Confinement bourgeois au Croisic (Loire-Atlantique)

Le patron des patrons se ballade

Brève
26/03/2020

C'est Ouest-France qui titre "le patron du Medef ne respecte pas le confinement". Où on apprend dans l'article que Geoffroy Roux de Bézieux a quitté Paris avec sa famille pour s'installer dans son manoir (avec accès direct à la mer) à côté de La Baule. Et qu'il continue à se déplacer vers Paris pour satisfaire aux exigences de sa fonction. Certes, les déplacements sont sévèrement contrôlés. Le commun des mortels est soumis à des amendes qui représentent des sommes astronomiques pour les salariés pris en flagrant délit de courrir sur une plage locale ou un chemin désert. Mais Geoffroy n'est pas le commun des mortels. Cela fait plus de deux siècles que sa famille vit de l'exploitation du travail des autres. Il fait partie de cette grande bourgeoisie qui impose des sacrifices au monde du travail pour pouvoir continuer à mener un train de vie fastueux. Alors, le confinement, même dans un appartement parisien luxueux, très peu pour lui.

Et qu'importe si ce comportement est irresponsable du point de vue social. Le civisme dont on nous rebat les oreilles, c'est bon pour les autres. Pas pour les capitalistes dont l'avidité de profits plonge toute la société dans le chaos.

Cholet, Maine-et-Loire

Un couvre-feu bien démagogique

Brève
24/03/2020

Comme d’autres maires de droite et d’extrême-droite en France, le maire de Cholet, Gilles Bourdouleix, a décidé l’instauration d’un couvre-feu dans sa commune. Se donnant des grands airs de Père-la-morale, comme ses homologues de LR ou du RN, il a notamment déclaré : « Nous constatons tous que l’application et le respect du confinement général ne sont pas assez rigoureux. […] Je veux que certains Choletais prennent conscience qu’il est absolument indispensable de se protéger et de protéger les autres d’un virus mortel. »  Au fond, il ne fait là que reprendre à son compte la posture martiale de Macron (« Nous sommes en guerre ») et ses réflexions hautaines et moralisatrices envers le monde ouvrier.

A l’hôpital de Cholet, il ne fait certes aucun doute que les travailleurs de la santé sont en guerre, mais sans les armes nécessaires pour faire face à la crise. Blouses, masques, équipements, tests : on manque de tout. Mais ce que le maire de Cholet se garde bien de rappeler, c’est que la guerre contre les services publics, dont celui de la santé, a commencé il y a déjà longtemps, bien avant l’épidémie actuelle. Pour Sarkozy, Hollande puis Macron, qui à tout de rôle se sont fait les perroquets du grand patronat, les hôpitaux devaient être « rentables »... et donc leurs moyens diminués pour faire des économies. On voit aujourd’hui le résultat.

Bien sûr, dans la situation critique engendrée par le délabrement du service public de la santé, on ne peut pas donner tort au gouvernement quand il tente de limiter les dégâts en confinant assez fortement la population. Mais la surenchère de maires comme Bourdouleix qui veulent donner l’impression qu’ils font mieux que l’État a quelque chose d’écoeurant. Son couvre-feu aura un effet sanitaire limité. Mais le calcul du maire est que l’effet politique, lui, sera bien payant. Envoyer ce signal à ses électeurs les plus réactionnaires, cela ne coûte pas cher. Et le but est bien sûr de faire d’une pierre deux coups : complaire à sa clientèle réactionnaire d’une part, attirer les voix des électeurs tout simplement inquiets voire angoissés d’autre part. Surfer ainsi sur les peurs légitimes de la population, voilà bien une spécialité de ce type de politicien.

 

Gare de Nantes

Se protéger oui…mais pas que du virus

Brève
20/03/2020

En gare, dès vendredi 13 au matin, pendant une réunion improvisée d’une vingtaine de cheminots, les questions fusaient par rapport au coronavirus et à ses conséquences. Une liste de revendications a été rédigée dans la foulée et présentée par une quanrantaine de cheminots à la direction venue annoncer les premières mesures prises par la SNCF pour laisser chez eux les cheminots « les plus fragiles », ou bien ceux ayant des enfants à garder.

