Alger

Grève et manifestations des pompiers en Algérie.

Brève
09/05/2021

Manifestation des pompiers à Alger

 

Dimanche 2 mai, à Alger plusieurs centaines d'agents de la Protection civile, pompiers pour la plupart, avaient défilé en uniforme non loin du siège de la présidence algérienne à El Mouradia et le siège de leur direction générale.

Ils réclamaient la libération d'un des leurs, arrêté sans explication.

La marche a été violemment réprimée par la police. Des rassemblements ont eu lieu devant les unités principales de la protection civile, au cours desquelles des revendications ont été avancées.

En effet, le salaire de base d'un pompier n'est que de 15 000 dinars alors que le salaire national minimum garanti est de 20 000 dinars (un peu plus de 125 euros). Et cela alors que les produits de base manquent ce qui entraîne une flambée des prix considérable. En outre, alors que la durée légale du travail hebdomadaire est de 40 heures, les soldats du feu disent travailler beaucoup plus, voire le double, c'est-à-dire 80 heures par semaine. Les pompiers revendiquent aussi le renouvellement de leurs équipements et la réhabilitation de leur lieu de travail.

Le ministère algérien de l'Intérieur a annoncé lundi 3 mai suspendre et poursuivre en justice les manifestants :"Ces 230 agents (de la Protection civile) sont suspendus dans un premier temps, puis, dans un deuxième temps, ils seront poursuivis en justice pour avoir enfreint la loi." Ils sont accusés d'avoir enfreint le "statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de la Protection civile". Les sapeurs-pompiers, comme les policiers, n'ont pas le droit de grève ni celui de manifester.

Le ministère de l'Intérieur dénonce de son côté "une trahison des devoirs et responsabilités dans le but de déstabiliser et de discréditer ce corps de métier". Il enjoint les agents de la Protection civile, qui font partie des corps constitués, à ne pas suivre les appels "qui visent à déstabiliser cette institution".

Et pourtant ce n'est ni par plaisir ni par traitrise que ces travailleurs manifestent et se mettent en grève pour améliorer leurs conditions de travail. Ils ont, comme partout mille fois raison de se battre.

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