Le Maine Libre, Le Mans  :  Nathalie Arthaud évoque Mélenchon à la fête de Lutte Ouvrière

Article de presse
21/10/2018

Thierry Nouchy, Nathalie Arthaud et Yves Cheere, samedi soir avant le repas de la fête de Lutte ouvrière au Mans.

Jean-Luc Mélenchon a fait beaucoup jaser, ces derniers jours, à la suite de la perquisition du siège de son parti, la France insoumise, et de son domicile. Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, était samedi soir au Mans, pour la fête de la section sarthoise. Elle a donné son sentiment sur la réaction du chef de la France insoumise.

« Quand j’ai vu cette perquisition et ce déploiement assez inhabituel quand même, je me suis dit : on comprend qu’il essaye de se défendre et qu’il ne se laisse pas faire », a-t-elle estimé en préambule.

« Maintenant, on pense que tout ça, toute la vie politique se réduit à ce spectacle juridico politique où les uns et les autres essayent de se piéger mutuellement et il faudrait que les travailleurs s’en émeuvent, qu’ils prennent parti pour les uns, pour les autres, etc. Qu’ils comptent les points. Le problème, c’est que pendant que tout ce spectacle politique nous amuse, la violence de cette société et son injustice, ce sont les travailleurs qui se la prennent dans la figure ! Mélenchon a choisi d’en faire une affaire d’État. Nous, à Lutte ouvrière, on estime que l’affaire d’État c’est ce que vivent les exploités au jour le jour. Personne n’en fait une affaire d’État, et pourtant les injustices ou les raisons de se révolter, nous, on en trouve tous les jours. Par milliers. […] Donc, c’est vrai qu’on ne fait pas partie de ceux qui se sentent forcés de choisir quel est l’acteur qui nous a le plus convaincus dans ce spectacle-là. »

Ensuite, concernant la forme, Nathalie Arthaud prend ses distances : « Là, oui, effectivement, nous, on ne partage absolument pas ce type de raisonnement. Il surjoue un peu son rôle de victime. Bon, voilà, ma personne est sacrée, etc. Et qu’est ce que c’est que de se prévaloir, d’arguer de sa fonction parlementaire ? Nous, on n’est pas pour l’immunité parlementaire. Nous, c’est effectivement quelque chose qui nous choque. Maintenant, qu’il soit furieux et sorti de ses gonds, on peut le comprendre. »