Nice

Chemins de fer de Provence : les cheminots tiennent bon

Brève
11/07/2022

Depuis plusieurs semaines déjà, les travailleurs des Chemins de fer de Provence sont en grève les dimanches et lundis. Cette compagnie, dont la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur est propriétaire, fait rouler des trains entre Nice et Digne, desservant la banlieue niçoise, mais aussi de nombreux villages isolés des Alpes-de-Haute-Provence. Si la partie niçoise est assez fréquentée, et donc rentable, aux yeux de la Région et de la Métropole Nice-Côte-d’Azur, la partie montagnarde l’est beaucoup moins. C’est bien à celle-ci qu’elles s’attaquent aujourd’hui, en fermant un départ le matin dans les deux sens et en obligeant 10 salariés à quitter le dépôt de Digne, certains pour Nice (à 150 km), les autres vraisemblablement poussés vers la sortie.

D’un côté, la Région a annoncé fin juin un plan d’investissement de 100 millions d’euros, dont les trois quarts seront en fait financés par l’Union européenne. Il prévoit notamment l’achat de nouveaux trains, la réouverture du tunnel de Moriez qui s’était effondré en 2019 et la rénovation du centre de maintenance. D’un autre côté, elle a augmenté les tarifs au 1er juillet et compte le faire à nouveau au 1er janvier. La Région fait comme l’État : faire payer les usagers, engraisser les géants comme Alstom ou Bouygues, en s’attaquant à ceux qui font tourner la ligne : les cheminots. Alors, ceux-ci ont mille fois raison de se mettre en grève pour maintenir leurs emplois et les conditions de transport.

RTM

Gouverner c’est prévoir

Brève
10/07/2022

Plus facile de se déplacer en bateau qu'en bus

L’été, la piétonisation du Vieux-Port, c’est peut-être une bonne idée... mais pas si la municipalité se contente de bloquer la circulation et... débrouillez-vous !

Faute d’anticiper les problèmes et de prévoir des aménagements, on est reparti pour le bazar des lignes déviées et des terminus improvisés dans des zones pas du tout adaptées, au milieu des bouchons.

Carros (06)

Le public et les agents n’ont pas à payer le déficit du budget municipal !

Brève
27/06/2022

Le maire de Carros, dans les Alpes-maritimes, a convoqué le personnel de la municipalité pour lui dire que les finances de la commune étaient au plus bas. Pour lui, la principale solution à envisager est de faire des économies sur son dos : ne pas embaucher de jeunes contractuels pendant l’été, supprimer les heures supplémentaires, et compresser au maximum les salaires. En cette période où tous les prix flambent, voir sa feuille de paye amputée de 100 ou 200 euros, cela reste en travers de la gorge de tous les agents municipaux.

Quant au public, dont le maire prétend être à son service, lui aussi attendra. Pour les parents les centres d’accueil ouvriront plus tard le matin pour accueillir les tout petits et certains même vont fermer. Quant aux bébés nageurs, ils attendront d’être plus grands pour apprendre à nager car la température de l’eau de la piscine va être baissée.

Face à ces économies, le personnel appelle à une journée de mobilisation pour se faire entendre et réclamer des comptes… les vrais.

Marseille

Colère au Golden Tulip

Brève
08/06/2022

Les salariés du Golden Tulip à Marseille, des femmes de chambre aux cuisiniers, entament, ce mardi 7 juin, leur troisième semaine de grève en tenant un piquet devant l’entrée de l’hôtel. Sur les 70 employés, 45 sont en grève. L’établissement est quasiment à l’arrêt.

Bien que les salaires soient faibles et, pour beaucoup, le travail à temps partiel, les grévistes, pratiquement tous syndiqués à la CGT, veulent tenir bon, et chaque jour, ils se réunissent pour discuter du mouvement.

Ils réclament une augmentation de salaire de 300 euros, la revalorisation de leur prime d’ancienneté, la généralisation de la prime de nuit, le respect du paiement et de la prise des congés (25 jours d’affilé) pour les ultra-marin(e)s afin qu’ils puissent profiter de leur famille, ce que leur refuse la direction pour la troisième année consécutive.

Avec l’augmentation des prix, « la fin du mois commence de plus en plus tôt » souligne une des grévistes. Du côté des femmes de chambre, la pression de la direction pousse les employés à en faire toujours plus : « Quand en moyenne, on doit faire 12 chambres durant un service, on peut nous en donner jusqu’à 20, et ce n’est pas payé plus cher… ».

Pour le moment, la direction à Paris fait la sourde oreille, mais l'établissement marseillais n'est pas le seul en grève... Le Louvre Hotels Group (Kyriad, Campanile, Première Classe), auquel appartient Golden Tulip, est lui-même la propriété de Jingjiang, un groupe chinois, qui a pourtant réalisé, en 2020, plusieurs centaines de millions d’euros de profits : de quoi augmenter les salaires et permettre de travailler dans des conditions correctes.

Les salariés en sont convaincus, c’est par la lutte qu'ils peuvent défendre leur pouvoir d’achat et des conditions de travail acceptables.

Marseille - Algérie

La matraque et le mépris.

Brève
01/06/2022

La queue devant l'agence.

Depuis une quinzaine de jours les réservations de billets de passage en ferry vers l’Algérie ont été rouvertes par la compagnie Algérie Ferries, puis quelques jours plus tard par la compagnie Corsica Linea.

Ces réservations étaient fermées depuis deux ans. Nombre d'Algériens n’étaient plus rentrés chez eux depuis. Du fait de l'ouverture tardive des réservations, un afflux de demandes a été massif, saturant l’accès par internet qui a du coup été fermé.

Les demandeurs de toute l’Europe ont alors été renvoyés vers l’agence Marseille, vite débordée.

Ni l’agence marseillaise d’Algérie Ferries, ni les autorités locales n’ont essayé d’organiser un accueil digne. Un grand nombre de voyageurs se sont retrouvés devant les portes de l’agence, avec une ouverture au compte-goutte des bureaux. Et cela sans eau, sans toilettes, obligés pour certains de dormir dans la rue. Pour pimenter cela un bruit courait sur les tarifs des billets de passage : aller-retour d’une famille de deux adultes et deux enfants plus une voiture auraient atteint la somme de 4000€.

Des échauffourées ou des tentatives de forcer les portes de l’agence, inévitables dans ces conditions, s’y sont produites.

La seule réponse des autorités françaises : l’intervention de la police qui a gazé les gens qui refusaient de sortir après avoir fait, pour certains, la queue pendant des jours !