La Poste - Gironde

Les facteurs déposent la sacoche

Brève
13/03/2018

Ce lundi 12 mars, 492 facteurs, selon les chiffres de la direction, soit près d’un tiers des facteurs de la Gironde ont fait grève contre la « sacoche » et contre la « méridienne », des réorganisations que La Poste est en train d’imposer progressivement dans la plupart des bureaux du pays. Et c’est à plus de 400 qu’ils se sont rassemblés à Mériadeck au pied du bâtiment de la direction départementale.

Ces deux réorganisations que sont la sacoche et la méridienne remettent en cause l’organisation du travail des facteurs. L’objectif de La Poste est de pousser encore plus loin leur charge de travail. La méridienne consiste ainsi en une pause de 45 minutes minimum, imposée, non payée, en conformité avec la loi, mais qui remplace une pause de 20 minutes payées, ce qui fait que les facteurs terminent la journée encore plus tard dans l’après-midi. Avec la sacoche, les facteurs ne vont plus faire dans leur journée de travail que de la distribution, tandis que quelques-uns ne feront que du tri, alors que jusque là, chaque facteur commençait sa journée à l’abri par une séance de tri. Cette réorganisation signifie une aggravation de la pénibilité pour tous.

La mobilisation du 12 mars est un succès à plusieurs titres. Le nombre de facteurs en grève en même temps est parmi les plus importants de toutes ces dernières années. C’est sans aucun doute lié au fait que la grève a eu lieu au niveau du département. Alors que, comme à son habitude, La Poste comptait imposer ces réorganisations bureau après bureau, elle a eu affaire cette fois-ci à une riposte collective, à un niveau que les syndicats n’ont jamais cherché à organiser ces dernières années jusqu'à ce jour-ci, avec un préavis départemental de Sud posé fin décembre.

Les facteurs sont bien sûr conscients qu’une journée ne suffira pas à faire reculer la direction. D’ailleurs deux bureaux, Cenon et Bastide, ont décidé de poursuivre la grève au moins le 13 et le 14. C’est en discussion dans d’autres bureaux. Mais quoi qu’il en soit, cette journée démontre que les facteurs peuvent déjouer la tactique préférée de La Poste, celle consistant à imposer ses mauvais coups bureau après bureau, un bon signe pour l’avenir.