La Marseillaise :  Trois questions à ... Isabelle Bonnet, porte-parole régionale de Lutte ouvrière.

Article de presse
20/06/2018

Quel regard portez-vous sur les luttes sociales en cours dans le région ?

Isabelle Bonnet : la colère des cheminots est celle de bien des travailleurs. Précaires ou non, du public ou du privé, d’une petite entreprise ou d’une grande, c’est en tant que travailleurs que leur combat nous concerne. D’autres ont mené des grèves, comme les postiers qui n’en peuvent plus des tournées à rallonge, ou les salariés de Carrefour Contact menacés de licenciement. Le mécontentement est profond, c’est pourquoi les manifestations de mai ont été un succès.

Est-il encore possible d’éviter la privatisation ?

I.B. : une réforme votée peut être remise en cause, on l’a vu par le passé avec le CPE. Quand à la privatisation de la SNCF, elle a commencé depuis longtemps avec le fret. En s’en prenant à un secteur combatif, Macron voulait démontrer qu’il est un homme à Poigne. Résultat : il a eu la plus grande grève de ces dernières années. Les cheminots ont montré qu’on pouvait lui résister.

Comment le stopper ?

I.B. Trop de pognon pour les pauvres, jamais assez pour les riches, voilà sa politique. Si on ne l’arrête pas, il continuera à mener la politique anti-ouvrière que lui dictent les grands patrons et la bourgeoisie. À PSA Vesoul, c’est au nom de la compétitivité que les 35h sont remises en cause. En même temps, PSA s’est entendu avec Renault pour augmenter le prix des pièces détachées au détriment des clients. La compétitivité leur sert à justifier leur guerre aux travailleurs. Seul un mouvement d’ensemble pourrait imposer que les emplois, les salaires et les retraites passent avant leurs profits.

Recueillis par S.G. ©La Marseillaise