Marcq-en-Baroeul (Nord) :  Carambar, les affaires continuent pour les patrons

Echo d'entreprise
12/04/2020

A Marcq-en-Baroeul, l’usine de Carambar continue de tourner avec 50% des salariés. Certains sont en arrêt pour s’occuper de leur famille, une grande partie du personnel des bureaux est en télétravail, et d’autres sont malades. Comme une grande partie des chefs n’est plus là, l’ambiance est quand même meilleure et ne plus les avoir constamment sur le dos rend le travail moins pesant.

Une partie des salariés préfèrent continuer à travailler malgré le virus pour avoir une paye complète, plutôt que de voir leur salaire diminué de plusieurs centaines d’euro avec le chômage partiel.

Les patrons sont prêts à faire prendre des risques aux salariés pour leurs profits. Parce que ce qui sort de cette usine, ce sont peut-être des friandises mais c’est surtout de l’argent pour les actionnaires.

EDF :  EDF protège ses centrales nucléaires, mais pas les travailleurs

Echo d'entreprise
11/04/2020

L’attitude d’Amazon vis-à-vis de ses salariés a fait scandale. Et la pression des entreprises de l’automobile pour redémarrer la production le plus tôt possible va dans le même sens du mépris vis-à-vis des travailleurs.

Ces entreprises privées cherchent à tout prix à maintenir leurs activités et leurs profits, quitte à mettre la vie de leurs salariés en dangers.

Mais dans le secteur public, EDF ne fait pas mieux dans ses centrales, ni avec les salariés du groupe, ni avec les salariés des entreprises sous-traitantes.

Depuis le début du confinement, EDF annonce laisser une partie des effectifs des centrales à la maison. L’objectif affiché est de maintenir une réserve capable d’assurer le maintien de la production d’électricité, dans le cas où l’épidémie toucherait fortement les travailleurs.

Mais les mesures de sécurités prises pour les effectifs présents sur les sites sont loin d’être suffisantes. Les salariés continuent de travailler en équipe et se croisent. Pour certaines interventions les distances de sécurité ne peuvent pas être respectées et les protections nécessaires ne sont pas fournies : désinfectants et protections individuels insuffisantes.

Le gouvernement déclare maintenant que le port de masque est nécessaire pour éviter le développement de l’épidémie. Sauf que la direction d’EDF est incapable d’en fournir à tous les travailleurs.

Dans tous les grands groupes industriels comme chez EDF, des plans pandémie avaient été élaborés en 2005. Ils avaient été complétés en 2009 lors de l’épidémie de grippe A et en 2013. Des masques avaient été achetés et répartis dans l’entreprise. Mais ces stocks n’existent plus, ils ont été liquidés, pour faire des économies.

Ainsi EDF se moque de faire prendre des risques aux travailleurs puisqu’ils font le calcul cynique d’avoir des effectifs en réserve.

Amazon (Lauwin-Planque) :  A faux-cul, faux-cul et demi…

Echo d'entreprise
07/04/2020

L’émission « envoyé spécial » de France 2 a montré que des salariés d’Amazon avaient fait usage du droit de retrait. Ils étaient plus de 200 aux entrepôts de Lauwin-Planque, près de Douai, à considérer que la direction leur faisait courir un danger de contagion du Covid-19.

Coup sur coup, le ministère du travail et la direction d’Amazon déclaraient que le droit de retrait n’était pas justifié. La direction refusait de payer les salaires et faisait venir des intérimaires pour remplacer les départs.

Le ministère n’y trouvait rien à redire. Mais, sans doute pour ne pas paraître trop complice, il rappelait qu’« Amazon devait veiller à la santé et à la sécurité de son personnel ». La ministre elle-même, Mme Penicaud, en a remis une couche en disant « qu’à Amazon, tout n’était pas fait pour cela ».

Elle s’est bien gardée d’y envoyer la police verbaliser les directeurs, comme elle le fait pour ceux qui sortent un peu trop dans les rues ! C’est une invite à continuer et Amazon fait semblant d’obtempérer… Les briefings ou réunions d’équipes sont supprimées. Des repères ont été créés au sol pour inciter à garder les distances, ne pas tenir la rampe d’escalier n’est plus sanctionné, des masques sont distribués…

Amazon menaçait aussi de sanctionner des travailleurs qui ne respecteraient pas les « gestes barrières ». Toutes les 30 minutes, les hauts parleurs rappellent « qu’il faut les respecter ».

