Courrier picard :    LÉGISLATIVES 2017 : Anne Zanditénas continue la lutte

Article de presse
08/06/2017

Pour la quatrième fois, la militante de Lutte Ouvrière (LO) est candidate dans la deuxième circonscription de l’Aisne.

Toujours là, fidèle au poste. Anne Zanditénas est à nouveau candidate au siège de député de la deuxième circonscription de l’Aisne. La militante Lutte ouvrière ne compte plus le nombre de fois où elle a fait ainsi campagne. «  Je ne sais plus  », sourit-elle. Quatre fois. C’est la quatrième fois que cette enseignante s’engage dans cette lutte.

Du haut de ses 51 ans, elle est réaliste et ne cache pas l’évidence : elle n’arrivera pas au second tour. «  Mais ce qui me motive, c’est que les gens entendent une autre musique, confie cette Saint-Quentinoise. Votez pour nous, même si nous ne sommes pas élus. C’est utile pour l’avenir, aussi minoritaire que soit ce vote.  » Pour elle, ce qui importe le plus est que «  les gens se reconnaissent dans ce que nous disons. Voter Lutte ouvrière, c’est affirmer que l’on est conscient de ça. » « Ça », c’est que la lutte des classes doit reprendre. «  Ce n’est pas dans les élections qu’elle se fera mais dans les mouvements sociaux. »

Elle veut proposer une autre façon de raisonner, montrer que «  ce n’est pas l’Europe la responsable mais le système capitaliste.  » Et la candidate de mettre en avant deux thèmes clés pour elle : «  le chômage et le pouvoir d’achat  ». Elle souligne le parcours du combattant d’un chômeur pour obtenir une formation. «  Et toutes ces entreprises fermées dans la circonscription. Heureusement, aujourd’hui, ils arrivent un peu à arranger les friches en ville  », poursuit-elle. Quelques instants plus tôt, elle tractait à la sortie des usines. «  Il y a des riches et des pauvres et les entreprises sont possédées par une minorité. Qu’ils nous disent où va l’argent ! Aujourd’hui, elles peuvent affirmer que tout va mal et afficher des profits records. Cela n’a aucun sens.  »

Elle souligne que les candidats de Lutte ouvrière sont «  les seuls à dénoncer le capitalisme  ». Anne Zanditénas s’insurge contre certains discours faits, selon elle, pour détourner des vrais sujets : «  On parle d’Europe, d’immigration, d’insécurité… Oui, une partie de cette insécurité vient du grand banditisme, mais ce qui pollue vraiment les gens, ce sont tous ces petits méfaits alimentés par le désarroi du chômage. Ne pas travailler rend associable…  »

Elle a conscience que les travailleurs qu’elle défend se détournent de la gauche pour se laisser tenter par les extrêmes. «  C’est dramatique  », concède-t-elle, tout en affirmant «  parler à tout le monde  » et pas uniquement aux ouvriers.

Son regard sur le mouvement d’Emmanuel Macron est simple : «  Dans trois mois, tout le monde sera déçu. Les salaires ne vont pas augmenter. L’écologie ne va pas mieux se porter parce qu’on a un super-écolo au pouvoir. À quoi servent toutes ces lois quand les grandes entreprises les détournent pour continuer de polluer ?  »

Un regard acerbe, mais pas de ras-le-bol de cette militante Lutte ouvrière depuis l’âge de ses dix-huit ans. «  Parfois, je peux être démoralisée mais ça repart et je continue quand même. Quand on tient à quelque chose, à un combat quel qu’il soit, on continue.  » Fidèle à ses idées.

 NADIA NEJDA