P&O Ferries – Calais :  Le virus ne connaît par les frontières, les attaques des capitalistes non plus

Echo d'entreprise
30/04/2020

Lors de son intervention, au début de la "crise" du coronavirus, Macron a indiqué que les frontières de l'Espace Schengen étaient fermées. Pourtant celles avec le Royaume-Uni, qui n'a jamais fait partie de cet Espace, sont restées et restent ouvertes. Dans un premier temps, le trafic de marchandises et de voyageurs a continué, comme si de rien n'était.
Mais, la situation sanitaire se dégradant, les limites du nombre de passagers à bord des car ferries ont été abaissées à 150 (pour une capacité maximale habituelle de quelques 2 000). Puis, le trafic des voyageurs, sauf exceptions très limitées, a été totalement stoppé.
C'est alors que la direction de P&O Ferries a poussé des cris d'orfraie, retirant de service la moitié de sa flotte entre Calais et Douvres, au motif qu'il ne serait pas rentable de ne transporter que du fret. Elle exige quelques 250 millions de £, dont 150 millions de £ du contribuable britannique, rien de moins. Faute de quoi, elle menace de ne plus assurer le trafic entre l’Angleterre et le continent, ce qui fait peser le risque d’une pénurie de produits vitaux.
Mais elle ne s'arrête pas en si bon chemin et annonce une véritable attaque en règle contre ses salariés anglais sous prétexte de la crise sanitaire : suppression des congés payés en période de forte activité, planification imposée en période basse, remise en cause des salaires, des roulements de travail, engagement à renoncer au droit de grève, suppression de toutes les dispositions relatives à l'ancienneté, en particulier en cas de licenciement, alignement des conditions de travail sur ce qu'il se fait de moins bien au nom de la concurrence et, pour couronner le tout, baisse de 20 % des coûts, au rang desquels elle range, bien évidemment, les salaires et le nombre de salariés.

Toyota- Onnaing (Nord) :  Préparation d’un redémarrage lent

Echo d'entreprise
21/04/2020

La direction de l’usine a beaucoup communiqué sur le « redémarrage de la production chez Toyota ». Mais en réalité, il n’y a pas de production qui puisse sortir des ateliers avant jeudi 23, et encore à minima.

Le mécontentement est massif contre une reprise complète de l’activité. Les chefs qui ont dû appeler tous les ouvriers un par un l’ont mesuré.

C’est sans doute cela qui explique que les mesures proposées par la direction aux syndicats le 20 avril sont moins défavorables que ce que la loi permet. Entre autres : les congés d’été sont maintenus ; la possibilité de s'accaparer 6 jours de congés par salarié est écartée ; les salaires et les primes des jours de chômage partiel pourraient être complétés à 100%, contre une seule journée de congé payé abandonnée. Malgré tout, cela représente bien peu en regard de ce que gagnent les actionnaires de ce groupe. Ils ont largement de quoi payer l’intégralité des salaires, et sans faire appel à l’aide de l’Etat !

Quant aux mesures présentées par la direction, elles ne pourront pas protéger véritablement les travailleurs de la contamination. 4 500 salariés regroupés dans une usine, c'est de fait un risque réel d'une explosion de l'épidémie dans la région. D’ailleurs, ce qui inquiète le plus les travailleurs, au-delà du risque d’être contaminé soi-même, c’est de propager la maladie vers des parents ou des grands-parents.

Pour protéger leur santé et celles de leurs proches, les travailleurs devront imposer leurs propres choix, collectivement.

Associations d’aide à domicile (Denain) :  Pénurie, bêtise et mépris

Echo d'entreprise
16/04/2020

Dans le Denaisis, comme ailleurs, dans les associations d’aide à domicile, une partie des personnes qui travaillent chez les personnes âgées ou malades ne sont pas salariées de l’association, mais sont « mandataires » : c’est l’association qui fait leurs fiches de paie et qui organise leur remplacement si besoin. Mais elles sont payées directement par la personne âgée.

Déjà, pour les salariées de ces associations, dites « prestataires », il est compliqué d’avoir des masques en quantité suffisante : souvent seulement deux masques par jour fourni par l’association, qui doivent être complétés (parce qu’évidemment ce n’est pas assez vu le nombre de personnes chez qui les aides interviennent !) en allant quémander des masques dans les pharmacies… qui sont plus ou moins compréhensives.

