Election municipale de Cholet :  Les 47 colistiers de Lutte ouvrière repartent au combat

Article de presse
03/09/2021

S’il ne se fait aucune illusion sur ses chances de victoire, Robert Cerisier, 72 ans, veut profiter de la campagne pour faire entendre la voix de Lutte ouvrière et des travailleurs. Il a constitué une liste de 47 noms, des « gens d’une même classe qui sont conscients d’être exploités ».

Le discours est bien rodé. Robert Cerisier, 72 ans, entame sa cinquième campagne électorale pour une élection municipale depuis 2001. L’année où il obtenu son meilleur score, 5,45 %, à mettre en rapport avec les 2,13 % de 2020. Pas de quoi rêver encore au grand soir qu’appelle de ses vœux le chef de file de Lutte ouvrière à Cholet. On est minoritaire parce que les révolutionnaires sont minoritaires, dit-il de sa voix rauque de fumeur. Avec ses camarades travailleurs, il espère bien un jour « faire tomber la dictature du capital et le pouvoir au service de la bourgeoisie » .

« La seule liste qui s’affiche politiquement »

D’ici là, une nouvelle élection municipale se profile à l’horizon, les 19 et 26 septembre, en raison de l’annulation du scrutin de 2020. Ce n’est pas avec des municipales qu’on peut changer la vie des gens mais c’est l’occasion d’affirmer nos revendications et nos idées, assure le candidat, retraité de chez Michelin. Robert Cerisier a beau être idéaliste, il sait qu’il n’a aucun chance de victoire. Ce qu’il aimerait, c’est, pourquoi pas, obtenir des élus. Si on avait des conseillers, ça serait un point d’appui pour les travailleurs et pour favoriser l’organisation de la lutte.

Robert Cerisier annonce la couleur, rouge bien sûr : On est la seule liste qui s’affiche politiquement. On s’appelle Lutte ouvrière et pas Cholet quelque chose. Le leader d’extrême gauche a réuni autour de lui 46 colistiers et colistières avec seulement sept nouveaux par rapport à la liste des municipales de mars 2020.

On n’a pas eu trop de mal à les trouver, on a des gens fidèles qui nous suivent. Le plus compliqué, ça été de faire les démarches avec les vacances. Les délais étaient très courts et la sous-préfecture très tatillonne. Ils m’ont fait revenir parce qu’il manquait deux T à Mauricette, qui est le troisième prénom d’une candidate. Après le raté du contrôle de légalité en 2020 (1), l’administration a musclé son jeu…

Cette affaire et les autres plus récentes – trois enquêtes préliminaires pour détournement de fonds publics et concussion, favoritisme et falsification de documents administratifs visent la municipalité sortante – n’intéressent pas Robert Cerisier. On ne va pas faire campagne là-dessus, on n’a rien à en dire. Ce qui est certain, c’est que nous, on ne peut pas nous soupçonner de mettre la main dans le pot de confiture.

« Pas contre le vaccin, mais contre la vaccination obligatoire »

Si Robert Cerisier bat la campagne, c’est pour faire entendre le camp des travailleurs. Troisième sur la liste, Denis Plard, ouvrier chez Michelle, rappelle d’ailleurs que la liste est constituée de gens d’une même classe qui sont conscients d’être exploités. Un sentiment accru par la pandémie de Covid 19, selon Robert Cerisier : Avec cette crise, il y a une minorité de plus en plus riche, une industrie pharmaceutique qui engrange des milliards pendant que la majorité de la population souffre de pauvreté et de chômage. Il y a deux classes sociales : celle qui profite de l’économie et celle qui la fait vivre.

À propos du Covid-19, Robert Cerisier dit qu’il n’est pas contre le vaccin, mais contre la vaccination obligatoire. On est en train de monter les gens contre les autres. Et les menaces de licenciement, c’est honteux.

Fidèles à leurs habitudes, les candidats de Lutte ouvrière iront tracter dans les entreprises et tiendront une réunion publique à une date et dans un lieu qui restent à préciser.

Le Courrier de l'Ouest Gabriel BOUSSONNIÈRE Publié le 03/09/2021 à 20h00

(1) La liste « Cholet Autrement « a été jugée irrégulière par le Conseil d’État alors qu’elle avait obtenu le visa de la préfecture.

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