Safran Le Havre (Seine-Maritime) :  Quand la direction joue avec la santé des salariés

Echo d'entreprise
24/03/2020

L’usine Safran près du Havre compte 1700 salariés et produit des nacelles de moteurs d’avion pour le civil et le militaire. Alors que l’épidémie en Chine a officiellement pris une tournure massive dès le mois de janvier, la direction de l’usine a attendu le 26 février pour organiser une réunion de prévention et envisager des mesures de protections. Il y était entre autres préconisé de filtrer les salariés à l’entrée, car certains d’entre eux pouvaient revenir de voyages professionnels, tandis que d’autres pouvaient revenir de voyages privés.

Mais rien ne fut mis en place. Ce qui fait que lorsqu’un salarié apprit sa contamination et en informa immédiatement l’entreprise, il s’était passé pas moins de huit jours entre son retour d’Egypte et son signalement. Huit jours pendant lesquels tout le monde se côtoyait à la cantine, dans les ateliers, les vestiaires etc. Prendre un peu de temps pour prévenir l’épidémie, assurer la santé des travailleurs, et par-delà celle de leurs familles et plus généralement celle de la société toute entière ? Pour cela, encore faudrait-il être responsable, et la direction de Safran l’est vis-à-vis des actionnaires, pas des salariés.