Chantiers de l'Atlantique (Saint-Nazaire) :  Coronavirus à bord !

Echo d'entreprise
28/03/2020

Le Celebrity Apex dans le port de Saint-Nazaire

Le navire Apex, un paquebot de luxe de plus de 300 m, est à quai à Saint-Nazaire. Il vient d'être officiellement livré ce jour, vendredi 27 mars, par les Chantiers de l'Atlantique à son armateur Américain RCCL. La veille, on avait appris que 7 malades du Covid 19 avaient été diagnostiqués à son bord, alors que les 1 463 membres d’équipage y sont confinés depuis 6 jours. 46 travailleurs sous-traitants se trouvent aussi sur le bateau. Ils avaient embarqué, avant le confinement, pour terminer les travaux. Afin d'éviter de contaminer l’équipage à quelques jours de la livraison, ces travailleurs avaient interdiction de descendre à terre. Des négociations entre l'armateur, la préfecture et les autorités sanitaires sont en cours pour les débarquer.

C'est, entre autre, sur ce bateau que des travailleurs, inquiets de prendre le risque d'être contaminés, avaient refusé de monter le mardi 17 mars dernier. Ce débrayage massif parti de plusieurs secteurs, avait fini par contraindre la direction à fermer les ateliers, puis les navires.

Aujourd'hui, le nombre de contaminés est passé à 29 parmi les membres de l'équipage et un des malades a dû être hospitalisé. Une fois de plus les patrons ont fait prendre des risques insensés à des travailleurs pour que la machine à fric du business de la croisière s’arrête le plus tard possible !

Airbus (Nantes) :  Le patronavirus à l'œuvre

Echo d'entreprise
27/03/2020

Comme dans les autres usines du groupe Airbus, l’usine de Nantes a été mise à l’arrêt quatre jours à partir du mardi 18 mars. Quatre jours nécessaires pour nettoyer et désinfecter l’usine dans le but de faire redémarrer la production coûte que coûte. L’argument pour le directeur de l’entreprise, c’est de dire : « Nous jouons un rôle économique majeur. Beaucoup de PME qui dépendent de nous, risquent de disparaître sans reprise d’activité... Airbus doit continuer à produire pour honorer les commandes en cours... » et certains dans la hiérarchie d’appuyer :« … il ne faut pas ruiner l’État ! ».

Très peu étaient présents mardi, jour de reprise progressive selon les secteurs, un peu plus mercredi : 300 sur 2 500.

La direction met en avant le fait qu’elle fait appel à des volontaires. Sauf que ce sont des volontaires à qui on a fait le chantage de la récupération totale des jours perdus pour ceux qui ne viendraient pas sans raison officielle d’absence. Sous quelle forme ? Heures supplémentaires, samedi, RTT, congés ? La semaine entre Noël et Jour de l’An est déjà morte, utilisée pour payer les quatre premiers jours d’arrêts. Alors pour le reste, si c’est pour faire des semaines de 50 heures et ne plus avoir de ponts ou de week-end…

Bref c’est le volontariat, le couteau sous la gorge. Sauf que ça ne marche pas tant que ça… Alors la direction envisage de faire revenir les intérimaires pour obtenir son volume  de chair à produire, de chair à virus.

Révoltant !

La Poste (bureau de Nantes Bretagne) :  Les postiers se mobilisent pour être en sécurité

Echo d'entreprise
25/03/2020

Lundi 16 mars, les guichetiers du bureau de poste place de Bretagne ont refusé de travailler en l’état : pas de gel hydro-alcoolique et encore moins de masques. Du coup, la direction a trouvé un semblant d’astuce : réduire le nombre de services proposés aux usagers, avant de fermer le bureau lundi 23 mars.

À leur tour inquiets de travailller sans protection, vendredi 20 mars, les postiers du centre courrier, Cedex/Courses Spéciales et Cabines ont arrêté le travail et sont tous allés retrouver les facteurs ; ils ont collectivement interpelé la direction. Elle a alors proposé de réduire les sorties à l’extérieur. Il faut dire qu’à part une tournée qui concerne les ministères et le CHU, la livraison de la plupart des colis amazon n’est pas vitale. De plus, certains facteurs demandaient pourquoi ils ne sont pas confinés à domicile afin que les masques de La Poste soient donnés aux soignants tant qu’ils en manquent.

