Vesuvius - Feignies (Nord) :  La multinationale menace les emplois

Echo d'entreprise
20/05/2020

L'usine de produits réfractaires où travaillent plus de 200 personnes laisse planer la menace des fins de contrats pour certains intérimaires. L'année dernière déjà, c’était les employés du laboratoire de recherche dont les postes étaient menacés et mis en concurrence avec ceux du site belge de Ghlin.

L'usine de Feignies existe depuis plus d'un siècle et a vu se succéder à sa tête plusieurs générations de profiteurs : Dumont, CEC, Lafarge... Aujourd'hui, c'est la multinationale américaine Vesuvius qui s’enrichit de l'exploitation et pour imposer sa loi, elle entretient une menace permanente sur les emplois.

Il y a moins de 10 ans, à quelques kilomètres de là, c'était l'usine Sambre et Meuse, centenaire elle aussi, dont le patronat organisait la fermeture, dans une région déjà frappée par le chômage...

Quand un système condamne une part grandissante des travailleurs à l'insécurité quotidienne et au chantage à l'emploi, c'est qu'il est l'heure de s'organiser pour le renverser !

Usine Arc, Pas-de-Calais :  Les actionnaires sous perfusion permanente d’argent public

Echo d'entreprise
18/05/2020

Les actionnaires du groupe Arc, forts de la certitude qu’ils ont que l’État est totalement à leur service, viennent d’annoncer dans la presse locale leur intention de continuer à vivre au dépend de la collectivité. Ils veulent en effet continuer à bénéficier du chômage partiel pendant un an. Ils souhaitent également renégocier les termes du prêt de plusieurs dizaines de millions d’euros qu’ils ont obtenu en 2019. Ils escomptent même demander un nouveau prêt après celui de 31 millions annoncé il y a deux semaines par Bruno Lemaire.

Pourtant, Arc « leader mondial des arts de la table » est lié par son actionnaire majoritaire Dick Cashin à l’une des plus grandes banques du monde : J.P. Morgan. Les actionnaires ont largement les capitaux qui leur permettraient de surmonter les pertes liées aux baisses des commandes.

Cela montre le niveau de pourrissement de ce système, qui réclame sans cesse de l’argent public pour, au final, que tout cet argent soit injecté toujours plus dans les banques et la finance.

Alors, s’il est utile de fabriquer des verres et de la vaisselle, il est inutile et même nuisible de continuer à gaver ces grands patrons d’argent public.

Alstom :  Les actionnaires à la manœuvre

Echo d'entreprise
13/05/2020

Le déconfinement à peine commencé, les patrons avancent leurs pions. Sous prétexte de manque à gagner à cause du confinement dû à l'épidémie, la direction du groupe Alstom annonçait la semaine dernière, une réduction importante des coûts. Elle entendait par là un arrêt des investissements et des recrutements et... un gel des salaires. Et ficelle un peu grosse, elle précisait dans la foulée que ce plan serait discuté « site par site ».

Lundi 11 mai, le même groupe, qui possède un site à Petite-Forêt, a présenté ses résultats. Le chiffre d'affaires a atteint 8,2 milliards d'euros l'année dernière. Pour la direction du groupe, c'est « un bilan très solide ». Après une année 2018 plus que mirifique puisque les actionnaires avaient touché 1,2 milliards de dividendes. La crise sanitaire, encore une belle opportunité pour les riches de vouloir faire les poches des travailleurs… s’ils se laissent faire !

Le témoignage d'une AESH :  Un silence du ministre criant de mépris

Echo d'entreprise
08/05/2020

Je suis AESH dans le Pas-de-Calais à Arras depuis 2014, c’est-à-dire que j’accompagne la scolarité des élèves en situation de handicap.

Il y a maintenant plusieurs semaines, le gouvernement a annoncé la réouverture des écoles pour le 11 mai. Et alors que la date de réouverture officielle se rapproche à grands pas, nous n’avons aucune nouvelle des conditions de la reprise pour nous AESH.

C’est une marque de mépris supplémentaire contre celles qui sont déjà embauchées très majoritairement avec des contrats précaires, un temps partiel imposé et dont la rémunération ne dépasse pas les 750 euros par mois pour 24 heures de travail hebdomadaire. Notre travail est pourtant indispensable car il rend possible la scolarisation des enfants en situation de handicap.

Comme notre rôle est d’accompagner au plus près les enfants tout au long de la journée, en leur tenant la main, en leur chuchotant les consignes, en les aidant à manger, en les rassurant, en les prenant dans nos bras, surtout en maternelle, nous nous demandons comment faire pour empêcher la propagation du virus et garantir notre sécurité sanitaire.

Le fait de ne pas avoir d’information sur nos conditions de reprise montre que contrairement à ce que dit le gouvernement, son problème n’est ni de rouvrir les écoles au bénéfice des élèves les plus fragiles, ni de garantir la sécurité de celles et ceux qui devront reprendre le travail. Son problème c’est de faire des écoles la garderie du Medef, au mépris de notre santé.

