Airbus (Toulouse) :  La crise dans l’aéronautique c’est d’abord la guerre contre les travailleurs.

Echo d'entreprise
28/04/2020

La crise dans l’aéronautique est annoncée. C’est la crise pour les compagnies aériennes qui disparaissent ou font la manche auprès de leur Etat. Mais c’est aussi la crise à venir pour leurs fournisseurs comme Airbus. Et face à cette crise, ce sont aux travailleurs de la filière aéronautique que les patrons d’Airbus et des entreprises sous-traitantes veulent présenter la note : une filière qui représente au moins 70 000 emplois rien que sur la métropole toulousaine avec Airbus, Safran, ATR, Thalès, Alenia Space... et des dizaines d’autres entreprises.

Après 4 jours de fermeture, Airbus a très vite cherché à faire reprendre le travail, en particulier dans les ateliers. Avec l’approbation de certains syndicats, la direction a imposé un accord qui a fait que crise ou pas, elle y perde le moins possible. Cet accord prévoit : le vol de quatre jours pris sur les congés de fin d’année ; 10 jours appelés Covid19 qu’il faudra rattraper d’ici juin 2021 en heures supplémentaires ou en samedis travaillés mais sans les primes, pour ceux qui n’ont pas travaillé les semaines 13 et 14 mais qui ont été payés ; 10 jours de congés payés ou pris dans d’autres compteurs ; des semaines de chômage partiel, peut-être jusqu’à fin octobre, suivant les besoins de la production, avec moins 8 % du net.

Aujourd’hui, la reprise est aussi à l’ordre du jour dans les bureaux. Mais comme il faut tout de même respecter les règles sanitaires, il est question d’équipe blanche, rouge, bleu, pour travailler sur site certaines semaines, en télétravail pour les autres… mais dans un simulateur de vol où il faudrait être trois pour travailler correctement, comment fait-on seul ?

Après avoir demandé à toute la chaîne des fournisseurs de réduire leur production de 30 %, les patrons d’Airbus utilisent la guerre contre le virus pour intensifier la guerre contre les milliers de travailleurs sous-traitants. Au Bureau d’Etudes, vendredi 24 avril, suite au courrier du PDG, il a été recommandé d’interrompre tous les contrats de sous-traitance. Dans certains secteurs, cela a été fait tout de suite. Dans d’autres, cela se fera à la date de fin du contrat. Sur les chaînes de montage, en plus des intérimaires qui ont en partie « disparu », il y a aussi des travailleurs sous-traitants in situ, qui s’occupaient de certains postes, et qui ont laissé la place à des ouvriers Airbus. Ce sont des milliers de suppressions d’emplois qui se profilent. Daher, un sous-traitant, dont l’actionnaire principal est classé 140ème sur 500 en 2019 selon le magazine Challenges avec une fortune de 680 millions d’euros, menace de se débarrasser de 3 000 salariés en France dont 1300 CDI.

Ce climat d’incertitude sur l’avenir pèse sur l’ambiance au travail, en plus des circonstances liées à l’épidémie. Et il y a les menaces réelles sur les emplois qu’évoque sans le dire clairement le PDG. Dans un courrier aux accents alarmistes aux 135 000 salariés du groupe, il se fait menaçant au nom de la « survie d’Airbus » en envisageant « des mesures de plus grande envergure à cause de l’ampleur de cette crise et de sa durée probable ». Mais il apparaît clairement à bon nombre de travailleurs que « l’esprit d’entreprise » que le patron utilise à toutes les occasions, cache mal la réalité de l’aggravation de l’exploitation. Beaucoup de discussions vont dans ce sens, et il n’est pas dit que tout cela passe comme une lettre à la poste.

Hôpital de Saint Girons (CHAC) - Ariège :  Pendant la crise sanitaire, les attaques continuent.

Echo d'entreprise
11/04/2020

Pour réaliser des économies de personnel, les directions successives de l’hôpital avaient décidé de dénoncer l’accord local des 35h qui permettait au agents de récupérer sous forme de RTT le temps de travail au-delà de 35h. Et contre cette attaque, pendant plusieurs mois, le personnel hospitalier, à l’appel de la CGT, a réagi par des débrayages, des rassemblements, des interpellations de la direction ou de l’ARS.

Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire, alors que des patients malades du coronavirus sont soignés dans l’établissement, la direction du CHAC compte appliquer son plan de réorganisation du temps de travail. Pourtant, le président de la république a déclaré le 16 mars : « J’ai décidé que toutes les réformes en cours seraient suspendues ». Quant au ministre de la santé, il a déclaré le 8 avril: « jusqu’à nouvel ordre la totalité des plans hospitaliers sont évidemment suspendus….. ».

Malgré cela, les grilles informatiques de gestion du temps de travail ont été changées. En particulier la pause méridienne est décomptée du temps de travail : cela se traduit par exemple pour un agent qui travaille 12h, de n’avoir plus que 11h30 de temps de travail pris en compte. Sur une semaine les agents perdent 2h30 ce qui se traduit par des RTT en moins. De plus, comment quitter le service pour prendre effectivement cette pause, comment ignorer les sonnettes des patients, alors que les effectifs sont insuffisants ? Il faut beaucoup de cynisme à la direction, pour estimer que c’est possible. Elle espère sans doute que la crise sanitaire fera taire les travailleurs de l’hôpital, qui veulent bien être considérés comme des « héros », mais pas être pris pour des « sacrifiés ».

Aéroport de Toulouse-Blagnac :  là aussi, des irresponsables aux commandes !

Echo d'entreprise
08/04/2020

L’aéroport Toulouse Blagnac fonctionne actuellement au ralenti avec seulement quelques vols par jour. La plupart des salariés sont confinés, en télé-travail ou en chômage partiel. Mais pendant toute une période avant et après le début du confinement, alors que beaucoup travaillaient, aucune mesure de protection particulière n’a été mise en place. Et cela alors qu'à lépoque, des milliers de passagers venus de partout arrivaient ou débarquaient. De nombreux exemples en témoignent.

Les agents de sûreté d’ITS et de Seris ont dû contrôler et effectuer les palpations du personnel entrant en zone réservé et des passagers sans masque ni gel. La seule « barrière » mise en place était le contrôle... par derrière. Et au début du confinement, Aéroport de Toulouse Blagnac (ATB : la société qui gère l’aéroport) avait même interdit aux agents de sûreté de porter des masques qu’ils avaient amenés !

Des agents de City One sont chargés de l’accueil des passagers au PIF et de ramener les barquettes sur les piles. Alors qu’ils manipulaient à longueur de journées ce qui était touché par les passagers, ils ne disposaient eux non plus d’aucune protection. Sur les vingtaines d’agents affectés à ce travail, il y a au moins un hospitalisé atteint du coronavirus et un autre malade qui en a de nombreux symptômes... Pour les autres agents de City One qui sont chargés, entre autres, de rassembler les chariots à bagages destinés aux passagers, là aussi rien ! Dans beaucoup de supermarchés, les poignées des caddies sont systématiquement désinfectées après chaque utilisation ; rien de tout ça à l’aéroport !

Les agents de nettoyage d’Onet et d’Arcade, n’ont eu aucune consigne particulière et aucun produit différent pour désinfecter l’aéroport. Et eux qui étaient en première ligne contre le virus n’ont reçu aucune protection particulière. L’un d’eux, travailleur d’Arcade, est malade avec les symptômes du covid19, peut-être victime de cette irresponsabilité.

Ni ATB, ni les compagnies, ni les sociétés d’assistance, ni les agences de location de voitures n’ont jugé bon de protéger les salariés qui travaillaient derrière les comptoirs. A peine quelques protections ont-elles été installées derrières quelques banques d’enregistrement. Chez le moindre buraliste de quartier, on peu trouver un panneau en plexiglas pour protéger les vendeurs ; mais dans un aéroport conçu pour recevoir des dizaines de milliers de passagers par jour, ce n’était pas prévu.

