Angoulême (Charente)

Cités HLM : les charges explosent, la colère aussi

Brève
11/05/2022

Les habitants de plusieurs grands ensembles HLM ont reçu des régularisations de charges liées au chauffage collectif : en moyenne, c’est 50 % de plus par rapport à l’an dernier. Les organismes HLM disent que c’est dû à l’envolée du prix du gaz. Une locataire témoigne que son rappel de charges est passé de 650 à 935 euros : « quand j’ai reçu la lettre, mon cœur s’est mis à battre à 200 à l’heure. Depuis je n’en dors plus la nuit. Du coup, spontanément, des locataires, la plupart mères de famille, se sont rassemblées à une vingtaine en bas d’un immeuble pour clamer leur indignation, leur colère en public et devant la presse.

Les bailleurs, qui n’ont pratiquement pas informé et prévenu les résidents, allèguent la flambée du prix du gaz. À quoi une locataire répond : « ils nous disent que c’est à cause de la guerre en Ukraine ; mais les charges, elles augmentent depuis 2018. »

Il n’est pas sûr que l’intervention des associations de locataires pour tenter d’apaiser cette colère suffise. Oui, c’est la révolte des locataires et leur capacité à s’organiser qui peut faire reculer cette attaque des organismes dits « sociaux » et des autorités pour faire payer les familles populaires. Alors qu’il ne se passe pas une journée sans qu’on nous annonce que l’argent coule à flot pour les riches et les grandes entreprises, en particulier celles qui spéculent sur le gaz ou les produits pétroliers.

CCAS de La Rochelle (Charente-Maritime)

Grève pour des embauches

Brève
02/05/2022

Le Centre communal d’action sociale (CCAS) a mis en place le 14 février un « pôle handicap », qui mobilise 16 auxiliaires de vie à domicile pour s’occuper spécifiquement de 65 personnes handicapées, semaine et week-end. Cet effectif est nettement insuffisant, d’autant qu’il se réduit souvent à 12 compte tenu des roulements. Ils n’ont pas le temps de s’occuper correctement des personnes handicapés, de les laver, les sortir, et disent se sentir « maltraitants ».

En grève unanimement du 28 mars au 4 avril, ils ont aussi manifesté le 30 mars devant le siège de l’agglomération de La Rochelle pour réclamer un effectif minimal de 23, ainsi qu’une prime les dimanche et jours fériés.

Ces agents payés au Smic doivent utiliser leur voiture personnelle pour se rendre au domicile des bénéficiaires, et sont mal remboursés de leurs frais d’essence, avec parfois deux mois et demi de retard. C’est dire le mépris de leur employeur. Ils ont eu bien raison de s'être fait respecter par la grève, qui a débouché sur des promesses d’embauches et des aides temporaires en attendant.

Angoulême (Charente)

Eau contaminée : désinvolture coupable

Brève
01/05/2022

L’eau du robinet est contaminée dans 27 communes de l’agglomération d’Angoulême. Cette contamination est due à la présence de parasites d’origine animale que l’entreprise publique SEMEA impute à de récentes pluies abondantes. Cette eau contaminée peut induire des douleurs abdominales fortes, des vomissements, de la fièvre. L’analyse de l’eau a été conduite le 20 avril. Et l’information n’a été rendue publique que le… 29 avril par la presse locale, l’entreprise se contentant de préconiser l’eau en bouteille ou de faire bouillir l’eau 5 minutes.

La réaction générale est celle d’une émotion et une inquiétude, en particulier concernant les bébés, les enfants et les personnes fragiles, notamment aidées à domicile. Et d’indignation devant le retard à divulguer l’information. Oui, la désinvolture dangereuse de la SEMEA et de l’agence régionale de santé ont de quoi choquer.

Maison d’arrêt de Rochefort (Charente-Maritime)

Conditions indignes

Brève
11/03/2022

Une société se juge à l’état de ses prisons, affirmait l’écrivain Albert Camus. Celle de Rochefort, âgée de deux siècles et prévue pour un maximum de 52 prisonniers, en détient ordinairement 80 en moyenne, nombre qui atteint aujourd’hui 98, après un record de 106 mi-février. Des détenus ont été installés sur des matelas par terre – ils sont 700 dans ce cas en France – et il faut leur marcher dessus pour aller aux toilettes. Les surveillants sont débordés, 20 % de l’effectif est en arrêt maladie ou parti en retraite et non remplacé.

Ce n’est pas pour rien que le dit « pays des droits de l’homme » a été condamné en 2020 par la Cour européenne des droits de l’homme pour ses « conditions de détention inhumaines et dégradantes ». Et l’exemple de Rochefort montre que la situation s’est même aggravée depuis.

Adrexo (Poitiers – Vienne)

Une colère qui ne retombe pas

Brève
14/02/2022

Les grévistes en manifestation dans Poitiers

Les travailleurs du site de Poitiers d’Adrexo, entreprise de distribution de colis – filiale du groupe Hopps –, ont fait deux semaines de grève. Ce mouvement fait suite à un précédent conflit, en septembre, qui s’était conclu par l’attribution d’une prime repas de 9,50 € par jour travaillé (pouvant représenter de 200 à 300 euros par mois).

Comme rien n’a été versé, la colère a explosé de nouveau et les conditions de travail se sont ajoutées aux griefs vis-à-vis de la direction. Sous-équipement en moyens matériels (2 transpalettes pour 32 travailleurs, des tables de travail bricolées avec des palettes), journées à rallonge : la coupe a largement débordé et la grève s’est propagée à d’autres site (Saint-Étienne, Avignon,…).

Si des améliorations des conditions de travail ont été obtenues (en moyens matériels), le versement de la prime de panier est toujours hypothétique. Gageons que ces travailleurs n’hésiteront pas à user de nouveau du seul langage que comprennent les patrons : le rapport de force.