Une AESH en colère – 4 mai 2020

Verrerie Arc (Arques - 62) :  Sauver l’emploi ? Non, les profits des patrons.

Echo d'entreprise
01/05/2020

Face à la crise économique accélérée par l’épidémie, le ministre Bruno Lemaire a annoncé une aide directe de l’État, de 31 millions d’euros, au groupe Arc. Le ministre de l’économie se cache derrière les milliers d’emplois qui risqueraient de disparaître si cette aide directe n’était pas versée aux actionnaires de ce groupe mondial. Cette nouvelle aide de l’État ne devrait être qu’un début puisque l’agglomération de Saint-Omer (Capso) a annoncé dès le début de la crise qu’elle ferait elle aussi un geste, tout comme la région Hauts-de-France.

Mais pour les travailleurs, pas de quoi être rassurés par cette annonce. L’an dernier, lors du dernier « plan d’aide » de l’État de plusieurs dizaines de millions d’euros, les patrons d’Arc annonçaient en même temps un plan de suppression de 700 postes.

Cela fait des années que les patrons de ce groupe mondial serinent la même vieille rengaine de l’entreprise qui va mal. Mais depuis toutes ces années, l’entreprise est toujours « leader mondial des arts de la table ».

Les propriétaires du groupe Arc continuent de s’enrichir sur l’exploitation des travailleurs qui ne cesse de s’aggraver et grâce à l’argent public qui leur est versé depuis des années. Difficile d’en faire le total, mais en quelques années, c’est plusieurs centaines de millions d’euros que le groupe a perçu grâce aux aides publiques.

Si, aujourd’hui, les hôpitaux manquent cruellement de moyens pour pour faire face efficacement à l’épidémie de covid-19, c’est parce que les grandes entreprises capitalistes, comme Arc, vivent sous perfusion massive d’argent public depuis des dizaines années.

P&O Ferries – Calais :  Le virus ne connaît par les frontières, les attaques des capitalistes non plus

Echo d'entreprise
30/04/2020

Lors de son intervention, au début de la "crise" du coronavirus, Macron a indiqué que les frontières de l'Espace Schengen étaient fermées. Pourtant celles avec le Royaume-Uni, qui n'a jamais fait partie de cet Espace, sont restées et restent ouvertes. Dans un premier temps, le trafic de marchandises et de voyageurs a continué, comme si de rien n'était.
Mais, la situation sanitaire se dégradant, les limites du nombre de passagers à bord des car ferries ont été abaissées à 150 (pour une capacité maximale habituelle de quelques 2 000). Puis, le trafic des voyageurs, sauf exceptions très limitées, a été totalement stoppé.
C'est alors que la direction de P&O Ferries a poussé des cris d'orfraie, retirant de service la moitié de sa flotte entre Calais et Douvres, au motif qu'il ne serait pas rentable de ne transporter que du fret. Elle exige quelques 250 millions de £, dont 150 millions de £ du contribuable britannique, rien de moins. Faute de quoi, elle menace de ne plus assurer le trafic entre l’Angleterre et le continent, ce qui fait peser le risque d’une pénurie de produits vitaux.
Mais elle ne s'arrête pas en si bon chemin et annonce une véritable attaque en règle contre ses salariés anglais sous prétexte de la crise sanitaire : suppression des congés payés en période de forte activité, planification imposée en période basse, remise en cause des salaires, des roulements de travail, engagement à renoncer au droit de grève, suppression de toutes les dispositions relatives à l'ancienneté, en particulier en cas de licenciement, alignement des conditions de travail sur ce qu'il se fait de moins bien au nom de la concurrence et, pour couronner le tout, baisse de 20 % des coûts, au rang desquels elle range, bien évidemment, les salaires et le nombre de salariés.

Toyota- Onnaing (Nord) :  Préparation d’un redémarrage lent

Echo d'entreprise
21/04/2020

La direction de l’usine a beaucoup communiqué sur le « redémarrage de la production chez Toyota ». Mais en réalité, il n’y a pas de production qui puisse sortir des ateliers avant jeudi 23, et encore à minima.

Le mécontentement est massif contre une reprise complète de l’activité. Les chefs qui ont dû appeler tous les ouvriers un par un l’ont mesuré.

C’est sans doute cela qui explique que les mesures proposées par la direction aux syndicats le 20 avril sont moins défavorables que ce que la loi permet. Entre autres : les congés d’été sont maintenus ; la possibilité de s'accaparer 6 jours de congés par salarié est écartée ; les salaires et les primes des jours de chômage partiel pourraient être complétés à 100%, contre une seule journée de congé payé abandonnée. Malgré tout, cela représente bien peu en regard de ce que gagnent les actionnaires de ce groupe. Ils ont largement de quoi payer l’intégralité des salaires, et sans faire appel à l’aide de l’Etat !