Même après le début du confinement, aucune mesure n’a été prise par ATB pour organiser la restitution des bagages sur les tapis. Les passagers  continuaient à s’agglutiner pour récupérer leurs bagages. Pour maintenir l’ouverture des marchés de plein vent, les maires ont installé des barrières, fait du marquage au sol pour maintenir les distances de sécurité mais ATB s’est contenté… d’une affichette !

ATB est le principal donneur d’ordres dans cet aéroport. Et il a clairement donné le mauvais exemple à tous les patrons ayant des entreprises sur l’aéroport : même avec le virus, les affaires doivent continuer comme avant !

Altran - Blagnac (banlieue toulousaine) :  les profits d’abord

Echo d'entreprise
07/04/2020

L’entreprise Altran, multinationale de l’ingénierie, à profits multimilliardaires et sous-traitante de l’aéronautique à Toulouse, a décidé d’interrompre la période d’essai de 16 salariés pendant le confinement. Ils ont appris cette décision par… une lettre recommandée ! Certains de ces travailleurs, qui avaient démissionné de leur ancien travail, se retrouvent ainsi sans emploi et sans droit au chômage.

L'inspection du travail a indiqué que la rupture de ces périodes d'essai n'était pas « juridiquement fondée ». Mais ce n’est pas la première fois que les patrons d’Altran s’assoient ainsi sur la loi. En janvier 2018, ils avaient été condamnés en appel à payer près de 10 millions d'euros d'heures supplémentaires à 300 ingénieurs. Et cela n’a pas servi de leçon.

Aujourd’hui Altran répond à une baisse de son activité par des licenciements à peine déguisés. L’épidémie actuelle n’efface pas la réalité de la lutte des classes : non, il n’y a pas d’unité nationale, il y a bien deux camps, et celui des travailleurs n’a d’autres choix que de s’opposer collectivement à la dictature du patronat, s’il veut faire respecter ses droits.

Perpignan :  Les travailleuses de l'aide à domicile envoyées au casse-pipe

Echo d'entreprise
07/04/2020

La situation dans l’aide à domicile et les services à la personne est tendue depuis le début du confinement. Une salariée d'une association de Perpignan témoigne:

« Comme ni les salariés ni les personnes chez qui ils interviennent ne sont testés au coronavirus, on travaille à l’aveugle, en faisant prendre des risques à tout le monde. Nous manquons cruellement de masques, de blouses jetables, de tout le matériel nécessaire pour intervenir en toute sécurité auprès de personnes parfois vulnérables. Cette situation peut favoriser la propagation du virus, dans un sens ou dans l’autre. On part au travail avec la boule au ventre. On a peur d’être contaminées ou de contaminer des gens fragiles.

Dans ce contexte la direction n’a trouvé la semaine dernière à nous proposer que quelques masques en tissu, fabriqués par des bénévoles, et bien sûr non-homologués. Au lieu de se démener pour nous trouver du matériel efficace, elle a sauté sur l’occasion de faire quelques économies et a même eu le culot de justifier cela en essayant de nous convaincre que c’était « mieux que rien ».

Pour la direction, la santé des travailleurs et celle des usagers ne vaut donc pas grand-chose, à peine « mieux que rien », et surtout moins que ses économies de bout de chandelle. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Nous nous sommes réunis et nous avons décidé d’une réaction collective si le matériel nécessaire n'était pas arrivé lundi. On nous a finalement annoncé lundi qu'on n'aura que quatre masques par semaine, et qu'il faudra les laver après utilisation…

De plus, vu la baisse d'activité, la direction fait pression pour qu'on prenne sur nos congés, là encore pour faire des économies sur notre dos ; mais le confinement, c'est pas les vacances ! Nous n’acceptons pas que la vie des travailleurs et celles des usagers soit si peu considérée. Ce n’est pas à nous de payer pour la politique d’économie de la direction et des financeurs qui sont derrière, une politique qui ne date hélas pas d'aujourd'hui. »

AIRBUS (Toulouse) :  un « accord » qui met tout le monde d’accord... contre lui.

