Toulouse :  Comment on travaille à l'aéroport de Toulouse

Echo d'entreprise
26/03/2020

À Blagnac comme dans tous les aéroports du pays, le trafic est considérablement réduit. Après les malades, les premières victimes sont les plus précaires, les intérimaires, les CDD et les contrats pro, qui ont été coronavirés. Aucune raison de l’accepter, s’il y a moins de travail, il faut le partager entre tous et maintenir les salaires. Et les coups bas, eux, ne sont pas confinés : la direction d'ATB veut rogner les congés et imposer une semaine de RTT fin mars-début avril. C'est le cas dans beaucoup de compagnies et de sociétés de l’aéroport. Peut-être que pour eux, être confinés dans leurs propriétés, ressemble à des vacances, mais ce n’est pas pareil pour ceux vivent dans quelques dizaines de mètres carrés. Sans compter que si avec le chômage partiel, les patrons ne payent rien, les salariés ne toucheront que 84% du salaire de base net et les primes seront impactées.

Les agents de sûreté d’ICTS et de Seris qui travaillent encore sont directement au contact du personnel pour les premiers, des passagers pour les seconds. La seule mesure de sécurité qui leur est demandée est de contrôler en se plaçant derrière les personnes. Pour se protéger, ils ont leurs gants habituels mais pas de masques et pour beaucoup, même pas de gel. Ils peuvent voir si une personne transporte une arme, mais si c’est le virus, il peut passer tranquille ! Les agents de nettoyage d’Onet et d’Arcade sont en première ligne dans le combat contre ce virus qui peut se déposer partout. Pourtant, ils utilisent toujours les mêmes produits, n’ont que leurs gants de travail et pas de masque pour se protéger. Leurs patrons disent qu’ils n’en ont pas besoin. Cela donne envie d'aller leur postillonner à la figure pour qu’ils en fournissent !

Si tous ceux qui travaillent à l’aéroport ne sont pas en contact direct avec les passagers, ils sont dans un environnement où passent des milliers de personnes, avec le risque de contamination. Le gouvernement qui demande aux salariés d’aller sur leur lieu de travail n’impose pas aux patrons de prendre des mesures strictes de précaution. Il est visiblement davantage préoccupé de la santé des entreprises que de celle des travailleurs.

Perpignan - Services à la personne :  Un témoignage

Echo d'entreprise
26/03/2020

Sur Perpignan de nombreuses associations travaillent dans l’aide à la personne, employant des centaines de salariés. Voici le témoignage de l’un d'entre eux.

« Les 16 et 17 mars, au début du confinement, c’était la pagaille totale dans les services d’aide à domicile. Aucune organisation n’avait été mise en place pour instaurer des priorités et pour assurer la sécurité du personnel. Ainsi les interventions de confort (ménage chez des particuliers valides) avaient été maintenues. Les directions faisaient pression sur les salariés, ainsi que les petits chefs, toujours aussi arrogants et autoritaires. Ils ont bien été obligés de revoir les plannings d’interventions quand les arrêts-maladies et les absences pour garde d’enfants sont arrivés sur leur bureau.

Les informations sont arrivées au compte-gouttes, tout comme le matériel de protection : un masque et deux paires de gants pour une journée ! Quand la solution hydro alcoolique manquait, la direction improvisait en fournissant du Dakin (un antiseptique) mélangé avec de l’eau, et a demandé aux aides à domicile de venir avec une petite bouteille plastique… Dans une association, il y a bien un bidon de gel, mais il n’est pas distribué car il n’y a pas de pompe !

Nous avons à gérer des situations inédites : une personne chez qui nous intervenons est positive au Covid-19. Nous devons faire ses courses, ce qui est normal, mais la direction n'a rien mis en place pour nous protéger ! Les collègues sont très inquiets pour leur santé et celle de leurs proches.

