Clinique Océane Le Havre (Seine-Maritime)

Le groupe Ramsay récolte une grève à 100%

Brève
27/06/2020

Se joignant à l’appel national dans la santé du 16 juin, la totalité des 40 soignants de la clinique privée Océane, qui peut accueillir jusqu’à 90 patients, a continué sur la lancée avec un mouvement de grève commencé le lundi 22 juin. Leur préavis court jusqu’en septembre car, comme les salariées le disent, « il était impossible de ne plus réagir ».

Située face à l’Hôpital Privé de l’Estuaire, appartenant au même groupe, Ramsay Santé, cette structure à vocation psychiatrique a rapporté pas moins d’un million d’euros aux actionnaires en 2019, soit près de 20 000 euros par employé. En gros c’est un peu plus d’une année de salaire volée sur le dos de chacune. Quand on compare aux 18 centimes d’euros d’augmentation sur le taux horaire d’une infirmière présente depuis l’ouverture du centre en 2012 par exemple, on comprend qu’elles aient « décidé de dire stop » !

Les grévistes ont déjà obtenu de la direction que les négociations salariales, prévues pour septembre, soient avancées au 22 juin. Elles réclament 10 % de salaire en plus, l’augmentation de la prime de soin de 50 euros, et le paiement de la prime psychiatrique qu’elles ne touchent pas jusqu’à présent.

Le piquet installé à l’entrée de l’établissement reçoit le soutien appuyé des automobilistes qui klaxonnent et des passants qui s’arrêtent pour bavarder ou versent à la collecte. Déterminées et soudées, les grévistes ont refusé d’être réquisitionnées, imposant à la direction un roulement minimum de personnel pour la sécurité des patients.

Elles dénoncent également la chute vertigineuse des effectifs puisqu’en 2012, il y avait 9 infirmières et qu’elles ne sont plus que 5 actuellement, alors que la capacité d’accueil a augmenté.

La recette de cette clinique c'est un tarif journalier très bien négocié avec la Sécurité sociale, un taux d'occupation plein à l'année et des bas salaires, voilà comment le million d’euros des actionnaires s’amasse jour après jour. La direction retarde systématiquement l'envoi à la CPAM des attestations de salaire en cas d'arrêt maladie, ce qui retarde l'indemnisation des soignants et les met dans des situations financières désastreuses. Cette même direction a par ailleurs dû comparaître aux Prudhommes, la semaine dernière, pour non paiement des heures de pause de nuit alors que les infirmières sont seules pour assurer leur service et ne peuvent donc pas prendre les pauses en question.

Vraiment, la coupe est pleine et les grévistes ont bien l’intention de gagner !

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