Comme le lundi 6 deux nouveaux travailleurs ont été reconnus atteints du Covid-19, et affirment qu’ils n’ont pu l’être qu’au travail, la direction a fait appel à des « safety angels » littéralement des anges de la sécurité, « volontaires pour l’aider au rappel et au respect des règles de distanciation sociale sur le site ». « Les salariés volontaires bénéficieront d’une prime de mission niveau T3 », une prime proche de celles des managers ! Ce seraient plutôt des « anges » délateurs… de conditions impossibles à respecter vu les cadences !

Et pour cause, les commandes sont supérieures à la période de Noël, puisque Amazon supplée les nombreux magasins fermés. Alors, pas moyen de ne pas se côtoyer, de ne pas se croiser.

Comment faire alors, avec une Ministre qui demande de prendre plus de précautions et une direction qui déclare prendre toujours plus de précautions ? Et menace de sanctions et veut s’appuyer sur la délation !

Comme dans tous les lieux de travail, ce sont les travailleurs qui doivent être juges de ce qu’ils peuvent accepter ou refuser.

Et dans un premier temps, il faut ralentir les cadences. Et pas question non plus de travailler les uns sur les autres. Les profits attendront. La santé d’abord !

 

Toyota (Onnaing) :  Nos vies et leurs profits

Echo d'entreprise
07/04/2020

Depuis plusieurs jours, il y a entre 100 et 150 travailleurs dans l'usine Toyota à Onnaing.

C’est une façon pour Toyota de tester une prochaine reprise de la production, alors que rien n'est joué dans la maîtrise de l'épidémie. Regrouper du monde et faire prendre des risques aux travailleurs et à leurs proches pour produire des voitures tant que le confinement n'est pas levé, c’est irresponsable.

Et en plus, la direction fournit à ceux qui vont à l'usine en ce moment deux masques chirurgicaux par jour, à porter obligatoirement. Toyota peut se procurer des centaines de masques par jour, alors que les soignants en manquent ?

Les masques doivent aller à ceux qui sauvent des vies ! Pas à servir à redémarrer une usine automobile, c’est-à-dire à produire… des profits pour les actionnaires !

Centre de tri postal – Lille :  les postiers veulent faire respecter leur sécurité face à l’épidémie

Echo d'entreprise
05/04/2020

A la PIC de Lesquin (centre de tri du courrier et colis de la Poste), mardi 17 mars, deux postiers qui présentent des symptômes du Covid-19 sont évacués en ambulance.

Informés, leurs collègues de l’après-midi veulent rentrer chez eux parce que les conditions sanitaires ne sont pas assurées par la direction. Malgré les pressions de la hiérarchie, une dizaine de postiers décide de se mettre en droit de retrait. Certains délégués relayent l’inquiétude des salariés et le directeur finit par céder un droit de retrait de 14 jours pour ceux qui le souhaitent. Mais il laisse planer un doute sur le paiement : les droits de retrait seront requalifiés par la suite en « absences à régulariser».

Malgré tout, le petit groupe de postiers, rejoints par d'autres collègues en colère, convainc la majorité des salariés de l’après-midi de se mettre en droit de retrait. Le lendemain, informés, les services de nuit et du matin font également valoir leur droit de retrait. Au total, une bonne centaine de postiers de la PIC sont en droit de retrait.

Mais la direction veut reprendre la main. Le travail continue durant toute la semaine avec quelques volontaires et beaucoup de collègues en CDD et des intérimaires. Après avoir fermé l'établissement trois jours, la direction fait venir l’inspection du travail pour faire valider ses prétendues mesures de protection sanitaire.

Elle appelle ensuite chez eux tous les collègues qui avaient fait valoir leur droit de retrait pour leur dire que maintenant que les normes de sécurité sont assurées, le droit de retrait n’est plus valable. Mais dans la réalité, les postiers sont plusieurs centaines dans les mêmes locaux, à manipuler du matériel à la chaîne, à effectuer des collectes de courrier à l'extérieur avec des véhicules partagés, en pleine épidémie.

Si bon nombre de postiers reviennent au boulot la boule au ventre, les plus combatifs restent déterminés à s'organiser sur le lieu de travail pour faire respecter des conditions sanitaires correctes. Le combat ne fait que commencer.

Arques (Pas-de-Calais) :  ARCnaques au chômage partiel et mise en danger des travailleurs

Echo d'entreprise
04/04/2020

À la Verrerie d’Arc dans le Pas-de-Calais, la production a fortement diminué. La direction se targue d’avoir mis une grande partie des travailleurs en chômage partiel pour leur sécurité. Mais la réalité, c’est qu’elle a d’abord pensé à la santé de ses finances.

Actuellement, cela arrange bien les patrons de ne pas avoir à produire de la vaisselle qui leur resterait sur les bras. D’ailleurs les actionnaires de ce groupe ont déjà fait leurs comptes et estiment à 20 millions d’euros la somme qu’ils vont économiser sur les salaires, en maintenant chez eux toute une partie des travailleurs, payée par l’État.