Echo d'entreprise
03/04/2020

En deux semaines de « reprise de l’activité », il y a tous les cas de figures sur les chaînes de montage : les ouvriers Airbus en arrêt maladie, ceux qui sont en garde d’enfants, ceux qui sont grandement sollicités par les chefs pour venir travailler, ceux qui ne le sont pas du tout, ceux qui sont « volontaires » craignant pour leur emploi ; et il y a ceux qui comme la plupart des intérimaires et sous-traitants, n’ont pas leur mot à dire et sont contraints de s’aligner sur les désidératas de la direction d’Airbus.

Et bien l’accord qui vient d’être signé entre Airbus et FO-CGC-CFTC a mis tout le monde d’accord : car il s’agit d’une attaque en règle contre tous, et cela pour protéger les finances des actionnaires d’Airbus. Prétendument « pour ne pas perdre trop de salaire », TOUS les salariés devront prendre dix jours de congés entre lundi 6 avril et le mois de juin, comme si le « confinement » ce pouvait être des vacances. Quant au chômage partiel, il sera indemnisé à 93 % (dont 84 % par l’état, c’est à dire nos impôts). Mais pour les milliards de profits dégagés depuis des années, là, pas touche, c’est la seule chose qui est intouchable.

Lorsque les ouvriers ont été informé de cet accord par leurs les chefs, un certain nombre en ont entendu des vertes et des pas mures.

Il y a sans doute une guerre contre l’épidémie, mais dans cette guerre il y aussi deux camps aux intérêts opposés. Et ceux qui signent de tels accords ne sont pas dans le nôtre.

Télécom Montpellier, Marché-Gare :  Marche ou crève...

Echo d'entreprise
31/03/2020

Un agent d’une entreprise extérieure travaillant pour Orange, s’est plaint à sa direction d’être obligé d’aller chez les clients sans aucune protection : pas de gants, pas de masques, pas de gel hydro-alcoolique.

Quand il a demandé à sa hiérarchie s’il pouvait faire valoir son droit de retrait la réponse a fusé immédiatement :"Et comment vas-tu arriver à payer ton loyer ?"

AIRBUS Toulouse :  Cynisme patronal !

Echo d'entreprise
30/03/2020

Un des dirigeants d’Airbus (de Marignane) a sorti une note adressée aux salariés pour les rassurer quant aux mesures de protections prises dans ce contexte d’épidémie. Il s’agit bien évidemment d’inciter les travailleurs à rejoindre leur poste.

Il ne cache pas qu’il s’agit de « Répondre à l’appel de nos clients, notamment pour nous : armée et marine françaises, armée allemande, qui sont déjà sur site pour réceptionner leurs machines… le besoin et la demande de renouvellement sont donc là ». On le voit toutes sortes de choses bien inutiles dans la « guerre contre le virus ».

Pour ce qui est des mesures sanitaires il ose écrire : « Je ne conçois pas les prophéties apocalyptiques qui sont tenues, les prétextes solitaires de désengagement et les demandes de surprotections inadaptées alors qu’en temps normal vos superviseurs et moi devons insister pour que certains mettent leur EPI adapté ». Bref pour lui, ceux qui ne viennent pas travailler, c’est parce que ce sont des fainéants qui se cachent derrière le risque sanitaire. La continuation du travail c’est pour « éviter que l’inertie se transforme en banqueroute ».

Nous faisons grâce du passage sur « l’esprit de famille ». Quant à sa conclusion, elle empeste le cynisme patronal : « Bien évidemment c’est ma vision, mais j’ose espérer que notre équipe n’est pas composée d’une majorité de nombrilistes ineptes mais au contraire de personnes clairvoyantes comme je le pense. Je comprends que l’attente confinée est longue et anxiogène mais n’en rajoutez pas et garder la tête froide Je compte donc sur vous pour reprendre avec envie et décomplexés. »

Cynique et insultant. Car qui sont « Les nombrilistes ineptes ? », sinon ces irresponsables qui ont une banque à la place du cerveau ! La moitié de l’humanité est confinée, et eux ils défendent les intérêts de quelques planqués capitalistes, … en envoyant les travailleurs au front.

