La Poste - Lille :  Des conditions de travail inacceptables

Echo d'entreprise
22/03/2020

Alors qu'une partie de la population est sommée de se confiner pour se protéger du Covid19, les travailleurs de la Poste, comme tant d'autres, doivent continuer leur service.

A Lille pendant les trois premiers jours, dans tous les services les postiers se sont vus intimer l'ordre d'aller travailler « en prenant leurs précautions ». Le matériel à disposition : 1 paquet de lingettes pour 20 facteurs, pas de gel hydro-alcoolique, 2 h de « confinement » entassés à trier et à manipuler toutes sortes d'objets.

Ils n'avaient rien pour se se protéger, rien pour protéger les usagers et clients, ainsi que leurs proches !

Mis dans cette situation dangereuse, des postiers ont dû appliquer leur droit de retrait pour « danger grave et imminent ».

Mais face aux pressions de la direction, beaucoup de postiers ont continué à travailler sans protections sanitaires.
Les collègues qui continuaient à aller travailler, la boule au ventre, se trouvaient isolés. En parallèle, des suspicions, des cas avérés et des hospitalisations de collègues touchés par le Covid19 augmentaient chaque jours.
Ce n’est que dans les sites où les postiers ont fait pression collectivement sur la direction qu’ils ont pu obtenir in extremis un peu de gel hydroalcoolique et des lingettes.

Chauss’expo (Nord) :  Des pressions pour obtenir un minimum

Echo d'entreprise
22/03/2020

Dans les entrepôts de chaussures Chauss’expo à Lesquin, un peu plus de 50 travailleurs préparent les livraisons pour les 186 magasins Chauss’Expo.

Dans les jours qui ont précédé les annonces du gouvernement, ils ont dû faire pression pour que du gel hydroalcoolique soit mis à disposition. Aucune mesure n’avait été prise.

Lorsque des délégués syndicaux ont demandé à ce que les locaux communs soient nettoyés plus souvent la DRH a répondu « je ne vais pas payer une prestation supplémentaire ». Même des choses élémentaires comme laisser les portes des locaux communs ouvertes afin de ne pas toucher les poignées, ils n’y avaient pas pensé.

Le lundi suivant l’annonce de fermer tous les magasins, le directeur de l’entrepôt a réuni les travailleurs pour expliquer le travail à faire malgré la fermeture des magasins. Les travailleurs disaient que c’était irresponsable de faire travailler à cinquante dans la mesure où ils pouvaient se contaminer les uns les autres. Ils ont demandé à être au chômage partiel mais sans perte de salaire. Il a répondu que pour l’instant ils ne l’envisageaient pas. En début d’après-midi, c’était la même réponse : « nous attendons les mesures qu’Emmanuel Macron va annoncer ce soir ».

Plus tard dans la journée, les travailleurs étaient informés qu’ils seraient au chômage partiel à partir du mardi, pendant au moins 15 jours et sans perte de salaire.

En même temps, faire travailler alors que les 186 magasins sont fermés ne servait pas à grand-chose...

DCX-Chrome Marly (Nord) :  Le capitaliste Stéphane Delachaux et sa famille doivent payer !

Echo d'entreprise
21/03/2020

DCX est une entreprise qui produit du chrome pour l’industrie. 80 salariés dont 60 ouvriers y travaillent en quatre équipes.

Un ouvrier qui a ressenti des symptômes indiquant peut-être le COVID-19 a été mis en quatorzaine ce week-end. Suite à cela, et pour ne faire prendre aucun risque à leur santé et à celle de leurs proches, des travailleurs se sont mis en droit de retrait durant deux jours et l’usine n’a tourné que partiellement.

Alors que depuis des années les travailleurs demandent des distributeurs à savon conformes, des séchoirs corrects, la direction n’a jamais rien fait… Mais inquiétée par la perte de profits liée à l’arrêt de la production, elle a su installer du jour au lendemain des distributeurs de savon avec bouton pressoir, des séchoirs individuels et du gel hydroalcoolique.

