Marseille

EHPAD : un témoignage

Brève
21/04/2020

Je travaille comme aide-soignant en intérim. La majorité des missions se font en EHPAD.

L’agence d'intérim ne s'est pas préoccupée de savoir si je risquais de contaminer les résidents avant de m’envoyer à droite ou à gauche. Il fallait combler les trous et pour l'intérim c'était la poule aux œufs d'or.

Début avril, après ce travail, ressentant de légers symptômes je me suis fait dépister de ma propre initiative. Le résultat a été positif. Aujourd’hui en quarantaine, je me soigne mais le problème c'est que j'ai sans doute participé, sans le savoir à étendre l’épidémie auprès de personnes fragiles.

Les intérimaires comme moi ont été baladés d’établissement en établissement, au gré de l'urgence de la demande. Il est arrivé que sur un établissement nous ne soyons que des intérimaires. Pendant ma quarantaine, j'ai reçu des propositions de missions pour une seule journée, voire une matinée.

Pourquoi les directions des EHPAD n'ont-elles pas embauché des soignants et des agents d'entretien plus tôt ?

Auparavant, elles se contentaient d'encaisser des sommes considérables en dépensant le moins possible en salaires. Et là, avec cette politique , les intérimaires ont risqué d'être contaminés mais aussi de contaminer les équipes et bien sûr les résidents et les patients. Mais qui s'en souciait, les patrons des EHPAD, plus soucieux d'encaisser le plus possible ?

Ce recours à l'intérim à défaut d’avoir embauché comme le réclamaient les travailleurs de la Santé depuis des années est une des causes du nombre dramatique de décès dans les EHPAD ; même si les mesures de confinement semblaient sérieuses avec l'interdiction des visites, le confinement des patients dans leur chambre etc..

Lors de l'embauche, les directions des établissements se contentaient de prendre notre température le matin pour interdire l’accès à ceux qui avaient de la fièvre. Pourtant un grand nombre de cas sont asymptomatiques. Je ne parle même pas de la pénurie des équipements de protection à commencer par les masques ce qui a aggravé encore les risques de contamination.

Mais là, c'était et c'est encore le fonctionnement "normal" des EHPAD.

Les dernières brèves