Pont-Audemer (Eure)

Non aux licenciement chez Thales

Brève
11/07/2020

Environ 500 personnes ont manifesté samedi 11 juillet à Pont-Audemer pour s’opposer à la suppression de 150 emplois sur les 330 que compte l’usine de cartes à puces Thales, anciennement Gemalto. Étaient présents les travailleurs de Thales mais aussi des travailleurs de Safran (Le Havre) et des habitants solidaires.

Lorsque Thales avait racheté Gemalto en 2019, le groupe s’était engagé à préserver l’emploi pendant 18 mois. Il n’aura pas attendu longtemps pour annoncer les premières suppressions d’emploi.

L’argument qu’avance Thales, c’est la disparition progressive de l’utilisation des cartes SIM dans les téléphones portables mais les salariés de l’usine de Pont-Audemer savent bien que ce n’est qu’un mensonge. Thales souhaite se débarrasser de la partie production de l’usine et ne conserver que les services « sécurité des données » qui ne concernent que peu de salariés.

Au-delà de ces suppressions d’emplois, c’est la fermeture du site sous deux ou trois ans qui se profile, dans une région où l’industrie est déjà exsangue.

Les travailleurs présents avaient bien conscience aujourd’hui que ce n’est pas la crise du COVID qui leur vole leur gagne-pain mais bien la rapacité d’un grand groupe qui a reversé 330 millions de dividendes à ses actionnaires en 2019.

Leur message est clair : Personne ne doit perdre son emploi et la lutte se poursuivra jusqu’à ce que Thales recule. Un rendez-vous est déjà fixé en septembre au siège du groupe à Paris. 

Clinique Océane Le Havre (Seine-Maritime)

Le groupe Ramsay récolte une grève à 100%

Brève
27/06/2020

Se joignant à l’appel national dans la santé du 16 juin, la totalité des 40 soignants de la clinique privée Océane, qui peut accueillir jusqu’à 90 patients, a continué sur la lancée avec un mouvement de grève commencé le lundi 22 juin. Leur préavis court jusqu’en septembre car, comme les salariées le disent, « il était impossible de ne plus réagir ».

Située face à l’Hôpital Privé de l’Estuaire, appartenant au même groupe, Ramsay Santé, cette structure à vocation psychiatrique a rapporté pas moins d’un million d’euros aux actionnaires en 2019, soit près de 20 000 euros par employé. En gros c’est un peu plus d’une année de salaire volée sur le dos de chacune. Quand on compare aux 18 centimes d’euros d’augmentation sur le taux horaire d’une infirmière présente depuis l’ouverture du centre en 2012 par exemple, on comprend qu’elles aient « décidé de dire stop » !

Les grévistes ont déjà obtenu de la direction que les négociations salariales, prévues pour septembre, soient avancées au 22 juin. Elles réclament 10 % de salaire en plus, l’augmentation de la prime de soin de 50 euros, et le paiement de la prime psychiatrique qu’elles ne touchent pas jusqu’à présent.

Le piquet installé à l’entrée de l’établissement reçoit le soutien appuyé des automobilistes qui klaxonnent et des passants qui s’arrêtent pour bavarder ou versent à la collecte. Déterminées et soudées, les grévistes ont refusé d’être réquisitionnées, imposant à la direction un roulement minimum de personnel pour la sécurité des patients.

Elles dénoncent également la chute vertigineuse des effectifs puisqu’en 2012, il y avait 9 infirmières et qu’elles ne sont plus que 5 actuellement, alors que la capacité d’accueil a augmenté.

La recette de cette clinique c'est un tarif journalier très bien négocié avec la Sécurité sociale, un taux d'occupation plein à l'année et des bas salaires, voilà comment le million d’euros des actionnaires s’amasse jour après jour. La direction retarde systématiquement l'envoi à la CPAM des attestations de salaire en cas d'arrêt maladie, ce qui retarde l'indemnisation des soignants et les met dans des situations financières désastreuses. Cette même direction a par ailleurs dû comparaître aux Prudhommes, la semaine dernière, pour non paiement des heures de pause de nuit alors que les infirmières sont seules pour assurer leur service et ne peuvent donc pas prendre les pauses en question.

