Hôpital à Domicile de Dunkerque (HAD) permet à des patients de sortir de l’hôpital et d’être suivi à domicile par des soignants qui se déplacent. Mais depuis la mise en place du Plan blanc, le personnel soignant de l’HAD doit s’occuper d’un nombre toujours plus important de patients, car des malades del’hôpital sont renvoyés chez eux pour libérer des lits.

Face à cette situation la direction a revu à la baisse les consignes de sécurité. Elle répète que des masques FFP2, pourtant les seuls à protéger les soignants, contrairement aux masques chirurgicaux, les soignants n’en ont pas besoin. Cela alors qu’ils sont quotidiennement en contact avec des dizaines de personnes qui sont peut-être malades. Les masques chirurgicaux, pourtant le strict minimum pour ne pas infecter les patients, étaient depuis le début de l’épidémie distribués au compte-goutte : trois par poste de douze heures. Et depuis quelques jours, la direction a donné des masques qu’elle avait en stock, qui ne protègent absolument de rien. A tel point qu’elle a demandé d’en mettre deux, un au-dessus de l’autre ! Du bricolage, qui s’avère dangereux face aux personnes à risques que les soignants prennent en charge.

Même face à une patiente qui présentait des symptômes du Covid-19, les soignants ont dû monter au créneau pour arracher un masque FFP2 à la direction.

Malgré les suspicions de COVID 19 chez certains patients, aucun test n’est effectué. Les tests ne sont réalisés qu’à l’hôpital, et non à domicile. Face à des personnes à risques, c’est pourtant urgent de tester les patients et de les isoler du reste de leur famille pour ne pas créer des foyers de contamination.

Au sein même de l’établissement du HAD de Dunkerque, la situation est dégradée pour le personnel. La consigne est de ne pas rester groupés mais il n’y a pas de solution adaptée pour prendre les repas, il n’y a qu’une salle pour tout le monde. Les chefs n’ont pris les choses au sérieux que pour eux même, ils portent des masques en permanence et ils ne reçoivent que quelques soignants, un par un dans leurs bureaux. Une marque de mépris supplémentaire.

La direction de l’HAD envoie donc le personnel médical avec du matériel incomplet, sans prendre les mesures de base pour endiguer l’épidémie. C’est faire prendre des risques aux soignants et aux malades.

REYDEL SMRC Gondecourt (Nord) :  La direction veut nous faire payer la crise… c’est non !

Echo d'entreprise
30/03/2020

À Reydel-SMRC, sous-traitant automobile, l’entreprise est fermée depuis le 17 mars pour cause de coronavirus, et cela jusqu’au 10 avril, comme la plupart des entreprises automobiles, pour le moment.

Du 13 au 26 mars, SMRC dit recourir au chômage partiel. Mais nous ne toucherions que 80 ou 82% du salaire net, alors que l’indemnisation de l’État est de 84% pour 35 heures de travail. Or à Gondecourt on travaille 39 heures par semaine. SMRC ne veut rien payer pour ces 4 heures que nous faisons en plus ! C’est notre salaire complet qu’il nous faut et même avec les primes. SMRC est un groupe mondial important qui peut payer.

De plus, après, du 30 mars au 10 avril, SMRC aurait l’intention de prendre sur nos congés, dans la droite ligne de la loi d’urgence sanitaire du gouvernement Macron.

Toutes ces attaques sont inacceptables, il va y avoir des comptes à régler.

Aide à domicile  :  C'est marche ou crève !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Je suis aide à domicile, employée d'une association de service à la personne qui compte quelques dizaines de salariées dans le Poitou.

Ici, c'est marche ou crève. On se crève à faire du ménage tous les jours, à gérer les relations avec des personnes âgées parfois difficiles. On est toujours exploitées, rarement entendues et soutenues mais avec la crise sanitaire c'est pire. 0n est complètement oubliées. J'ai entendu un journaliste parler des aides à domicile à la télé, c'est bête, mais ça m'a fait chaud au cœur d'entendre qu'on a été citées.

