Election municipale à Cholet :  Devant l'usine Nicoll

Article de presse
13/09/2021

Photo Ouest-France

Des membres de la liste Lutte ouvrière aux élections municipales de Cholet (Maine-et-Loire) ont distribué des tracts, ce mercredi 8 septembre à midi, aux portes de l’usine Nicoll à Cholet.

Ouest-France Marion AUVRAY. Publié le 09/09/2021 à 15h30

(...) « On aura évité l’orage, Robert », lance Denis Plard, en jetant un coup d’œil au ciel gris. Mercredi 8 septembre, une dizaine de membres de la liste Lutte ouvrière, faire entendre le camp des travailleurs, étaient à la sortie de l’usine Nicoll, à Cholet (Maine-et-Loire). « Pour nous, le tractage, c’est la routine », avance Denis Plard.

Et ce n’est pas Robert Cerisier qui dira le contraire. La tête de liste Lutte ouvrière de ces municipales est un habitué des sorties d’usine. Celle de Michelin, d’abord, où il a travaillé pendant trente-neuf ans comme mécano et milité au sein de la CGT. Les mouvements sociaux, débrayages et luttes syndicales ont rythmé sa vie.

Nicoll, Michelin, Charal…

Aujourd’hui, à 72 ans, il n’est plus juché sur un bidon à haranguer la foule, mais ses idées n’ont pas bougé d’un iota. « L’exploitation des salariés par le grand capital, le pouvoir d’achat et les salaires trop faibles, la précarité… On est constant », glisse-t-il dans un sourire.

La veille, l’ancien Bibs a réceptionné avec son équipe quelque 1 300 tracts. Avec sa « trombine » imprimée, en noir et blanc. Devant les portiques de sécurité du fabricant de canalisations et gouttières en matière plastique, il s’adresse « aux premiers de corvées ». Nombreux sont les salariés qui le reconnaissent, le saluent tout en se hâtant vers « la cantine ».

« De la saine littérature ce midi, votez Lutte ouvrière, le camp des travailleurs et des travailleuses », scande Denis Plard en tendant des tracts à la volée. Deux autres équipes de la liste sont postées à différentes entrées de l’usine, à cette heure stratégique. « Demain, on sera à l’hôpital de Cholet dès 6 h 30, à 11 h devant Charal et le soir, on organise une réunion publique », détaille le candidat.

« Toujours à fond »

Ils ont eu à peine quinze jours pour s’organiser, mais les candidats de Lutte ouvrière comptent bien faire campagne. « On sait bien qu’on ne fait pas des scores mirobolants, concède Robert Cerisier. Ce n’est pas pour ça qu’on ne doit rien faire. On est là avant tout pour faire passer nos messages. »

David Gourbault, membre de la liste, est un fidèle, lui aussi. « Là depuis 2001… Et toujours à fond », confie-t-il. Certains salariés de chez Nicoll s’arrêtent, papotent. Parlent de la décision de la direction d’externaliser et de supprimer son service gardiennage. « Partout pareil », soupire Denis Plard. « Si je suis sensible à leurs idées ? Bien sûr, témoigne l’un d’entre eux. Je suis moi-même délégué syndical. Si je vote, ça sera sûrement pour eux. »

Un programme national

Si la liste Lutte ouvrière, faire entendre le camp des travailleurs s’appuie sur un programme, celui-ci est national. On y retrouve la lutte pour le maintien des emplois, pour l’augmentation des salaires et des retraites, contre les contrats précaires…

« En présentant de nouveau une liste à Cholet, les militants de Lutte ouvrière n’ont pas pour ambition d’être de meilleurs gestionnaires des affaires de la commune, indique leur tract. Nous savons à quel point l’État ligote les municipalités qui n’ont pas les moyens de régler les problèmes vitaux des travailleurs. » Robert Cerisier imagine pourtant, si sa liste était élue, que Lutte ouvrière pourrait « être un appui logistique en cas de fermeture de classes d’école ou de lits à l’hôpital, par exemple ».

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Ouest France du 9/09/2021

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