Vraiment, la coupe est pleine et les grévistes ont bien l’intention de gagner !

Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime)

Centre hospitalier du Rouvray : non aux sanctions contre les militants !

Brève
27/06/2020

Mercredi 24 juin, une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction de l’hôpital psychiatrique du Rouvray pour protester contre les menaces de sanctions qui pèsent sur deux agents. Ceux-ci risquent une exclusion temporaire de trois mois à deux ans sans solde.

Leur crime ? Avoir publié, sur Facebook, une note interne datant de fin mars dernier. En pleine épidémie, alors que les autorités étaient incapables de distribuer aux soignants suffisamment de masques pour se protéger et protéger les patients, la direction de l’hôpital n’avait rien trouvé de mieux que de recommander aux agents de laver et de faire sécher leurs masques chirurgicaux, prévus pour n’être utilisés que quatre heures. Elle s’asseyait donc sur les préconisations sanitaires. Scandalisés, des agents avaient publié cette note sur les réseaux sociaux, ce qui avait déclenché une pluie de commentaires indignés.

C’est pour ce motif que les deux militants sont poursuivis. En fait, il s’agit, de la part d’une direction revancharde d’exercer des représailles. En 2018, les agents du Rouvray avaient mené une lutte de plusieurs mois contre les conditions lamentables d’accueil des patients, faute de moyens suffisants en personnels. Ce combat avait eu un retentissement national et avait imposé un recul à la direction et à l’ARS.

Après avoir failli dans la crise sanitaire, les autorités veulent réprimer toute contestation des agents face au manque criant de moyens pour la santé. Cela juge aussi de la politique d’un Etat qui fait des économies dans les services vitaux pour la population alors qu’il distribue des dizaines de milliards d’euros à des groupes capitalistes richissimes.

EHPAD Korian Rouen (Seine-Maritime)

Mobilisés le 16 juin

Brève
19/06/2020

La journée de grève et d'action du 16 juin a été l'occasion pour le personnel de l'EHPAD Korian de Rouen Saint Sever de se faire entendre. Un groupe de grévistes se tenait sous une structure à l'extérieur de l'établissement. Ils étaient mobilisés pour la hausse des salaires et des effectifs, le remplacement total du personnel absent, le paiement des heures supplémentaires majoré de 50% contre 25% actuellement et le paiement des primes promises par le gouvernement.

Ils ont bien raison de ne pas se contenter des promesses ...

Vir Transport Grand-Quevilly (Seine-Maritime)

Un chaînon dans l’exploitation

Brève
17/06/2020

Vir transport, dont un entrepôt se trouve au Grand-Quevilly a pour principal client Ikea, multinationale suédoise du meuble qui a réalisé pas moins de 1,5 milliard d’euros de bénéfices en 2019. Vir Transport compte 675 salariés et de très nombreux intérimaires. Elle fait elle aussi quelques bénéfices, mais elle n’est finalement qu’une sorte de sous-traitant d’Ikea.

Au volant, ce sont les chauffeurs qui subissent les pressions en cascade pour économiser sur les moindres dépenses. L’entreprise se vante sur son site d’avoir des camions « disposant des dernières innovations ». Mais en fait ses camions n’ont pas de hayon, ce qui rend le travail de manutention des colis bien plus pénible. La raison en est qu’ainsi les véhicules sont plus légers et peuvent charger plus de commandes. Les chauffeurs n’ont pas non plus la climatisation. Et la direction a pris prétexte du fait que la plateforme du Grand-Quevilly est en Normandie, pour refuser aux chauffeurs des tenues d’été, auxquelles ont droit leurs collègues basés dans le sud du pays. Et, au début du confinement, les travailleurs ont dû par ailleurs débrayer pour avoir des protections.

Des mesquineries un peu tous les jours, pour les profits de Vir et d’Ikea.