Comme d’habitude, la première préoccupation de nos employeurs, c'est la facturation des heures d'intervention pour faire rentrer l’argent, en nous faisant trimer. Mais nous ne devons pas y laisser notre santé ! Alors nous nous organisons sur notre groupe Whatshap spécialement créé pour rester en relation et riposter collectivement. Notre santé est plus importante que leur fric ! »

Labinal Safran – Villemur-sur-Tarn (31) :  Chantage au salaire

Echo d'entreprise
25/03/2020

Depuis le début de la semaine l’activité a mollement repris dans cette entreprise (groupe Safran) sous-traitante de l’aéronautique qui emploie 500 salariés dans la banlieue de Toulouse. Une partie des travailleurs est désormais répartie en deux équipes qui ne se croisent pas, travaillant 30 heures par semaine. Les 6 heures restantes sont payés en chômage partiel, à 84% du salaire net. C’est à dire que les travailleurs vont au travail pour perdre sur leur salaire déjà pas bien lourd. Alors que les profits de Safran pour 2019 ont augmenté de 34,5%, le patron de Labinal a royalement augmenté les salaires de… 0,7%, une misère. Bref, le patron compte sur le bas niveau des salaires pour convaincre les salariés de reprendre le chemin du travail

Pour les congés et la banque de temps, il est clair qu’ils ne sont pas intouchables. Quant au travail qui est grandement réduit dans les faits, chacun est invité à nettoyer son poste de travail en le quittant. Mais il n’y a pas de masques et les seuls gants utilisés sont les mêmes que d’habitude. Bref ça râle dans les chaumières et beaucoup estime que leur travail n’est pas « vital » pour justifier de telles prises de risque pour eux et leurs proches, d’autant qu’il n’y a plus de câblage ni de transporteur. Certains disent que s’il s’agissait de fabriquer des respirateurs ou des masques, ils seraient prêts à travailler, mais pour faire de l’avance pour les avionneurs, ça n’a aucune justification.

Les syndicats « exigent » de la direction un document écrit, garantissant que toutes les mesures de sécurité sont respectées. Comme si un bout de papier suffisait à rassurer ceux qui n’ont aucune confiance, à juste titre, dans les parasites capitalistes. Accompagner le patron dans sa gestion de la crise sanitaire c’est être dans l’autre camp.

Muret (31) et Toulouse (31) :  Un portefeuille à la place du cerveau

Echo d'entreprise
25/03/2020

Les 14 radiologues du groupe "Occitanie-Garonne" dirigent quatre centres de radiologie, à Muret, Rieux-Volvestre, clinique d'Occitanie (Muret) et Médipôle (Toulouse), plus un call-center, et emploient une centaine de salariés.

C’est dire que les « activités » de ces patrons radiologues sont très juteuses et leur permettent de toucher dans les 30 fois le smic.

A l’occasion de l’épidémie qui réduit leur possibilité de faire du fric, ils invitent les salariés à faire des "sacrifices", et leurs demandent de solder tout de suite tous leurs congés et de se tenir prêts, dès la reprise des activités. Dans la situation actuelle, où beaucoup d’infirmiers, de soignants et de médecins de la clinique se consacrent pleinement à la lutte contre le Covid19, ces radiologues se préoccupent avant tout de leur portefeuille, déjà bien rempli. Ce qui les inquiète ce n’est pas tant la catastrophe sanitaire qui se développe, mais leurs bénéfices qui risquent d’être écornés.

A croire qu’ils ont prêté le serment de Cupidité !

Liebherr Aerospace - Toulouse :  Un actionnaire toujours à l’attaque contre les travailleurs

Echo d'entreprise
25/03/2020

Cette entreprise qui fabrique des composants et des systèmes pour l'industrie aéronautique et ferroviaire emploie 1500 personnes sur la région toulousaine. L’actionnaire a passé une bonne année 2019 : une fois les investissements, les provisions et le versement de la participation réalisés, les bénéfices nets devraient s’élever à plus de 87 millions d’euros. Cela ferait pour les 1500 salariés plus de 58 000 euros par personne. Mais pas question de laisser la concurrence prendre des parts de marché lorsque la période actuelle de baisse d’activité sera derrière nous. Alors, si l’usine a été arrêtée quelque temps, il question qu’elle reprenne dès jeudi 26, à l’exemple d’un de ses donneurs d’ordre Airbus.

