La Marseillaise :  Nathalie Arthaud. entretien avec la candidate de Lutte Ouvrière. "Le rapport de force est indispensable"

Article de presse
08/03/2012

▓ Nathalie Arthaud, porte parole et candidate de Lutte Ouvrière, a rendu public hier ses 521 parrainages. Elle sera en meeting demain à Montpellier. Entretien.

Comment qualifieriez-vous votre candidature ?

Je suis la candidate des revendications et des luttes des travailleurs de ce pays.

Si vous étiez aux affaires, quelle serait votre première mesure ?

L'interdiction des licenciements ! C'est une revendication d'urgence qui protégera les travailleurs de l'hémoragie des plans sociaux. Mais il y a une autre mesure forte : le contrôle des entreprises. Il s'agirait de contrôler ce qui va aux actionnaires, ce qui va aux salariés, quels sont les profits réalisés et ce qui a été investi. Il faut que tout soit mis sur la place publique. Cela permettra d'éviter les chantages patronaux et on verrait qu'il y a effectivement de l'argent.

Pensez vous que cette mesure soit perçue comme crédible dans le monde du travail ?

Les salariés comprennent, quand on est confronté à cette situation, comme à Fralib ou Lejaby, c'est un vrai sentiment d'injustice qui est vécu. Face à ces diktats, ce ne serait qu'une mesure de bon sens.

Quelle place donnez-vous à l'action politique et au mouvement social ?

Ce sera aux travailleurs d'imposer ces revendications. Les gens voient qu'il est indispensable de créer un rapport de force.

Face à une droite unie, la gauche radicale peut-elle se payer le luxe de présenter plusieurs candidats ?

La gauche unie derrière le PS ? C'est justement l'argument du PS. Je ne me fais aucune illusion sur Hollande vis à vis des banquiers. C'est au Front de gauche qu'il faut poser la question car il s'inscrit dans une démarche de majorité gouvernementale dominée par le PS. Je n'attends pas de François Hollande qu'il interdise les licenciements. Ceux qui veulent peser à gauche font fausse route.

Doit-on s'attendre à des prises de position de LO entre les deux tours ?

Quoi qu'il arive, le futur des travailleurs ne dépendra pas du futur président de la République. Si la crise s'aggrave, on aura vite oublié qui aura été élu.

▲ Meeting demain à 19h30 à l'Espace Pitot de Montpellier

Propos recueillis par Sébastien Madau

La Marseillaise