De plus, la direction a fait savoir que tous ceux en arrêt pendant cette période, que ce soit pour garder un enfant de moins de 16 ans, pour arrêt maladie pour confinement, pour arrêt de travail pour situation à risque, pour arrêt de travail pour raison médicale classique ou même pour absence pour maternité, ne seraient indemnisés qu’à 70 % du salaire brut (sans compter les primes qui risquent elles aussi d’être supprimées).

Si la production a baissé, toute une partie de l’usine tourne toujours. Pendant que les soignants répètent que la meilleure manière de les aider est que chacun reste chez soi, les patrons de l’usine obligent des centaines de travailleurs à rompre le confinement, à se déplacer de chez eux à l’usine, ce qui représente parfois des dizaines de kilomètres. Et ces risques pris, ils le sont pour produire de la vaisselle et même pas des respirateurs, des masques, du gel ou tout autre produit utile contre l’épidémie.

Les travailleurs ont conscience que si le virus peut se transmettre entre amis, il peut aussi se transmettre entre collègues. Les patrons sont conscients qu’ils font prendre des risques aux travailleurs, mais la santé de leurs finances passe avant tout pour eux !

Le mécontentement qui s’exprime dans des ateliers peut lui aussi devenir contagieux.

CH Tourcoing (Nord) :  Manifestation des personnels soignants à l’hôpital de Tourcoing

Echo d'entreprise
03/04/2020

Jeudi 2 avril, une centaine de travailleurs du CH ont manifesté leur colère, leur ras-le-bol. La colère est partie toute seule, la veille au soir. Les syndicats ont relayé et, malgré les menaces de la direction « je vous rappelle qu’en raison de la pandémie tous les rassemblements sont interdits », le rassemblement a bien eu lieu sous forme d’une chaîne de protestation.

Comme le disaient les manifestants, « on en a marre de travailler sans matériel, sans personnel. On n’a pas de blouse, on n’a pas de masques, on n'a rien. On est des pompiers, mais on ne nous donne rien pour nous protéger ».

La DRH a dû, pendant deux heures, s’expliquer et surtout entendre toute la colère de tous contre la désorganisation qui règne à l’hôpital, aggravant encore l’incurie du gouvernement en matière d’équipement et de personnel qui plombe tout le système hospitalier du pays. Pour ne citer qu’un exemple aberrant, une fois par semaine, tous les soignants doivent venir faire la queue dans un même lieu pour se voir attribuer 10 masques pour la semaine. Ou encore, des personnels volontaires pour venir aider les services débordés sont renvoyés chez eux, car cela ne fait pas partie des planifications prévues par la direction, planification toute théorique qui ne correspond en rien à la réalité du terrain.

Tous ceux qui ont participé, et tous ceux qui n’ont pas pu venir, étaient particulièrement heureux et enthousiastes d’avoir réussi cette manifestation. Comme le résumait l’un d’eux : « ce qu’on a fait, on a eu raison de le faire. Ne pas se laisser faire, protester, ne pas courber la tête, c’est essentiel et c’est vital. Pour soigner nos hôpitaux et cette société malade, c’est le seul traitement disponible ».

Hôpital à Domicile (HAD) de Dunkerque (Nord) :  Les soignants en colère

Echo d'entreprise
31/03/2020

L’Hôpital à Domicile de Dunkerque (HAD) permet à des patients de sortir de l’hôpital et d’être suivi à domicile par des soignants qui se déplacent. Mais depuis la mise en place du Plan blanc, le personnel soignant de l’HAD doit s’occuper d’un nombre toujours plus important de patients, car des malades del’hôpital sont renvoyés chez eux pour libérer des lits.

Face à cette situation la direction a revu à la baisse les consignes de sécurité. Elle répète que des masques FFP2, pourtant les seuls à protéger les soignants, contrairement aux masques chirurgicaux, les soignants n’en ont pas besoin. Cela alors qu’ils sont quotidiennement en contact avec des dizaines de personnes qui sont peut-être malades. Les masques chirurgicaux, pourtant le strict minimum pour ne pas infecter les patients, étaient depuis le début de l’épidémie distribués au compte-goutte : trois par poste de douze heures. Et depuis quelques jours, la direction a donné des masques qu’elle avait en stock, qui ne protègent absolument de rien. A tel point qu’elle a demandé d’en mettre deux, un au-dessus de l’autre ! Du bricolage, qui s’avère dangereux face aux personnes à risques que les soignants prennent en charge.

Même face à une patiente qui présentait des symptômes du Covid-19, les soignants ont dû monter au créneau pour arracher un masque FFP2 à la direction.