C’est le maintien des salaires et de toutes les primes qui a été mis en avant ce vendredi car il n’est pas question de perdre quoi que ce soit ! La SNCF a les moyens de maintenir les salaires dans leur intégralité. Ce qui a été également demandé, c’est le matériel élémentaire pour pouvoir se protéger contre le virus (masques, solution hydro alcoolique, etc…).

Des questions ont aussi été posées concernant les travailleurs du nettoyage qui eux aussi manquent de matériel hygiénique. Quant à ceux qui s’occupent des personnes à mobilité réduite, ils n’ont pas la garantie du maintien de leur salaire, tout comme les agents de sécurité !

Durant le week-end, la direction a brillé par son absence et ce sont les cheminots présents sur le terrain qui ont pris les choses en main pour faire rouler les trains normalement et organiser la journée du lundi sans qu’aucune directive ne soit donnée ! « Pas besoin de nos dirigeants puisque c’est nous qui organisons tout », c’était ce qu’on a pu entendre de nombreuses fois en gare dimanche.

Lundi 16, la direction a finalement décidé que beaucoup de postes en contact avec les voyageurs, comme l’accueil, pouvaient rester en « réserve à domicile » tout en maintenant la pression sur d’autres cheminots qui seraient « essentiels » à la sécurité des voyageurs, pour qu’ils viennent travailler.

Les cheminots ne sont pas prêts à croire la direction sur parole et à tout accepter !

Se protéger et réagir le plus collectivement possible, c’est la seule solution pour faire face à cette situation.

McDonald's (Nantes)

Le profit, "c'est tout ce que j'aime"

Brève
17/03/2020

À Nantes, dimanche 15 mars, la direction d’un McDonald's a annoncé aux employés que la production continuerait pour les livraisons à domicile des plateformes en ligne telles que UberEats ou Deliveroo. Alors que, pour limiter la propagation de l'épidémie de coronavirus, la population est tenue de rester chez elle et que tous les lieux publics « non indispensables » ferment, les travailleurs de McDonald's, comme les livreurs à vélo – pour lesquels rien n'est prévu à cette date en cas de baisse ou d'arrêt des livraisons, et donc des revenus –, sont contraints de continuer à travailler comme si de rien n'était. Et pour se protéger face au risque de contagion ? Rien que les consignes habituelles dans la restauration sur le lavage des mains et des masques alimentaires destinés à éviter… la chute des poils de barbe. Quant aux distances entre les équipiers en cuisine, elles sont toujours aussi réduites – sans parler, pour aller travailler, des transports en commun. À McDonald’s comme dans bien d’autres entreprises, la seule chose dont la direction prend soin, ce sont les profits.

 

CHU de Nantes

Les agents d’entretien en grève

Brève
17/03/2020

Au CHU de Nantes, les agents d’entretien ont fait grève lundi 16 mars pour dénoncer une nouvelle dégradation de leurs conditions de travail : alors que l’épidémie de coronavirus se développe, ils n’ont à disposition ni gel hydroalcoolique, ni gants. Salariés d’un grand groupe de nettoyage (Onet), ils assurent pourtant une tâche indispensable : le nettoyage des salles d’attente, blocs opératoires, halls et espaces de consultations, c’est-à-dire de tous les espaces – et ils sont nombreux – qui permettent le bon fonctionnement de l’hôpital. Depuis des années déjà, le personnel de l’entretien est, comme celui de l’ensemble de l’hôpital, en sous-effectif. Et cela n’a fait, comme il était prévisible, que s’aggraver avec la progression de l’épidémie. Les choix des directions d’Onet, du CHU et du gouvernement – tous solidaires des attaques menées contre les travailleurs de l’hôpital depuis des années – mettent en danger aussi bien les travailleurs que les patients. En faisant grève, les salariés d’Onet défendent notre intérêt à tous.