L'union :  Législatives: Jean-Loup Pernelle, candidat Lutte ouvrière à Laon

Article de presse
31/05/2017

Claire Ledoux et Jean-Loup Pernelle

Régionales, municipales, législatives… Il est abonné aux élections, à tel point qu’il ne se souvient plus des dates. Sous l’étiquette Lutte ouvrière, Jean-Loup Pernelle est candidat à l’élection législative dans la 1ère circonscription de l’Aisne (Laon). Avec sa suppléante, Claire Ledoux, il explique les enjeux du vote.

Les scores de LO ne sont pas mirobolants. Vous-mêmes expliquez que les élections et notre système politique en général ne permettent pas de faire évoluer la situation des travailleurs. Alors pourquoi voter pour vous ?

Justement, pour permettre aux gens de se prononcer là-dessus. Ce n’est pas au travers des élections qu’on peut changer les choses, c’est au travers d'un rapport de forces entre les travailleurs et le monde capitaliste bourgeois qui dirige la société. Nous, on pense réellement que toutes les avancées sociales qu’il y a pu avoir à tous les niveaux, ça n’a jamais été des cadeaux que les politiciens ont donnés, ça a toujours été des choses qui ont été arrachées par la lutte. Que ce soit pour les travailleurs ou pour soi-même, les problèmes de société comme les droits des femmes (…) On se présente aussi pour permettre aux gens qui ont voté Nathalie Arthaud de refaire leur geste aux législatives.

Donc si vous êtes élus, vous voterez les lois à l’assemblée, vous proposez des textes ?

(…) La question de savoir si on est élu, elle ne se pose même pas (…)

Donc c’est une candidature de témoignage ?

Non. Pour les électeurs, par exemple, (c’est) affirmer qu’ils en ont marre de tous les gens qui disent que les élections vont changer quelque chose. Ça a été la droite, ça a été la gauche, et maintenant c’est monsieur Macron qui est ni de droite, ni de gauche, mais qui est à la fois et à droite et à gauche, et qui va mener la même politique qui se mène depuis des dizaines d’années. Nous, on dit aux travailleurs, affirmez que vous en avez marre d’entendre ce langage-là. Et que quelque part, non, ce n’est pas au travers des gens qui font des tas de promesses que vous avez des chances de vous faire entendre. Pour l’instant, oui, c’est un petit courant infime de la classe ouvrière qui se prononce pour nous, mais c’est ça qui compte pour imposer nos idées.

Quelles idées ?

Imposer par des luttes, par rapport au chômage qui est une véritable catastrophe, il faudrait l’interdiction des licenciements, et la répartition du travail entre tous, qui est l’échelle mobile du temps de travail, des augmentations de salaire conséquentes, réelles, 300 euros, et 1 800 euros de salaire minimum. Souvent on nous dit que c’est utopique, mais (par) le contrôle des comptes des entreprises et tous les gens qui ont de l’argent, on verrait que ce n’est pas si utopique que ça. On verrait que dans les dividendes, les bénéfices, il y a de quoi financer ces mesures-là.

Syndicats et extrême gauche promettent un 3e tour social vigoureux dans la rue. Le soutenez-vous ?

On encourage bien évidemment les travailleurs à résister à toutes les attaques qui se feront contre eux, à ne pas compter justement sur les négociations. Il y a là un certain nombre de syndicats qui sont en train de parler du fait que M. Macron et ses ministres seraient de fins négociateurs. Ce n’est pas vrai. M. Gattaz et le Medef, ils savent très bien que ce (…) qu’il va exactement dans le même sens de ce qu’ils proposent. On pourrait croire que c’est le Medef qui fait les textes de loi. Ce n’est pas dans les négociations que les travailleurs peuvent attendre quoi que ce soit. Nous, on propose un programme de lutte avec des propositions progressistes dont les travailleurs peuvent s’emparer.

Le FN fait de bons scores ici, notamment dans les classes populaires, qu’en pensez-vous ?

Malheureusement il y a trop d’ouvriers qui votent pur le FN parce qu’ils se sentent rejetés, parce qu’ils en ont marre, exaspérés. Il y a des gens qui pensent que si les gens du FN étaient élus, ils feraient différents des autres (…) Non Marine Le Pen et ses représentants locaux ne sont des Pères Noël. Ils feront la même chose que les autres. On l’a vue à Whirlpool, elle n’avait rien à dire à part faire de la frime (…) elle n’a pas dit non on interdit les licenciements parce que les patrons ont les moyens de payer. Ça, elle n’est pas capable de le dire parce que ce sont ses amis, les patrons. Elle obéira au Medef comme les autres, d’ailleurs toutes ces contorsions par rapport à l’euro, c’est bien ça.

Propos recueillis par Manessa TERRIEN