Angers (49) :  Soutien aux travailleurs de Technicolor

Communiqué
09/05/2012

Lutte Ouvrière soutient les revendications des salariés de l'usine Thomson Technicolor Angers, que le groupe Technicolor veut fermer, soit en la vendant, soit en déposant le bilan. Ce groupe, contrôlé par de grandes banques européennes, verse chaque année des sommes colossales - plus de cent millions d'euros - à ces mêmes banques, au titre d'une dette dont le taux usuraire frôle les 10 %. C'est pour maintenir ce flux financier que la direction du groupe tente de faire payer les travailleurs.

Alors que les salariés se battent depuis plus de deux mois pour exiger le maintien de leurs emplois, de leurs salaires et des garanties au cas où ils seraient cédés à un repreneur, le groupe continue à les traiter par le mépris. Jeudi 4 mai, nous apprenons que la banque américaine JPMorgan a décidé de renflouer Technicolor et deviendrait l'actionnaire le plus important.

Voilà sans doute des mois, voire des années, que la direction prépare ses plans de vente et de restructurations, pour obtenir des financements, aussi bien publics que privés.

Et non seulement elle menace les emplois, mais elle veut « couper la branche », sans en payer le prix, sans verser les indemnités que les salariés sont en droit d'attendre, en fonction de leur ancienneté, et du préjudice financier et moral que représente la perte de leur emploi chez Thomson. Elle a ainsi pu préparer, depuis des mois, la mise en redressement judiciaire de l' usine d'Angers, la dernière usine de production en Europe, qui fait aussi partie de la branche "décodeurs" et qui emploie encore 350 travailleurs. Elle a séparé les comptes de son usine de ceux du reste du groupe, vidant au maximum l'usine de sa valeur.

Nous sommes totalement solidaires des salariés qui, grâce à leur mobilisation, ont déjà réussi à déjouer en partie les plans de la direction, en exigeant de Technicolor qu'il assume ses responsabilités sociales : soit le groupe apporte ou laisse de la production à Angers, soit Technicolor s'engage à verser une prime de préjudice moral et financier conséquente, quelle que soit la cause des départs (vers un repreneur ou par licenciement). Et une garantie de reprise de 5 ans chez Technicolor si le repreneur éventuel mettait la clef sous la porte !