Alors que l’usine est insalubre depuis des années, un service de nettoyage des locaux, des vestiaires et des douches a été mis en place. Cela est bien sûr une bonne chose. Mais la vitesse avec laquelle ce problème a été réglé fait dire aux travailleurs que c’est pour des économies de bouts de chandelles que l’hygiène et la propreté des locaux ne sont pas assurés en temps normal.

La direction a essayé de se faire bien voir en offrant un café aux salariés, qu’il faut venir boire à tour de rôle. La première réaction des travailleurs a été de dire que c’est toute l’année que le café devrait être offert, et pas seulement quand la direction veut amadouer les ouvriers.

Mais ces mesures n’ont bien entendu pas suffi pour rassurer, car on peut être contagieux pendant 14 jours sans déclarer les symptômes. Certains ouvriers ont repris, d’autres ont demandé le chômage partiel.

Mais la direction veut faire tourner l’usine quoi qu’il en coûte... à la santé des travailleurs. Elle fait du chantage menaçant de licenciements économiques en cas d’arrêt de la production. Vendredi soir, la direction a annoncé qu’elle refusait le recours au chômage partiel. Les absences seront donc considérées comme injustifiées et pourront entraîner des sanctions. De nombreux travailleurs sont outrés, car c’est une façon de faire passer le profit avant la santé.

DCX-Chrome a pourtant largement les moyens de supporter un arrêt de l’usine. L’entreprise appartient aux Delachaux, une des familles les plus riches de France. Les Delachaux possède 900 millions d’euros de fortune personnelle, fortune qui a triplé en 10 ans. Ces capitalistes ont largement de quoi payer le chômage à 100 %, et de leur poche !

Amazon Lauwin-Planque :  « Le business avant tout ! »

Echo d'entreprise
21/03/2020

Avec la crise sanitaire due au Coronavirus, il est recommandé de rester chez soi pour ne pas multiplier les contaminations... mais pas chez Amazon Lauwin-Planque, où le directeur du site a dit devant une assemblée de managers « Le business avant tout ! ». Ce qui a été compris par de nombreux travailleurs comme « y compris avant la santé des salariés ».

Vendredi 13 mars, après la première annonce de Macron, les briefing de début de poste ont été suspendus. Cela a été perçu comme un refus de répondre aux questions légitimes et comme une volonté de minimiser la gravité de la situation. Et la hiérarchie donne comme seule consigne de rejoindre immédiatement les postes de travail.

Dimanche 15, la direction a averti les organisations syndicales par mail que le site ne serait pas fermé, soi-disant pour que les personnes fragiles puissent recevoir les produit dont elles pourraient avoir besoin. Elle a annoncé que des mesures de sécurité allaient être prises, que du gel hydroalcoolique serait fourni aux salariés et que le RH serait présent lundi matin pour répondre aux questions.

Lundi 16 mars, pas de gel hydroalcoolique à la prise de poste... Lors du briefing, les travailleurs ont demandé des comptes aux managers, qui n’ont pas su leur répondre. Le soir, la direction donnait la consigne d’interdire d’écouter le discours de Macron et de travailler pour ne pas impacter la production. Ensemble, des travailleurs ont débrayé pour écouter l'allocution. Certains débrayaient pour la première fois.

Dès le lendemain, des travailleurs ont fait valoir leur droit de retrait. La direction a répondu qu’il n’y avait pas de danger sur le lieu de travail… alors même que cadres et direction sont en télétravail ! Des travailleurs ont été intimidés pour rester et les absents ont été pointés en absence injustifiée.

Révolté à juste titre par la situation, certains d’entre eux ont prévenu des journalistes. Ils se sont présentés sur le site… la direction les a fait expulser par le service de sécurité !

La direction prétend avoir l’autorisation du ministère de l’économie pour maintenir son activité. Avec les nombreux commerces fermés, Amazon espère bien soigner son bénéfice à la faveur de la crise sanitaire.

La santé des travailleurs et de leurs proches n'a pas à faire les frais de la rapacité et de l'irresponsabilité des capitalistes.

 

Des problèmes semblables entraînent des débrayages à Montélimar.