Mais pour ces aides à domiciles « mandataires », les associations qui organisent leur travail ont estimé que ce sont leurs « employeurs » qui doivent leur fournir des masques… c’est-à-dire les personnes chez qui elles interviennent ! Comme si ces personnes âgées dépendantes ou ces malades pouvaient tranquillement sortir, et encore plus trouver des masques et des gants à acheter pour leur aide à domicile. On marche sur la tête !

Certes, la pénurie générale de masques n’est pas de la responsabilité de ces associations, mais leurs directions ne sont pas obligées d’en rajouter dans la bêtise et le mépris, au risque de mettre en danger la santé de ces travailleuses et celle des personnes âgées.

CAPSO - 62 :  Crise du Corona : les éboueurs ne gagneront que ce qu’ils imposeront eux-mêmes

Echo d'entreprise
15/04/2020

Le 18 avril 2018… avant la distanciation sociale !

Depuis le début de la crise du corona-virus, les agents de la CAPSO continuent de collecter les déchets. Et si lundi soir, le président Macron a remercié les éboueurs, ces derniers n’oublient pas que, dans l’Audomarois comme dans bien d’autres endroits, ils ont subi ces dernières années des attaques contre leurs conditions de travail.

Avec le retour des beaux jours et l’augmentation des déchets verts alors que les déchetteries sont fermées. Les poubelles sont plus lourdes et cela fait des tournées à rallonge. Certains jours, il faut décharger quatre fois le camion lors d’une seule tournée.

La médecine du travail a limité, à juste titre, le nombre de salariés qui se changent et se lavent en même temps dans les vestiaires. Mais cela a comme conséquence un rallongement supplémentaire de la journée. Et pour l’instant, la direction refuse de payer ce temps supplémentaire.

Si les agents ont des masques et du gel hydroalcoolique, ils sont toujours à trois par cabine dans les camions et ne peuvent donc pas respecter les distances de sécurité !

Les responsables politiques qui les applaudissent aujourd’hui sont les mêmes qui leur suppriment les tickets-restaurant depuis la crise sanitaire. Et si une prime a été annoncée, les travailleurs de la Capso n’en connaissent toujours pas le montant. Et ce, alors qu’un mois déjà s’est passé depuis le début du confinement.

Mais les travailleurs du ramassage des déchets de la CAPSO n’ont pas oublié qu’il n’y a pas si longtemps ils avaient su, par leurs grèves, tenir tête et se faire respecter face aux attaques contre leurs conditions de travail menées par des politiciens locaux et nationaux. Ils sauront, si besoin, réappliquer cette leçon.

GMF Arras (Pas-de-Calais) :  Les salariés des assurances face au Covid-19... et à leurs patrons

Echo d'entreprise
13/04/2020

À Arras, à la plateforme téléphonique de l’assureur GMF, lors de la première semaine du confinement, il a fallu attendre plusieurs jours et la suspicion de deux cas de contamination au Covid-19 parmi les 80 salariés du site, pour que les patrons finissent par généraliser le télé-travail.

Les travailleurs de ce site ont dénoncé dans la presse le risque que les patrons leur ont fait prendre en continuant à les faire venir travailler sur le site.

Et alors que le gouvernement et les médias tournaient en boucle sur le refrain « les Français sont irresponsables, ils ne respectent pas le confinement », les salariés de GMF Arras s’inquiétaient pour leur santé, mais aussi pour celle des autres. Car si la plateforme téléphonique devenait un nouveau foyer du virus les salariés risquaient de le diffuser.

Un exemple de plus de patrons qui assurent leurs profits avant la santé de leurs salariés.

Marcq-en-Baroeul (Nord) :  Carambar, les affaires continuent pour les patrons

Echo d'entreprise
12/04/2020

A Marcq-en-Baroeul, l’usine de Carambar continue de tourner avec 50% des salariés. Certains sont en arrêt pour s’occuper de leur famille, une grande partie du personnel des bureaux est en télétravail, et d’autres sont malades. Comme une grande partie des chefs n’est plus là, l’ambiance est quand même meilleure et ne plus les avoir constamment sur le dos rend le travail moins pesant.

