Toulouse (31)

Procès AZF : Total au dessus des lois ? Desmarest intouchable ?

Brève
15/06/2009

Le procès de l'explosion de l'usine AZF du 21 septembre 2001, commencé le 23 février 2009 touche a sa fin. Mercredi 10 juin, Thierry Desmarest, ex PDG de Total en 2001 et actuel président du Conseil d'administration du groupe était entendu dans le cadre de la « citation directe à comparaître », initiée par des sinistrés.

Mais Total est un groupe puissant. Ainsi, les deux avocats sollicités par les sinistrés pour représenter cette « citation » s'étaient déjà désistés ... le jour de l'ouverture du procès. Eh bien, le jour de l'audition de Desmarest, et devant ce dernier qui était entendu par le Tribunal, l'avocat commis d'office pour porter la « citation » des sinistrés, s'est présenté pour dire ... qu'il ne plaiderait pas contre Desmarest. Cet épisode a abrégé quelque peu l'audition de Desmarest. Et devant le président embarrassé les soutiens de Total étaient fort satisfaits. Quant aux sinistrés ulcérés de ce énième coup de Jarnac, ils cherchent encore comment poursuivre quand même leur action.

Quant au « prévenu » Desmarest, ex-PDG de Total, il n'avait rien à dire.

Son audition n'aura duré que deux heures pause comprise. Il a su parfaitement jouer la comédie de la compassion, avec le petit tremblement dans la voix au bon moment. Par contre les réponses aux questions des avocats des parties civiles, comme du président, étaient beaucoup plus lapidaires. Lorsque le président s'est fait le porte parole d'une partie civile, en l'occurrence un ex-salarié AZF reprochant la politique du groupe en matière de sous-traitance, d'économie sur la sécurité, il s'est contenté d'affirmer que « la sécurité dans le groupe Total, passe avant tout ».

Il a aussi déclaré qu'en matière de sécurité, Grande Paroisse /AZF avait « de meilleurs résultats que la moyenne de l'industrie chimique ». C'était presque à se demander s'il y a réellement eu une explosion avec 32 morts, des milliers de blessés et des dizaines de milliers de sinistrés.

Les sinistrés avaient voulu marquer le coup en organisant un rassemblement juste avant l'audition de Desmarest. Ils se sont retrouvés à 80 au « rond point du 21 septembre 2001 » (à 500 mètres du lieu du procès). Lors des prises de parole, un ex-salarié d'AZF a résumé ce que tous pensaient : « Je reste convaincu après ces semaines de procès de la culpabilité du trust Total. ... J'ai travaillé pendant plus de 20 ans dans cette usine, j'ai été syndicaliste, et je peux vous dire qu'on ne se battait pas que pour des augmentations de salaires, mais le plus souvent contre les réductions d'effectifs, contre les économies en matière de sécurité, contre les détournements de la législation en matière d'accident du travail, contre le développement de la précarité et de la sous-traitance...

Ce n'est pas Desmarest qui a fait sauter le 221, aucun patron n'a intérêt à faire sauter son usine, mais ils en prennent le risque chaque fois qu'ils font passer leur profit avant tout.».

Montauban (82)

Veolia épinglé

Brève
27/05/2009

Le bureau d'enquêtes sur les accidents a rendu ses conclusions relatives à l'affaire survenue il y a un an à Montauban : celle du train fret Véolia, sans frein, qui aurait pu se terminer en catastrophe, s'il n'y avait pas eu le réflexe d'un aiguilleur pour envoyer le convoi sur une voie inoccupée.

Bulletin de composition non-conforme, formation du train avec des véhicules rajoutés, pas d'essai de frein avant le départ, insuffisance de connaissances des règles de sécurité et inexpérience des opérarteurs, tout cela formant des pratiques anormales devenues habituelles. Voilà le constat.

Quand la rentabilité dicte la politique des entreprises, il y a danger.

Tarbes-Ibos (65)

La démocratie, c'est pas au Leclerc

Brève
22/05/2009

Le 19 mars, journée de grève nationale, pour la première fois au magasin Leclerc d'Ibos(600 salariés), 50 personnes ont fait grève et ont participé à la manifestation à Tarbes (30000 personnes selon les organisateurs).

Certains ont même eu l'idée d'une banderole basée sur la pub maison: "Leclerc, les prix les plus bas", mais en barrant le mot "prix" pour le remplacer par "salaires". Une photo de la banderole était en première page du journal local.

Le lendemain, la patronne et les chefs convoquaient les manifestants un par un pour leur faire la morale: " ils salissaient l'image de Leclerc, ils n'avaient qu'à aller voir à LIDL".

Mais ça ne s'est pas arrêté là. La direction a réuni en "conclave" ses chefs et les délégués maison avec engagement écrit de ne rien dire de cette réunion. Il en est sorti trois noms de ceux qui étaient considérés comme meneurs. Ils sont convoqués vendredi 22 mai pour un entretien préalable en vue d'un licenciement économique.

C'est bien évidemment un prétexte bidon : tout le monde sait que la famille qui possède les 4 Leclerc du département ainsi que celui de Pau est une des plus grosses fortunes du département, et que chaque année elle est citée en tête au palmarès des plus gros chiffres d'affaires.

La vraie raison, c'est qu'ils ont dénoncé les salaires et les conditions de travail, ce qui est inadmissible pour ces patrons qui voudraient régner en maître sur leurs employés.

Mais, ils n'ont pas dit leur dernier mot...

Toulouse (31)

Freescale : fermeture pour cause de profits

Brève
28/04/2009

La fermeture de l'unité de production de Freescale de Toulouse concerne 900 personnes qui s'ajoutent aux 250 salariés du secteur téléphonie. Sans compter les conséquences pour l'emploi des travailleurs sous-traitants.

Pourtant ces derniers mois il y a déjà eu 170 suppressions de postes, le blocage des salaires, du chômage partiel. L'annonce brutale de la fermeture démontre que ces mesures ne visaient pas à sauvegarder l'emploi, tout comme les 20 millions d'euros d'aides publiques que Motorola et Freescale ont obtenu ces dix dernières années. Il ne s'agissait que de générer encore plus de profits. D'ailleurs Freescale se porte bien avec 1,4 milliard de dollars en caisse.

Et bien, ce n'est pas aux travailleurs de payer indéfiniment les pots cassés, les profits accumulés doivent servir à préserver les emplois.

Colomiers (31)

Les travailleurs handicapés de l'YMCA réclament leurs 10 %

Brève
28/04/2009

A l'appel de l'association Droit Solidarité Handicap, 150 travailleurs handicapés de l'YMCA ont arrêté le travail mercredi 22 avril. Ils ont manifesté l'après-midi jusqu'à la mairie de Colomiers. Et le lendemain, à une quarantaine, ils sont allés au salon de l'Autonomie à Toulouse où une sous-secrétaire d'État a bien été obligée d'entendre leur mécontentement.

Une circulaire gouvernementale du 1er juillet 2008 impose que les semaines de travail de 35 h soient payées 35 h et tant pis pour ceux qui auparavant travaillaient 39 h et ont bénéficié du passage à 35 h.. Cela représente 10 % en moins sur les feuilles de paye depuis novembre 2008. C'est d'autant plus scandaleux que ces travailleurs, sous prétexte qu'ils sont handicapés et qu'ils bénéficient de l'AAH (Allocation Adulte Handicapé), ne touchent même pas le SMIC.

Ils ont raison de se battre.