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/coronavirus-debrayage-des-salaries-d-amazon-a-montelimar-qui-veulent-la-fermeture-de-l-entreprise-1584458461

Novares. Libercourt (59) :  Le virus et les patrons : deux ennemis à combattre

Echo d'entreprise
20/03/2020

Novares, sous-traitant de Toyota fabrique en flux-tendu des pièces plastiques. Pour le lancement d'un nouveau modèle de véhicule, le travail est de plus en plus dur depuis des semaines.

Le mardi 17 mars, la direction a annoncé 45 jours de chômage partiel car beaucoup d'usines de l'automobile sont à l'arrêt. Mais le 18 mars, le patron a changé d'avis, l'usine restera ouverte. Il cherche à faire le maximum de stocks le temps où les usines d'assemblage automobile ne tournent pas. Comme ça, quand ça redémarrera, ils auront des stocks et pourront faire bosser les travailleurs sur le nouveau projet.

Dans les ateliers, tout le monde se marche sur les pieds faute de place, impossible de garder 1 mètre de distance. Les quelques flacons de gel distribués ont très vite été épuisés et en plus, ils étaient périmés depuis 2011. Les masques distribués, eux aussi très vite épuisés, étaient des masques anti-poussière inefficaces contre le virus. La direction a fait la morale en disant qu'il fallait nettoyer ses outils mais elle ne veut pas arrêter les machines à la prise de poste pour permettre que les outils et les commandes soient désinfectés. Une des société de nettoyage n'a pas été payée, les poubelles ne sont plus vidées, les WC et le réfectoire ne sont plus nettoyés.

Pour leurs profits, en dépit de toutes les préconisations sanitaires, les patrons, veulent continuer à produire et faire des stocks. C’est une attitude irresponsable, voire criminelle. Ce sera aux travailleurs d'assurer leur propre sécurité et aussi de prendre en main la direction des usines pour éviter la catastrophe.

Arc (verrerie) à Arques (62) :  CoronARC Virus

Echo d'entreprise
20/03/2020

L’usine Arc, près de Saint-Omer dans le Pas-de-Calais, emploie plus de 5 000 personnes dont 3 000 à la production. La direction a ralenti progressivement sa production depuis le début du confinement. Pour cela, elle a imposé à une partie des travailleurs le chômage partiel payé à 84 % du salaire net. Les salaires sont déjà au ras des pâquerettes pour beaucoup de travailleurs de l’usine et les prix, eux, n’ont pas prévu de baisser. Quant aux patrons, ils auraient largement les capitaux pour payer les salaires à 100 % mais, pour l’instant, ils n’en ont absolument pas l’intention.

Et pour ceux qui travaillent sur le site ? Les choix sanitaires de la direction sont irresponsables. Dans certains secteurs, les travailleurs se changent dans des vestiaires dont les portes ont été retirées. Le prétexte invoqué est qu’ainsi les salariés n’auront pas à toucher la poignée. Mais à l’intérieur des vestiaires, ils n’ont pas les moyens de respecter les distances de sécurité.

Une fois changés, les ouvrières et ouvriers se retrouvent à travailler, avec la même paire de gants plusieurs jours de suite, parfois de la mauvaise taille. Certains travaillent encore cette semaine au coude à coude ou avec un simple bout de carton pour les séparer. Ils tapent sur le même clavier, utilisent les mêmes outils, voire les mêmes gants de protection sur certaines machines. Et tout cela, sans avoir les moyens de les désinfecter après chaque utilisation, ni même de pouvoir se laver les mains faute de savon à certains endroits. Dans certains secteurs, il n’y a toujours pas de masque.

Et quand les produits désinfectants sont arrivés, bien après le début du confinement, ils avaient été achetés à la va-vite dans les magasins du coin : produit vaisselle et bain moussant pour se laver les mains, serpillières jetables anti-bactériens pour nettoyer les claviers et les surfaces… Encore une preuve de l’irresponsabilité de la direction du site pour ce type de problème. Face aux protestations de certains salariés, des chefs leur ont reproché de « propager la psychose ».

Comble de l’ignominie, des directeurs ont maintenu, cette semaine, les convocations de travailleurs en vue de sanctions disciplinaires. Et ce, malgré les consignes de confinement.

« CoronArc », une usine dirigée par des irresponsables qui ont une banque à la place du cerveau.