Airbus à Saint-Nazaire :  Reprise en « mode dégradé ». Mais dégradé pour qui ?

Echo d'entreprise
25/03/2020

Dans tout le groupe Airbus l'activité reprend graduellement tout au lond de la semaine. A Saint-Nazaire des travailleurs ont donc été rappelés lundi 23 pour travailler dans une usine soi-disant désinfectée alors que dans certains ateliers il y a des cas potentiels de contaminés au Coronavirus. La direction est au courant, elle a d'ailleurs réorganisé la production en en tenant compte... à sa manière : en nous renvoyant au travail alors qu'il est envisagé de renforcer les mesures de confinement ! L'incurie gouvernementale a finalement du bon pour les patrons, « pas vu, pas pris », pas de test, pas de virus !

Pendant la semaine de fermeture, le gouvernement, les patrons, et même des syndicalistes complices, n'ont pas chômé. Après avoir mis en danger les salariés, leurs familles et les soignants en tardant a fermer les sites, le patron les ré-ouvre avec des aménagements d'horaire et de conditions de travail de fortune.

Sur le site de Saint-Nazaire, ceux qui ne travaillaient pas pendant le confinement, devront rattraper les heures perdues quand la situation sanitaire sera revenue à la normale, par des heures supplémentaires, des samedis et des jours fériés obligatoires et sans aucune compensation financière ! La direction s’apprête donc a utiliser tout l'arsenal législatif que le gouvernement lui apporte sur un plateau pour dégrader encore plus les conditions de travail et les horaires !

La désinfection des outils, l'interdiction de la pause café et autres adhésifs et marquages de distanciation au sol ne protégeront personne. Cerise sur le gâteau, ce sont ceux qui sont restés à l'usine pour préparer la réouverture et qui ont donc potentiellement plus de risques d'être contaminés, qui ont accueilli lundi ceux qui revenaient de confinement. Ils n'ont bien sur pas été dépistés, alors que l'on sait que sans tests systématiques la seul protection est le confinement !

Les mêmes qui nous bassinent à logueur de temps avec la sécurité « safety first » s’apprêtent à nous envoyer au casse-pipe ! Ils le font en période de crise sanitaire en risquant de nous contaminer et le feront plus tard en nous épuisant avec des cadences délirantes et des horaires épuisant !

Les capitalistes et leurs larbins du gouvernement s’apprêtent a nous faire payer cette crise jusqu'au dernier centime. Il faut se préparer dés maintenant à rendre les coups, car ce sera notre peau ou la leur !

Smurfit Kappa à Carquefou (Loire-Atlantique) :  Parfum de scandale

Echo d'entreprise
25/03/2020

Les usines du groupe Smurfit Kappa produisent des emballages à base de papier, notamment pour l’alimentaire et la pharmaceutique. À ce titre, la production des travailleurs de cette entreprise, et celle des cartonneries en général, est considérée par l’État comme indispensable. Et l’usine du groupe à Carquefou continue donc de tourner.

Or, il se trouve qu’en même temps que cette production, la direction en maintient d’autres que rien ne saurait justifier, si ce n’est l’appât du profit à tout prix ! Et quelles sont ces productions qui imposent à des travailleurs de rompre le confinement, de risquer d’être contaminés par le coronavirus et d’en favoriser la propagation dans la population ? Des cartons d’emballage de box internet et des boîtes de parfum…

L’argent, dit-on, n’a pas d’odeur. Chez Smurfit Kappa, le profit est parfumé – et l’odeur qu’il dégage est nauséabond.

ELSAN Santé Atlantique (Nantes-Saint-Herblain)  :  Manque de masques !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Mardi 24 mars, la direction de la Polyclinique de l’Atlantique a publié sur sa page facebook un appel urgent aux dons de masques chirurgicaux et FFP2. On croirait rêver, mais dans cette clinique du groupe ELSAN – dont l’un des principaux actionnaires n’est autre que la richissime famille Bettencourt-Meyers –, comme dans la plupart des établissements de santé, le personnel soignant n’est pas assuré de pouvoir préserver sa propre santé, faute de matériel adapté.

Les masques de type FFP2, plus protecteurs que les simples masques chirurgicaux, manquent déjà… Mais la direction a trouvé la parade : bien que recommandés par le ministère de la Santé « pour les professionnels de santé au contact des malades » (lors, par exemple, des classiques épidémies de grippe), ces masques ne seraient pas indispensables pour la plupart des actes !

