Accident mortel à Mulsanne (Sarthe)

Ne pas perdre sa vie à la gagner !

Brève
13/09/2018

Il a fallu attendre cinq ans pour que s’ouvre le procès de l’accident mortel d’un jeune travailleur, Pierre Monin. Ce maçon de 21 ans est mort renversé par un engin sur un chantier d’un lotissement à Mulsanne en 2013. Intérimaire pour une entreprise sous-traitante, il finalisait une bouche d’égout lorsqu’il a été fauché par un engin d’une autre entreprise sous-traitante.

Il n’y avait pas de barrières de protection, ni de balisage. Le chauffeur de l’engin n’avait pas le permis de conduire, il avait juste été formé sur le tas par son chef.

Au procès, les patrons des deux entreprises sous-traitantes n’ont cessé de se renvoyer la responsabilité. Quant au donneur d’ordre, la Secos, il était tout simplement absent du banc des accusés !

Le jugement sera rendu le 22 octobre. Mais quel qu'en soit le verdict, on connait les responsables : un système où seul compte la rentabilité financière et dans le quel la précarité des salariés et la sous traitance en cascade sont la règle. Les grosses entreprises du bâtiment sont spécialistes de ces méthodes alors que les statistiques montrent que les victimes des accidents du travail sont majoritairement les travailleurs précaires. Mais peu importe aux responsables de ces entreprises puisque leur seul souci c'est d'en assurer les profits.