La politique d'économie des stocks de masques n'a pas épargné cette structure non plus. Or, on est en contact permanent avec les personnes âgées. Quant aux auxiliaires de vie, c’est encore pire parce qu'elles touchent, soignent, lavent les personnes âgées. Après l'annonce du confinement, on a attendu plusieurs jours avant d'avoir des masques. J'ai téléphoné plusieurs fois, je suis allée plusieurs fois dans le bureau de la secrétaire pour en demander et dire qu'on ne pouvait pas travailler sans. Je n'ai jamais eu de réponse précise jusqu'à ce qu'on nous appelle une par une pour une distribution de 5 masques par salariée ! 5 masques en papier ! 5 ! Alors que j'interviens chez beaucoup plus de personnes toutes les semaines !

J'ai pourtant essayé de demander à ce qu'on réfléchisse aux personnes qui ont plus besoin de ménage que d'autres, à faire une sélection pour en protéger un maximum, et nous protéger nous aussi. Mais on m'a répondu « tant que les personnes âgées n'annulent pas vos interventions, vous continuerez à y aller ». On manque déjà de personnel aujourd'hui. On m'a imposé trois remplacements supplémentaires en plus de mes 25h par semaine. Une collègue a demandé le chômage partiel pour pouvoir s'occuper de ses enfants, on le lui a refusé avec le même prétexte que des collègues sont malades. C'est révoltant. C'est le rendement avant tout. Maintenant, ce sont les personnes âgées qui commencent à prendre conscience de la situation, discutent avec nous et annulent les interventions pour le ménage, les jugeant peu importantes au vu du risque.

Déjà, 15 jours avant le coronavirus, des collègues auxiliaires de vie avaient menacé de faire grève pour dénoncer leurs conditions de travail, le manque de reconnaissance de leur métier et leur salaire de misère, à peine 1 000 € par mois.

Aujourd'hui, je n'ai jamais été autant révoltée par cette association, où la direction raisonne finalement, de façon aussi révoltante et irresponsable que n’importe quel patron.

PSA Douvrin (62) :  PSA veut rompre les mesures de confinement

Echo d'entreprise
28/03/2020

Ce vendredi 28 mars PSA a convoqué les syndicats à PSA Douvrin afin d’annoncer une reprise partielle de la production dès lundi 6 avril, rompant le confinement de plusieurs centaines de salariés alors que l’épidémie rentre dans une période de plus grande intensité.

PSA dit que le redémarrage de la production est essentiel à la survie du groupe. La réalité c’est que, comme dans l’usine de PSA Vesoul, sans les ruptures de pièces détachées la production n’aurait peut-être jamais été arrêtée.

En réalité, ce qui compte pour les actionnaires c’est de préparer la reprise afin d’être en mesure de vendre plus de véhicules, plus rapidement que les constructeurs concurrents.

Pour leur guerre économique, ces irresponsables sont prêts à mettre leurs salariés et leur famille ainsi que toute la société en danger. Pour nous protéger tous de leur appétit, on ne pourra compter que sur nous même, notre colère et notre mobilisation générale pour imposer que PSA abandonne ses projets dangereux.

Pour les travailleurs, le capitalisme et le profit sont des dangers graves, le virus et le patronat sont deux ennemis mortels... à combattre.

CH de Roubaix (Nord) :  La publicité des uns et la solidarité des autres

Echo d'entreprise
28/03/2020

Comme dans tous les hôpitaux, l’annonce de Total d’« offrir des pleins d’essence aux personnels hospitaliers » a été entendue. Ce serait, pour tout le pays, 50 millions d’euros en bons. Mais qu’est-ce que c’est sur les 9 ,7 milliards de bénéfices de Total de 2019 ? Une rognure d’ongle.

À Roubaix, la direction du Centre Hospitalier a précisé qu’il ne pourrait y avoir que 400 bons pour les 3 600 travailleurs que compte l’hôpital, tout en disant que cela restait encore... hypothétique.

Au service des Urgences de Roubaix, par contre, il y a depuis plusieurs jours des restaurateurs, comme des petits patrons de snack, qui ont livré des pizzas ou des pilons de poulet. Un boulanger a livré des viennoiseries. Gratuitement et sans publicité.

D’un côté de la charité, érigée en mode publicité, par le premier groupe du CAC 40 et de l’autre une vraie solidarité entre travailleurs, indépendants et soignants !

ID Logistics - Noyelles-Godault (62) :  Les travailleurs s'organisent pour défendre leurs intérêts

Echo d'entreprise
27/03/2020

ID Logistics est un groupe mondial de transport et stockage de marchandises. Son actionnaire majoritaire et PDG, Eric Hemar est classé 202ème parmi les plus grandes fortunes de France, la sienne étant estimée à 465 millions d'euros.

