Mélanie Peyraud, candidate Lutte ouvrière à Evreux réond à la Dépêche :  La première insécurité, c'est le chômage ou la menace de perdre son emploi.

Article de presse
28/02/2020

Quels moyens pour la police municipale : vidéosurveillance, effectifs, armement.

Dans les quartiers, le chômage et la pauvreté engendrent la misère morale. Cela va des incivilités aux violences gratuites mais aussi aux trafics. La vie est déjà difficile et elle l'est rendue encore plus par tout ça. Mais c'est illusoire de croire que c'est en mettant plus de policiers ou en installant des caméras partout que la tranquillité sera garantie. Peut-être ça rassurera. Encore faut-il que les policiers gardent un lien avec la population, avec les jeunes en particulier, qu'ils ne soient pas coupés des habitants et incontrôlés. Mais dans le fond, le problème, c'est d'abord que chacun ait un travail, une paye digne de ce nom et que chacun puisse donner un avenir à ses enfants.

 

Quel avenir pour le service Sûreté et prévention et le directeur de la sécurité de la Ville mis en cause par la justice ?

Le sort du directeur n'émeut personne, du moins dans les quartiers populaires. Ce n'est pas le seul dans les dernières années à s'être équipé en policier sans en avoir le droit. Par contre, ce petit événement montre une chose : le directeur de la sécurité et les services de la mairie ne sont pas contrôlés par la population. Les travailleurs, français ou étrangers, avec ou sans-papiers, les chômeurs, les retraités, les mères au foyer, tous devraient pouvoir contrôler, et même pouvoir limoger, les élus municipaux comme ceux qui occupent des postes de responsabilité dans la mairie. Il y a le vote et puis ensuite, les électeurs, en particulier ceux des quartiers populaires, doivent patienter six ans. Une municipalité comme Evreux fonctionne finalement comme le gouvernement ou la majorité parlementaire : hors contrôle des classes populaires, eh bien il faut que ça cesse.

 

Comment diminuer le trafic de drogue ?

Si une solution était évidente, elle serait mise en œuvre, et pas qu'à l'échelle municipale. Bien sûr le trafic, visible dans certaines rues ou cages d'escalier, est un fléau. Ce n'est pas une simple question de police. La drogue, c'est d'abord un « business », dans un monde où l'argent est roi, quel que soit le moyen par lequel il est obtenu. Le trafic de drogue, c'est le capitalisme pur et dur, comme le trafic d'armes. Du côté des consommateurs, il y a la recherche des paradis artificiels pour s'évader du quotidien qui, il faut le reconnaître, ressemble pour beaucoup à une prison à ciel ouvert. Alors, rendons la vie meilleure et la consommation baissera, mais pour cela, il faudra combattre la société du profit à n'importe quel prix dans laquelle nous vivons, la société capitaliste.

 

Quelles mesures concrètes pour lutter contre les violences faites aux femmes ?

Comme pour l'écologie, il y aura les promesses de campagne électorale et elles vont fleurir ! Je réponds ici en tant que femme : la meilleure des mesures concrètes, c'est que nous ne taisions pas, que nous trouvions la ressource de dénoncer. Et ce n'est pas facile, car malgré un gouvernement qui prétend avoir mis les violences faites aux femmes au centre de ses préoccupations, les moyens, en terme de justice, de lieux d'accueil et même simplement de formation pour écouter et comprendre, restent dérisoires. Ce sont sont les associations qui le disent. Alors concrètement, contre les violences faites aux femmes, il faut continuer de rompre le silence et que l'on se retrouve dans la rue, au coude à coude, avec des hommes bien sûr, pour imposer dans les municipalités, ou encore plus haut au gouvernement, des moyens. La société actuelle est inhumaine, en particulier pour les femmes parce que les hommes continuent d'être formatés comme ceux qui commandent. Tout cela doit et va changer, c'est un combat qui dépend de chacune, et chacun, d'entre nous.

 

PS : La première insécurité, c'est le chômage ou la menace de perdre son emploi. Nos vies de travailleurs dépendent des choix de nos employeurs. Les patrons, avant tout les grands patrons nous imposent la première des insécurités : ne pas pouvoir vivre dignement de son salaire.

La Dépêche