Quant aux mesures présentées par la direction, elles ne pourront pas protéger véritablement les travailleurs de la contamination. 4 500 salariés regroupés dans une usine, c'est de fait un risque réel d'une explosion de l'épidémie dans la région. D’ailleurs, ce qui inquiète le plus les travailleurs, au-delà du risque d’être contaminé soi-même, c’est de propager la maladie vers des parents ou des grands-parents.

Pour protéger leur santé et celles de leurs proches, les travailleurs devront imposer leurs propres choix, collectivement.

Associations d’aide à domicile (Denain) :  Pénurie, bêtise et mépris

Echo d'entreprise
16/04/2020

Dans le Denaisis, comme ailleurs, dans les associations d’aide à domicile, une partie des personnes qui travaillent chez les personnes âgées ou malades ne sont pas salariées de l’association, mais sont « mandataires » : c’est l’association qui fait leurs fiches de paie et qui organise leur remplacement si besoin. Mais elles sont payées directement par la personne âgée.

Déjà, pour les salariées de ces associations, dites « prestataires », il est compliqué d’avoir des masques en quantité suffisante : souvent seulement deux masques par jour fourni par l’association, qui doivent être complétés (parce qu’évidemment ce n’est pas assez vu le nombre de personnes chez qui les aides interviennent !) en allant quémander des masques dans les pharmacies… qui sont plus ou moins compréhensives.

Mais pour ces aides à domiciles « mandataires », les associations qui organisent leur travail ont estimé que ce sont leurs « employeurs » qui doivent leur fournir des masques… c’est-à-dire les personnes chez qui elles interviennent ! Comme si ces personnes âgées dépendantes ou ces malades pouvaient tranquillement sortir, et encore plus trouver des masques et des gants à acheter pour leur aide à domicile. On marche sur la tête !

Certes, la pénurie générale de masques n’est pas de la responsabilité de ces associations, mais leurs directions ne sont pas obligées d’en rajouter dans la bêtise et le mépris, au risque de mettre en danger la santé de ces travailleuses et celle des personnes âgées.

CAPSO - 62 :  Crise du Corona : les éboueurs ne gagneront que ce qu’ils imposeront eux-mêmes

Echo d'entreprise
15/04/2020

Le 18 avril 2018… avant la distanciation sociale !

Depuis le début de la crise du corona-virus, les agents de la CAPSO continuent de collecter les déchets. Et si lundi soir, le président Macron a remercié les éboueurs, ces derniers n’oublient pas que, dans l’Audomarois comme dans bien d’autres endroits, ils ont subi ces dernières années des attaques contre leurs conditions de travail.

Avec le retour des beaux jours et l’augmentation des déchets verts alors que les déchetteries sont fermées. Les poubelles sont plus lourdes et cela fait des tournées à rallonge. Certains jours, il faut décharger quatre fois le camion lors d’une seule tournée.

La médecine du travail a limité, à juste titre, le nombre de salariés qui se changent et se lavent en même temps dans les vestiaires. Mais cela a comme conséquence un rallongement supplémentaire de la journée. Et pour l’instant, la direction refuse de payer ce temps supplémentaire.

Si les agents ont des masques et du gel hydroalcoolique, ils sont toujours à trois par cabine dans les camions et ne peuvent donc pas respecter les distances de sécurité !

Les responsables politiques qui les applaudissent aujourd’hui sont les mêmes qui leur suppriment les tickets-restaurant depuis la crise sanitaire. Et si une prime a été annoncée, les travailleurs de la Capso n’en connaissent toujours pas le montant. Et ce, alors qu’un mois déjà s’est passé depuis le début du confinement.

Mais les travailleurs du ramassage des déchets de la CAPSO n’ont pas oublié qu’il n’y a pas si longtemps ils avaient su, par leurs grèves, tenir tête et se faire respecter face aux attaques contre leurs conditions de travail menées par des politiciens locaux et nationaux. Ils sauront, si besoin, réappliquer cette leçon.

GMF Arras (Pas-de-Calais) :  Les salariés des assurances face au Covid-19... et à leurs patrons

Echo d'entreprise
13/04/2020

À Arras, à la plateforme téléphonique de l’assureur GMF, lors de la première semaine du confinement, il a fallu attendre plusieurs jours et la suspicion de deux cas de contamination au Covid-19 parmi les 80 salariés du site, pour que les patrons finissent par généraliser le télé-travail.

Les travailleurs de ce site ont dénoncé dans la presse le risque que les patrons leur ont fait prendre en continuant à les faire venir travailler sur le site.

Et alors que le gouvernement et les médias tournaient en boucle sur le refrain « les Français sont irresponsables, ils ne respectent pas le confinement », les salariés de GMF Arras s’inquiétaient pour leur santé, mais aussi pour celle des autres. Car si la plateforme téléphonique devenait un nouveau foyer du virus les salariés risquaient de le diffuser.

Un exemple de plus de patrons qui assurent leurs profits avant la santé de leurs salariés.