Les chefs cherchent des « volontaires » pour travailler en équipe avec le quart de l’effectif. Pour les conditions du chômage partiel ou les prises obligatoires de congés, c’est encore à l’étude, mais soyons sûr que ça ne coûtera rien au patron, contrairement aux travailleurs. Quant aux conditions de sécurité dans cette période d’épidémie, elles sont loin d’être convaincantes pour les travailleuses et les travailleurs : les « volontaires » ne se bousculent pas.

L’actionnaire qui a les poches pleines pourrait payer à 100% ses salariés confinés. Mais il ne faut pas rêver : si dans ses discours il joue au philanthrope, lorsqu’il a été question d’augmentations de salaire lors des négociations en février, le philanthrope a montré qu’il avait une banque à la place du cerveau. Cela a d’ailleurs entraîné des débrayages pendant plusieurs jours.

Alors, virus ou pas virus, sa préoccupation reste celle d’un capitaliste prêt à prendre le risque de sacrifier la santé des salariés.

Aéroport Toulouse Blagnac :  Comme partout c’est le profit-virus qui fait la loi

Echo d'entreprise
25/03/2020

La société qui gère l’aéroport, Aéroport Toulouse Blagnac, est détenue à 49 % par Eiffage (qui vient de racheter ses parts à un consortium chinois) et à 50,1% par la CCI, Toulouse Métropole, la région, le département et par l'État. Au total, plusieurs milliers de travailleurs sont employés par ATB, les compagnies aériennes et les dizaines d’entreprises sous-traitantes (sûreté, assistance, bagagistes, pompiers, nettoyage, etc...)

Comme dans tous les aéroports du pays, le trafic est considérablement réduit. En plus du chômage partiel, la direction d’ATB cherche à imposer une semaine de RTT fin mars-début avril. Quant aux intérimaires, CDD et contrats pro, largement employés par les entreprises sous-traitantes, ce sont les premières victimes.

Air France appelle l’État à son secours. Et les dernières déclarations du ministre de l’économie montrent que le gouvernement s’apprête à satisfaire la compagnie. Quand les affaires vont bien, l’État arrose de cadeaux le patronat et quand les affaires vont mal, l’État vient au secours des actionnaires. Par contre, beaucoup de compagnies aériennes et de sociétés de l’aéroport, n’hésitent pas à demander aux agents de prendre sur leurs congés. Les sacrifices c’est pour les soldats du front, pas pour les décideurs, planqués à l’arrière.

Par exemple, les agents de sûreté d’ICTS et de Seris sont directement au contact du personnel pour les premiers et des passagers pour les seconds. La seule mesure de sécurité qui leur est demandé est de contrôler en se plaçant derrière les personnes. Pour se protéger, ils ont leurs gants habituels mais pas de masques et pour beaucoup, même pas de gel. Comme le dit un salarié « Si une personne transporte une arme ils peuvent le voir, si c’est le virus, il peut passer tranquille ! ».

Les agents de nettoyage d’Onet et d’Arcade, eux, sont en première ligne dans le combat contre ce virus qui, comme on nous le dit, peut se déposer partout. Pourtant, ils utilisent toujours les mêmes produits, n’ont que leurs gants de travail et n’ont eux non plus pas de masque pour se protéger. Et leurs patrons leur disent sans honte… qu’ils n’en ont pas besoin.

Perpignan - Carrefour Claira :  La santé des profits avant tout

Echo d'entreprise
23/03/2020

Comme un tract de la CGT l’a dénoncé, Carrefour ne se contente pas d’alimenter le public.

Profitant du fait que les enseignes spécialisées type Boulanger, Darty ou Castorama étaient fermées, le magasin attire les clients dans les rayons électroménagers, hi-fi ou bricolage. Ces rayons sont donc remplis… par du personnel qui vient pour ça et met sa santé en danger alors qu’il devrait rester confiné, ou à la limite travailler pour l’alimentaire.