Le groupe possède plusieurs entrepôts en région Haut-de-France dont un à Noyelles-Godault qui stocke et achemine des produits alimentaires pour les enseignes Carrefour. En préparation de commande, il y a 80% d'intérimaires.

Dans cet entrepôt c'est la vigilance, l’organisation des salariés et des militants syndicaux qui a permis la mise en place des règles élémentaires de sécurité. Il a fallu que les salariés discutent entre-eux et exigent que la direction fournisse gants, lingettes désinfectantes et gel hydro-alcoolique. Les travailleurs se montrent responsables et chacun a à cœur de réaliser les gestes de protection. Cette cohésion a permis d'éviter de céder à la panique et la direction doit désormais tenir un point d'information quotidien sur la situation.

Les travailleurs ont conscience qu'ils ne peuvent pas accorder leur confiance à la direction dont la première préoccupation est le volume et les chiffres. D'ailleurs des informations ont été cachées. La direction a refusé de communiquer sur les cas de suspicion COVID 19 afin de ne pas créer la panique disait-elle. Ce sont les militants syndicaux de la CGT qui ont fait jouer les réseaux de la solidarité ouvrière, qui ont échangé avec les différents entrepôts et qui ont permis de révéler qu'il y aurait une quinzaine de cas COVID 19 suspectés dans la région. La préfecture prévoit dans ce cas la mise en quatorzaine du personnel des sites touchés mais elle a refusé d'enjoindre ID logistics à fermer certains de ses entrepôts.

Suite aux annonces de Macron et devant la défiance qui grandit dans les entrepôts, la direction du groupe a annoncé la mise en place d'une prime de 13 euros par jour à compter du 26 mars et seulement pour les embauchés. Cela a suscité l'indignation et certains parmi les intérimaires ont évoqué l'idée de débrayer. Le lendemain, devant le mécontentement grandissant et la menace qu'il se traduise par la grève, la direction est revenue sur sa position. Les intérimaires toucheront la prime et elle sera rétroactive à compter du 16 mars.

Cette situation est riche d'enseignements : les travailleurs ne peuvent compter que sur leur organisation tant pour leur santé que pour la défense de leurs intérêts matériels. Dans cette situation de crise sanitaire, ils sont les seuls à faire preuve de responsabilité, ce sont eux qui devraient diriger les usines.

Les auxiliaires de vie :  Les belles paroles ne protègent ni contre le virus, ni contre les fins de mois difficiles

Echo d'entreprise
27/03/2020

Les auxiliaires de vie et les aides à domiciles sont envoyées au casse-pipe sans protections ou presque. Pourtant leurs interventions pour la prise de repas, la toilette et le ménage sont indispensables pour les milliers personnes dépendantes dans la région et elles constituent le seul lien humain pour les personnes isolées.

Devant le manque de moyens, elles doivent se débrouiller elles-mêmes pour sauver leur peau et celle des patients. Certaines doivent faire le tour des pharmacies pour quémander des masques et acheter du gel hydro-alcoolique. Peu d’informations sont fournies sur le risque de contagion : elles doivent se renseigner elles-mêmes par la télé !

Certaines se trouvent à devoir faire le choix de ne pas aller travailler pour pousser leurs employeurs, par défaut de moyens de protection, à réduire le temps d’intervention au strict nécessaire. D’ailleurs, si c’étaient les employées qui organisaient elles-mêmes le travail, elles sauraient bien évidemment mieux prioriser les interventions, connaissant mieux la situation des personnes dépendantes.

Comme plein d’autres travailleurs, leur salaire est autour du Smic. Ce n’est pas avec les « Merci », qu’elles entendent parfois de la part des responsables et des politiques, qu’elles vont pouvoir mieux finir les fins de mois.

Quant aux heures non travaillées en raison de l’annulation des certaines interventions, il est pour le moment question de les rattraper. Pour rallonger encore, jusqu’à épuisement, leurs futures journées de travail ?

En réalité, il n’y a rien à attendre des discours de Macron qui cherche à cacher la guerre qu’il s’apprête à mener aux travailleurs pour satisfaire l’appétit des capitalistes !