Cette situation absurde est d’autant plus révoltante que, dans le même temps, à quelques kilomètres de la Polyclinique, le groupe Airbus a mis la main sur quantité de masques pour essayer d’imposer depuis lundi la reprise de la production aéronautique… Une preuve de plus, s’il en fallait, que ceux qui dirigent l’économie capitaliste ne pensent pas : ils comptent.

CHU d’Angers :  De quoi être révoltés !

Echo d'entreprise
24/03/2020

Au CHU d'A1ngers, nous sommes toutes et tous sur le pont, à faire le maximum pour contribuer à enrayer la maladie.

Ce qui est rageant, c’est que bien avant l’épidémie de Covid 19, l’hôpital était déjà « à l’os ». Depuis des mois, tout le personnel, des ASH aux médecins, ne cessait de le dénoncer. C’est la raison de fond de la grève des Urgences, démarrée il y a plus d'un an, et des grèves qui se sont multipliées dans différents services (ambulances, pneumologie, maternité, laboratoires, neurochirurgie, etc.). Partout, la sonnette d’alarme avait été tirée. Car partout, c’est le même manque d’effectifs et de matériel, le même épuisement des salariés du fait des heures supplémentaires notamment.

Macron ose déclarer maintenant que « la santé n'a pas de prix »... Mais pour les gouvernants, à genoux qu’ils sont devant le grand patronat, la santé n’est qu’une marchandise comme une autre. Macron comme ses prédécesseurs l’ont prouvé encore et encore, en ponctionnant les budgets publics pour fournir des milliards aux capitalistes et aux banques qui font du gras sur les crédits aux hôpitaux.

 

Chantiers de l'Atlantique (Saint-Nazaire) :  Témoignage d'Arnaud

Echo d'entreprise
23/03/2020

Chantiers de l’Atlantique (Saint-Nazaire) :  Le doute n'est pas permis !

Echo d'entreprise
23/03/2020

au cours du débrayage du mardi 17 mars

La direction des Chantiers de l’Atlantique a assuré, il y a peu, qu’il n’y avait aucun cas d’infection au Codiv19 dans l'entreprise. Pourtant, il y a quelques jours, des travailleurs ont présenté des symptômes de cette maladie, comme entre autres dans l’atelier des Panneaux-Plans ou dans un des bureaux d’études. Comme le test de dépistage du coronavirus n’est pas effectué au moindre soupçon, le doute subsiste.
À l’attitude irresponsable de la direction des chantiers qui a maintenu le travail dans des lieux où il y avait suspicion d’infection (et de plus sans en informer le personnel), s’ajoute l’incurie du gouvernement qui n’a pas mis les moyens pour lutter contre cette épidémie alors qu’elle était annoncée depuis plusieurs semaines.

ISS Naval (Saint-Nazaire) :  Les travailleurs imposent l'arrêt du travail

Echo d'entreprise
22/03/2020

Aux Chantiers navals de Saint Nazaire, les travailleuses et travailleurs de la société ISS font depuis longtemps le nettoyage des navires en cours de construction. Mardi 17 mars, ils ont fait partie de la grande masse de travailleurs, Chantiers de l'Atlantique ou sous-traitants qui ont refusé le travail à l'embauche après l'annonce du patron du Chantier qu'il ne fermerait pas le site, malgré le danger lié au coronavirus.

Devant le nombre et la détermination, le patron du chantier a préféré reculer et a annoncé l'arrêt de beaucoup de secteurs de la production, renvoyant de fait une grosse partie des salariés chez eux. Les patrons des entreprises sous-traitantes, eux, étaient libres de faire ce qu'ils voulaient ! Le patron d'ISS n'a pas voulu en démordre, pour lui le travail devait continuer. Le lendemain donc, dès l'embauche, c'est l'ensemble des travailleurs d'ISS, soit une cinquantaine d'embauchés et intérimaires, qui se sont de nouveau regroupés, pour refuser le travail.

Le directeur d'agence venu sur place pour les remettre au boulot a échoué et chacun a pu repartir, heureux de cette première victoire de pouvoir s'occuper de sa santé et celle de ses proches en restant à la maison... Première victoire, car reste le combat de ne pas avoir à payer la facture sur les congés et un salaire amoindri par la suite.