Une partie des salariés préfèrent continuer à travailler malgré le virus pour avoir une paye complète, plutôt que de voir leur salaire diminué de plusieurs centaines d’euro avec le chômage partiel.

Les patrons sont prêts à faire prendre des risques aux salariés pour leurs profits. Parce que ce qui sort de cette usine, ce sont peut-être des friandises mais c’est surtout de l’argent pour les actionnaires.

EDF :  EDF protège ses centrales nucléaires, mais pas les travailleurs

Echo d'entreprise
11/04/2020

L’attitude d’Amazon vis-à-vis de ses salariés a fait scandale. Et la pression des entreprises de l’automobile pour redémarrer la production le plus tôt possible va dans le même sens du mépris vis-à-vis des travailleurs.

Ces entreprises privées cherchent à tout prix à maintenir leurs activités et leurs profits, quitte à mettre la vie de leurs salariés en dangers.

Mais dans le secteur public, EDF ne fait pas mieux dans ses centrales, ni avec les salariés du groupe, ni avec les salariés des entreprises sous-traitantes.

Depuis le début du confinement, EDF annonce laisser une partie des effectifs des centrales à la maison. L’objectif affiché est de maintenir une réserve capable d’assurer le maintien de la production d’électricité, dans le cas où l’épidémie toucherait fortement les travailleurs.

Mais les mesures de sécurités prises pour les effectifs présents sur les sites sont loin d’être suffisantes. Les salariés continuent de travailler en équipe et se croisent. Pour certaines interventions les distances de sécurité ne peuvent pas être respectées et les protections nécessaires ne sont pas fournies : désinfectants et protections individuels insuffisantes.

Le gouvernement déclare maintenant que le port de masque est nécessaire pour éviter le développement de l’épidémie. Sauf que la direction d’EDF est incapable d’en fournir à tous les travailleurs.

Dans tous les grands groupes industriels comme chez EDF, des plans pandémie avaient été élaborés en 2005. Ils avaient été complétés en 2009 lors de l’épidémie de grippe A et en 2013. Des masques avaient été achetés et répartis dans l’entreprise. Mais ces stocks n’existent plus, ils ont été liquidés, pour faire des économies.

Ainsi EDF se moque de faire prendre des risques aux travailleurs puisqu’ils font le calcul cynique d’avoir des effectifs en réserve.

Amazon (Lauwin-Planque) :  A faux-cul, faux-cul et demi…

Echo d'entreprise
07/04/2020

L’émission « envoyé spécial » de France 2 a montré que des salariés d’Amazon avaient fait usage du droit de retrait. Ils étaient plus de 200 aux entrepôts de Lauwin-Planque, près de Douai, à considérer que la direction leur faisait courir un danger de contagion du Covid-19.

Coup sur coup, le ministère du travail et la direction d’Amazon déclaraient que le droit de retrait n’était pas justifié. La direction refusait de payer les salaires et faisait venir des intérimaires pour remplacer les départs.

Le ministère n’y trouvait rien à redire. Mais, sans doute pour ne pas paraître trop complice, il rappelait qu’« Amazon devait veiller à la santé et à la sécurité de son personnel ». La ministre elle-même, Mme Penicaud, en a remis une couche en disant « qu’à Amazon, tout n’était pas fait pour cela ».

Elle s’est bien gardée d’y envoyer la police verbaliser les directeurs, comme elle le fait pour ceux qui sortent un peu trop dans les rues ! C’est une invite à continuer et Amazon fait semblant d’obtempérer… Les briefings ou réunions d’équipes sont supprimées. Des repères ont été créés au sol pour inciter à garder les distances, ne pas tenir la rampe d’escalier n’est plus sanctionné, des masques sont distribués…

Amazon menaçait aussi de sanctionner des travailleurs qui ne respecteraient pas les « gestes barrières ». Toutes les 30 minutes, les hauts parleurs rappellent « qu’il faut les respecter ».