Malgré les suspicions de COVID 19 chez certains patients, aucun test n’est effectué. Les tests ne sont réalisés qu’à l’hôpital, et non à domicile. Face à des personnes à risques, c’est pourtant urgent de tester les patients et de les isoler du reste de leur famille pour ne pas créer des foyers de contamination.

Au sein même de l’établissement du HAD de Dunkerque, la situation est dégradée pour le personnel. La consigne est de ne pas rester groupés mais il n’y a pas de solution adaptée pour prendre les repas, il n’y a qu’une salle pour tout le monde. Les chefs n’ont pris les choses au sérieux que pour eux même, ils portent des masques en permanence et ils ne reçoivent que quelques soignants, un par un dans leurs bureaux. Une marque de mépris supplémentaire.

La direction de l’HAD envoie donc le personnel médical avec du matériel incomplet, sans prendre les mesures de base pour endiguer l’épidémie. C’est faire prendre des risques aux soignants et aux malades.

REYDEL SMRC Gondecourt (Nord) :  La direction veut nous faire payer la crise… c’est non !

Echo d'entreprise
30/03/2020

À Reydel-SMRC, sous-traitant automobile, l’entreprise est fermée depuis le 17 mars pour cause de coronavirus, et cela jusqu’au 10 avril, comme la plupart des entreprises automobiles, pour le moment.

Du 13 au 26 mars, SMRC dit recourir au chômage partiel. Mais nous ne toucherions que 80 ou 82% du salaire net, alors que l’indemnisation de l’État est de 84% pour 35 heures de travail. Or à Gondecourt on travaille 39 heures par semaine. SMRC ne veut rien payer pour ces 4 heures que nous faisons en plus ! C’est notre salaire complet qu’il nous faut et même avec les primes. SMRC est un groupe mondial important qui peut payer.

De plus, après, du 30 mars au 10 avril, SMRC aurait l’intention de prendre sur nos congés, dans la droite ligne de la loi d’urgence sanitaire du gouvernement Macron.

Toutes ces attaques sont inacceptables, il va y avoir des comptes à régler.

Aide à domicile  :  C'est marche ou crève !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Je suis aide à domicile, employée d'une association de service à la personne qui compte quelques dizaines de salariées dans le Poitou.

Ici, c'est marche ou crève. On se crève à faire du ménage tous les jours, à gérer les relations avec des personnes âgées parfois difficiles. On est toujours exploitées, rarement entendues et soutenues mais avec la crise sanitaire c'est pire. 0n est complètement oubliées. J'ai entendu un journaliste parler des aides à domicile à la télé, c'est bête, mais ça m'a fait chaud au cœur d'entendre qu'on a été citées.

La politique d'économie des stocks de masques n'a pas épargné cette structure non plus. Or, on est en contact permanent avec les personnes âgées. Quant aux auxiliaires de vie, c’est encore pire parce qu'elles touchent, soignent, lavent les personnes âgées. Après l'annonce du confinement, on a attendu plusieurs jours avant d'avoir des masques. J'ai téléphoné plusieurs fois, je suis allée plusieurs fois dans le bureau de la secrétaire pour en demander et dire qu'on ne pouvait pas travailler sans. Je n'ai jamais eu de réponse précise jusqu'à ce qu'on nous appelle une par une pour une distribution de 5 masques par salariée ! 5 masques en papier ! 5 ! Alors que j'interviens chez beaucoup plus de personnes toutes les semaines !

J'ai pourtant essayé de demander à ce qu'on réfléchisse aux personnes qui ont plus besoin de ménage que d'autres, à faire une sélection pour en protéger un maximum, et nous protéger nous aussi. Mais on m'a répondu « tant que les personnes âgées n'annulent pas vos interventions, vous continuerez à y aller ». On manque déjà de personnel aujourd'hui. On m'a imposé trois remplacements supplémentaires en plus de mes 25h par semaine. Une collègue a demandé le chômage partiel pour pouvoir s'occuper de ses enfants, on le lui a refusé avec le même prétexte que des collègues sont malades. C'est révoltant. C'est le rendement avant tout. Maintenant, ce sont les personnes âgées qui commencent à prendre conscience de la situation, discutent avec nous et annulent les interventions pour le ménage, les jugeant peu importantes au vu du risque.

Déjà, 15 jours avant le coronavirus, des collègues auxiliaires de vie avaient menacé de faire grève pour dénoncer leurs conditions de travail, le manque de reconnaissance de leur métier et leur salaire de misère, à peine 1 000 € par mois.

Aujourd'hui, je n'ai jamais été autant révoltée par cette association, où la direction raisonne finalement, de façon aussi révoltante et irresponsable que n’importe quel patron.