La morale et les consignes que le gouvernement et les médecins délivrent ne s’appliquent visiblement pas aux marchands comme Carrefour, pour qui la santé des profits passe avant la santé de ses salariés !

Perpignan - Carrefour Claira :  Pour le PDG, la vie d'un employé vaut 1 000 euros

Echo d'entreprise
23/03/2020

Après l’annonce d’Auchan du paiement de la prime de 1 000 euros à ses employés en poste, Bompard, le PDG de Carrefour, s’est fait inviter au journal de 20h dimanche sur FR2 pour faire la même annonce.

Après du blabla et des grandes phrases pour féliciter les « équipes » qui sont au travail pour le bien de la collectivité, Bompard a voulu apparaitre comme le bienfaiteur en ces temps difficile. Mais 1 000 euros (défiscalisés…) pour risquer sa vie en allant au boulot, ce n’est pas cher payé !

Et il n’a pas rappelé tout ce que lui et ses prédécesseurs ont imposé ces dernières années aux « équipes », c’est-à-dire aux travailleurs : réduction d’effectif, dégradation des conditions de travail, participation au rabais et salaires minables. Pas rappelé non plus qu’en ce moment, Carrefour, comme les autres enseignes qui ont pu rester ouvertes, faisait un maximum de chiffre d’affaires.

Ecœurant !

Airbus - Toulouse :  La colère monte d’un cran

Echo d'entreprise
22/03/2020

L’inquiétude des salariés est grande dans les usines de Toulouse où l’activité est arrêtée depuis une semaine, car il est question de reprendre le travail à partir de mardi 24. La direction assure que les outils, tablettes, machines ont été désinfectés pendant l’arrêt. Mais personne ne sait quelle société a fait ce travail ni dans quelle condition. Elle affirme aussi que cette désinfection sera également réalisée entre les deux nouveaux horaires (6h-12h et 15h-21h), c’est à dire pendant les trois heures d’intervalle, dès mardi prochain. Mais comment croire cela ? Elle affirme également qu’elle a 20 000 masques pour les salariés, alors qu’il en manque dans les hôpitaux et les EPHAD, les aides à domicile, et les caissières de supermarché. Mais manifestement Airbus passe avant.

Bref, en plus de l’inquiétude, c’est la colère qui monte. A la fois elle se veut rassurante en disant aux ouvriers que s’ils ont une amende en venant travailler mardi, c’est Airbus qui règlerait la note. Et dans le même temps, elle fait un chantage aux salaires et aux heures supps : elle annonce que les heures non faites après la reprise de mardi seront rattrapables en heures supps, et cela jusqu’en décembre. Quant aux congés payés et à la banque de temps, ils ne sont plus intouchables. Par ailleurs, pour les ouvriers qui font valoir leur droit à garder leurs mômes, il arrive qu’Airbus oublie d’avertir la CPAM.

La direction demande à ses chefs de créer des groupes Whatsapp sur leur secteur. Officiellement c’est pour rassurer les ouvriers, en réalité c’est pour les convaincre de venir travailler un point c’est tout, et souvent en mentant effrontément. Par contre dans les groupes Whatsapp que des ouvriers ont créé entre eux, c’est un vrai dégoût qui s’exprime contre cette irresponsabilité patronale. Si c’était pour venir fabriquer des respirateurs ou des masques ou du gel, des volontaires il y en aurait. Mais pour faire du montage d’avions, qui pour l’instant ne volent plus vraiment, où est l’intérêt en dehors de convaincre qu’un ouvrier ça travaille quelle que soit les conditions, et ça se tait.

Au final, sur Saint-Martin où la reprise de mardi devrait se faire au volontariat, les volontaires sont rares. A l’usine de Saint-Eloi, c’est aussi soi-disant au volontariat, mais « il faut venir » disent les chefs : il y a une liste d’ouvriers requis. Mais là aussi, il y a fort à parier que les machines ne feront pas beaucoup de bruit ce mardi.