Comme le lundi 6 deux nouveaux travailleurs ont été reconnus atteints du Covid-19, et affirment qu’ils n’ont pu l’être qu’au travail, la direction a fait appel à des « safety angels » littéralement des anges de la sécurité, « volontaires pour l’aider au rappel et au respect des règles de distanciation sociale sur le site ». « Les salariés volontaires bénéficieront d’une prime de mission niveau T3 », une prime proche de celles des managers ! Ce seraient plutôt des « anges » délateurs… de conditions impossibles à respecter vu les cadences !

Et pour cause, les commandes sont supérieures à la période de Noël, puisque Amazon supplée les nombreux magasins fermés. Alors, pas moyen de ne pas se côtoyer, de ne pas se croiser.

Comment faire alors, avec une Ministre qui demande de prendre plus de précautions et une direction qui déclare prendre toujours plus de précautions ? Et menace de sanctions et veut s’appuyer sur la délation !

Comme dans tous les lieux de travail, ce sont les travailleurs qui doivent être juges de ce qu’ils peuvent accepter ou refuser.

Et dans un premier temps, il faut ralentir les cadences. Et pas question non plus de travailler les uns sur les autres. Les profits attendront. La santé d’abord !

 

Toyota (Onnaing) :  Nos vies et leurs profits

Echo d'entreprise
07/04/2020

Depuis plusieurs jours, il y a entre 100 et 150 travailleurs dans l'usine Toyota à Onnaing.

C’est une façon pour Toyota de tester une prochaine reprise de la production, alors que rien n'est joué dans la maîtrise de l'épidémie. Regrouper du monde et faire prendre des risques aux travailleurs et à leurs proches pour produire des voitures tant que le confinement n'est pas levé, c’est irresponsable.

Et en plus, la direction fournit à ceux qui vont à l'usine en ce moment deux masques chirurgicaux par jour, à porter obligatoirement. Toyota peut se procurer des centaines de masques par jour, alors que les soignants en manquent ?

Les masques doivent aller à ceux qui sauvent des vies ! Pas à servir à redémarrer une usine automobile, c’est-à-dire à produire… des profits pour les actionnaires !

Centre de tri postal – Lille :  les postiers veulent faire respecter leur sécurité face à l’épidémie

Echo d'entreprise
05/04/2020

A la PIC de Lesquin (centre de tri du courrier et colis de la Poste), mardi 17 mars, deux postiers qui présentent des symptômes du Covid-19 sont évacués en ambulance.

Informés, leurs collègues de l’après-midi veulent rentrer chez eux parce que les conditions sanitaires ne sont pas assurées par la direction. Malgré les pressions de la hiérarchie, une dizaine de postiers décide de se mettre en droit de retrait. Certains délégués relayent l’inquiétude des salariés et le directeur finit par céder un droit de retrait de 14 jours pour ceux qui le souhaitent. Mais il laisse planer un doute sur le paiement : les droits de retrait seront requalifiés par la suite en « absences à régulariser».

Malgré tout, le petit groupe de postiers, rejoints par d'autres collègues en colère, convainc la majorité des salariés de l’après-midi de se mettre en droit de retrait. Le lendemain, informés, les services de nuit et du matin font également valoir leur droit de retrait. Au total, une bonne centaine de postiers de la PIC sont en droit de retrait.

Mais la direction veut reprendre la main. Le travail continue durant toute la semaine avec quelques volontaires et beaucoup de collègues en CDD et des intérimaires. Après avoir fermé l'établissement trois jours, la direction fait venir l’inspection du travail pour faire valider ses prétendues mesures de protection sanitaire.

Elle appelle ensuite chez eux tous les collègues qui avaient fait valoir leur droit de retrait pour leur dire que maintenant que les normes de sécurité sont assurées, le droit de retrait n’est plus valable. Mais dans la réalité, les postiers sont plusieurs centaines dans les mêmes locaux, à manipuler du matériel à la chaîne, à effectuer des collectes de courrier à l'extérieur avec des véhicules partagés, en pleine épidémie.

Si bon nombre de postiers reviennent au boulot la boule au ventre, les plus combatifs restent déterminés à s'organiser sur le lieu de travail pour faire respecter des conditions sanitaires correctes. Le combat ne fait que commencer.