L'union :  Laëtitia Voisin, candidate aux législatives en Thiérache: «la présence de Lutte ouvrière était évidente»

Article de presse
31/05/2017

devant le familistère de Guise

Pourquoi êtes-vous candidate en Thiérache ?

Mes camarades m’ont demandé si je voulais être candidate, j’ai accepté, et on m’a dit que je le serais dans cette circonscription. Je n’ai pas d’attaches particulières par ici, mais notre présence en Thiérache était une évidence. Même en Thiérache, le monde du travail peut porter son vote sur le camp des travailleurs ! C’est la suite de la campagne de Nathalie Arthaud pour l’élection présidentielle. Qu’on travaille à Soissons, Saint-Quentin ou en Thiérache, on rencontre les mêmes difficultés. Il faut dire qu’on est fier d’appartenir au monde du travail, et contrer une situation intolérable ! Il y en a assez du chômage et des bas salaires. Il faut 1 800 euros net mensuels pour les salaires et les pensions. C’est un minimum pour vivre.

Quelle vision avez-vous du territoire ?

Il y a beaucoup de travailleurs dans des petites entreprises. Elles sont en lien avec des grands groupes qui mènent les salariés à la baguette, qui imposent des bas salaires et des cadences de travail importantes. Nestlé, à Boué, appartient à un énorme groupe. L’entreprise va chercher le lait dans les fermes, chez les salariés agricoles. Or, l’usine impose aux petits exploitants agricoles le fait que le lait ne sera plus collecté quotidiennement.

Ces grands groupes imposent des choses en fonction de leurs profits, et les salariés doivent s’y plier. Chez Materne, les conditions de travail ne sont pas enviables. En Aisne et dans les Hauts-de-France, c’est la guerre des patrons contre les salariés.

Quels sont selon vous les points forts de la circonscription ?

Ses travailleurs et ses salariés.

On a aussi un environnement de qualité. Pour en profiter, il faut avoir les moyens, en évitant de polluer l’air et l’eau. On doit pouvoir contrôler les mesures nécessaires que les entreprises polluantes doivent prendre.

C’est aussi une région riche culturellement. Mais il faut pouvoir se déplacer : on manque de moyens de locomotion.

Quelle est votre solution pour lutter contre le chômage ?

Il faut interdire les licenciements. Les salariés peuvent l’obtenir et l’imposer dans les entreprises. Il faut faire pression sur le gouvernement et les hommes politiques pour que ce soit effectif. Les bourgeois font du profit, ils ont les clés de l’économie, ce qui n’est pas le cas des travailleurs.

Cela fait 30 ans qu’on fait des allégements de charges, qu’on dégrève les impôts des patrons, et maintenant il y a le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE)… La fortune que les travailleurs paient par les impôts va dans la poche des patrons.

En Thiérache, il y a un candidat pour le PCF, une candidate pour la France insoumise, un candidat socialiste, un candidat écologiste, et vous. N’y a-t-il pas trop de candidats à gauche ?

Non, car chacun des candidats représente des idées différentes, c’est la diversité et la richesse de la démocratie. Moi, je représente les travailleurs contre le camp des riches et des bourgeois.

Mais LO est un parti absent en Thiérache…

On vient régulièrement devant les entreprises, pour discuter et distribuer des tracts. Si on peut convaincre quelques personnes, c’est déjà bien.

Trois ou quatre personnes convaincues en parleront autour d’elles.

Vous ne vous trouvez pas de points communs avec le candidat du PCF ?

Il utilise la faucille et le marteau (symboles du communisme, NDLR)  ! Ce serait notre seule forme de proximité.

Quelle députée seriez-vous ?

Je serai à l’écoute des travailleurs. Je veux la transparence des comptes dans la vie publique ainsi que pour les patrons. Tous les élus doivent être révocables à tout moment s’ils n’ont pas tenu leur promesse. Mais l’élu n’a pas de poids. Ce sont les travailleurs qui en ont. Ils doivent s’emparer du jeu politique, et du pouvoir de décision : que produit-on, combien, qu’est-ce qui est nécessaire à la population ?

Avez-vous vraiment envie de devenir députée ?

Je ne serai pas députée… Je suis là pour faire entendre mes idées. Mon envie, c’est de combattre la mainmise des bourgeois sur la société, et de défendre le monde du travail. J’aimerais avoir le plus de voix possible du monde du travail sur ma candidature.

Propos recueillis par

 Kévin MONFILS

Bio express

Laëtitia Voisin, 45 ans, est enseignante depuis plus de 20 ans. Elle enseigne le français au collège Jean-Moulin de Saint-Quentin, commune où elle réside.

Elle est candidate dans la troisième circonscription de l’Aisne (Thiérache) pour les élections législatives au nom du parti Lutte ouvrière (LO). Son suppléant est Patrick Massart, garde-champêtre à la retraite. Laëtitia Voisin s’était déjà présentée aux législatives dans la cinquième circonscription de l’Aisne, en 2007 et 2012, toujours pour LO.

Ce qu’elle pense de Bricout, Macron et Le Pen

Sur Jean-Louis Bricout, député sortant (PS), candidat à sa réélection : « est-ce que les salariés bénéficient de quelque chose de plus ? Je ne crois pas. On a eu la gauche, la droite, mais ceux qui tirent les ficelles, ce sont les patrons. »

À propos d’Emmanuel Macron, nouveau président de la République : « il se présente comme étant ni de droite, ni de gauche, mais il fera ce que dit le patronat. »

Quant à Marine Le Pen, candidate malheureuse du Front national à l’élection présidentielle : « les politiques sont au service de la bourgeoisie et du patronat. Le Pen le fera aussi. Elle a la haine des travailleurs et de ceux qui relèvent la tête. »

Mais alors, pour qui a voté Laëtitia Voisin au second tour de la présidentielle, qui opposait Macron à Le Pen ? « J’ai voté blanc. Et au premier tour, pour Nathalie Arthaud, la candidate de LO. »