Renault Cléon (Seine-Maritime)

Produire… à quel prix !

Brève
24/03/2020

Un salarié de maintenance de l’usine Renault Cléon est décédé du coronavirus dimanche 22 mars. Il avait 56 ans.

L’ensemble des salariés est bouleversé. Beaucoup ont exprimé leur peine, leur grande inquiétude, mais aussi leur colère !

Personne ne sait si c’est à l’usine qu’il a contracté cette maladie. Mais ce dont tout le monde est conscient, c’est que les mesures prises par la direction étaient complètement insuffisantes dès le début de la pandémie en France.

La principale mesure préconisée par la direction était de se laver les mains. Sauf qu’il n’y avait pas de gel hydro-alcoolique, pas de masque, pas assez de gants et, surtout, aucune possibilité d’espacement suffisant entre les salariés présents.

Lundi 16 mars, les travailleurs se posaient tous la question de quitter le site pour ne prendre aucun risque. Mais dans tous les secteurs de production, l’encadrement imposait de continuer l’activité. Il a fallu attendre 21h30 pour que l’usine soit enfin en grande partie fermée.

Lundi 23 mars, la direction du site a confirmé la suspicion d'autres cas parmi des salariés. Elle a également annoncé qu’elle décidait d’annuler son projet de relancer l'activité d'une unité prototype prévu dès le lendemain, mais… elle insistait lourdement sur la nécessité de penser dès maintenant au redémarrage de l'usine.

Il est intolérable que la direction de Renault ait fait prendre des risques à l’ensemble des travailleurs pour produire des moteurs et des voitures. C’est criminel et n’a aucun sens, sinon celui de chercher à produire des profits futurs coûte que coûte, au mépris des règles sanitaires les plus élémentaires.

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