Ces industriels, ces capitalistes et leurs serviteurs en or, sont un vrai danger pour les travailleurs et la population.

Toulouse :  Profit-virus chez Continental

Echo d'entreprise
29/03/2020

Les grands manitous du groupe international Continental viennent d’adresser aux salariés une note alarmiste. Evoquant les difficultés actuelles entraînant « une baisse drastique des ventes », ils avouent que leurs « principales priorités incluent la sécurisation de nos résultats et de notre trésorerie. » Ils sont « entièrement concentrés sur nos priorités commerciales ». Le fait que la moitié de l’humanité soit confinée, ne les empêche pas de penser à la banque qu’ils ont à la place du cerveau. C’est ça le cynisme du capitaliste : « mon pognon avant tout »

Dans cette note, les directeurs du groupe menacent directement les travailleurs : « … nous sommes sur le point de mettre en œuvre des contre-mesures qui exigeront de nous tous des sacrifices ». Quand tout va bien les patrons ne lâchent rien et ne partagent rien. Mais quand ça va mal, ils veulent bien partager… les sacrifices, et avec des trémolos dans la voix sur « la viabilité future de notre entreprise. » Tout d’un coup, quand il s’agit de sacrifices, l’entreprise est aussi « la nôtre ». S’il y a quelque chose à sacrifier ce sont les profits qu’ils ont accumulé grâce aux travail des salariés.

A Toulouse, jusqu’à aujourd’hui l’usine est arrêtée. C’est une bonne chose, car c’est que nous supplient de faire les soignants : « restez chez vous ! ».

Alors pourquoi la direction veut-elle redémarrer deux lignes de production avec des « volontaires » ? Pourquoi veut-elle, ensuite, augmenter encore l’activité ? Pour se justifier d’une telle décision elle invoque la demande de clients. C’est un aveu : en réalité elle ne veut pas perdre des parts de marché pour après l’épidémie. La santé des profits de ces « planqués capitalistes de l’arrière » passe avant la santé des « soldats ouvriers volontaires » qu’elle envoie au front.

Pas d’accord !

Labinal - Villemur-sur-Tarn (banlieue toulousaine) :  Accepter la logique patronale ? Pas d’accord !

Echo d'entreprise
27/03/2020

Dans cette entreprise de câblage aéronautique (groupe Safran) de 500 salariés, qui travaille notamment pour Airbus, la direction a décidé la réouverture de l’usine en assurant les salariés que les conditions de sécurité seraient scrupuleusement respectées : nettoyage des outils et des postes, distances de sécurité, deux équipes, etc. Et avec l'aide et le soutien de plusieurs syndicats qui ont décidé d’accompagner la volonté patronale, tous les jours les salariés sont invités à donner leur avis sur « les conditions sanitaires » : bonnes, moyennes, mauvaises. L’enquête du 26 mars (sur 8 réponses !) donne 50% de « mauvaises ».

En fait la seule question qui se pose ce n’est pas celle de la qualité des conditions sanitaires mises en œuvre par le patron, mais plutôt : « pourquoi maintenir le travail de câblage alors que les personnels de santé nous supplient de rester confinés ? » ; ou « pourquoi utiliser masques, gels, tenues spéciales, pour faire du câblage, alors que ce type de matériel manque dans les hôpitaux, les Ephad, les supermarchés, qui eux sont vitaux pour la société ».

En réalité ce que le patron veut faire admettre en mettant en discussion les « conditions sanitaires » du travail, c’est le préalable qui ne souffre pas de discussion : « il faut venir travailler ».

Et pourquoi ? Pour garder les marchés, pour rester bien placé face à la concurrence après l’épidémie, en un mot ce sont les profits de Labinal-Safran qui priment sur tout le reste.

La meilleure des conditions sanitaires c’est de ne pas venir au travail. Point ! Labinal-Safran a les moyens de payer 100% du salaire à tous : aux actionnaires de puiser dans leurs coffres-forts bien remplis. Il paraît qu’on est en guerre ; alors que les planqués capitalistes de l’arrière arrêtent d’envoyer au front du travail les travailleurs, pour préserver leurs profits futurs.