Centre éducatif fermé (Le Vigeant – Vienne)

Le député à la ville, le député aux champs

Brève
09/06/2021

Un rassemblement était organisé par la CGT, mardi 8 juin, pour soutenir un travailleur veilleur de nuit au centre éducatif fermé (CEF) du Vigeant, dans le sud du département, accusé, par la direction de l’association Nouvel horizon qui l’emploie, d’avoir filmé avec son téléphone portable une altercation entre jeunes.

Contestant les faits, ce travailleur, par ailleurs récemment responsable syndical CGT au sein de l’association, dénonce, avec des collègues, des conditions de travail dégradées liées à des tensions avec des jeunes pensionnaires, une pression constante de la direction qui licencie sans hésiter et un sous-encadrement chronique pour assurer les multiples tâches. Tout cela se traduit par des arrêts de travail fréquents et trois procédures aux prud’hommes à l’encontre du CEF.

Alerté par ces problèmes récurrents, le président de l’association, qui n’est autre que le député du secteur, Jean-Michel Clément, longtemps encarté au PS, puis rallié, un temps, à la vague macroniste, et roulant pour son propre compte maintenant, n’a jamais daigné répondre aux sollicitations des syndicalistes. Il est vrai qu’il est bien occupé à rédiger ses petites questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, pour les publier ensuite sur son portail Internet, comme le 2 mars dernier, où l’injustice sociale du gouvernement liée aux attaques contre l’assurance chômage faisait mine de le préoccuper. Poser quelques questions sans suite à un gouvernement qui n'en a rien à faire, ça ne sert évidemment à rien, sinon à ajouter une petite touche de couleur au portrait d'un politicien en mal de visibilité. De là à répondre aux préoccupations des travailleurs de l'association qu'il préside… n'exagérons rien !

Nouvelle-Aquitaine

Conseil régional : Une unanimité au service du grand patronat

Brève
01/06/2021

Le Conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine, à l’instar des autres conseils régionaux, est un pourvoyeur de subventions publiques à destination du grand patronat.

Ainsi, pour ne citer qu’un exemple, les conseillers régionaux, dans une belle unanimité (qui caractérise d’ailleurs l’écrasante majorité des votes), ont attribué, en novembre 2019, 2,6 millions d’euros à la SAFT, filiale du groupe Total, alors que celui-ci distribuait plus de 8 milliards en dividendes et rachats d’actions à ses actionnaires pour l’exercice 2019 ! Les conseillers régionaux, toute tendance politique confondue, savent aider les « nécessiteux ».

Pour que l’argent public cesse d’enrichir les capitalistes et aille aux besoins de la collectivité, les travailleurs devront mettre le holà !

Pêche (Charente-Maritime)

Les salaires des marins pêcheurs plongent

Brève
29/03/2021

Le gazole maritime, qui constitue la première dépense des bateaux de pêche, a augmenté de 50 % depuis l’automne 2020. Les armateurs du secteur, à La Cotinière (île d’Oléron) ou à Chef-de-Baie (La Rochelle) comme partout, répercutent la baisse de leurs revenus sur les salaires des marins, dont la plupart sont payés, en totalité ou en partie, à la « part pêche », c’est-à-dire en proportion des bénéfices, qui peuvent tomber à zéro si la pêche ne couvre pas les frais.

De plus le salaire minimum, qui était rarement respecté, est depuis 2002 calculé non à l’heure mais à l’année, sur une base annuelle de 225 jours de mer, des journées qui ne durent pas 8 mais 24 heures.

Des augmentations du gazole du même ordre en 2018 avaient conduit de nombreux marins pêcheurs, qui risquent leur vie pour un salaire aléatoire et un travail épuisant, à participer au mouvement des gilets jaunes. C’est en se mobilisant encore qu’ils pourront se faire entendre. Mais pour assurer des revenus et des conditions de travail dignes aux marins, c’est toute l’organisation capitaliste qu’il faudra remettre en cause.

Angoulême (Charente)

Les travailleurs de la culture mobilisés

Brève
29/03/2021

S’associant au mouvement initié par l’occupation de l’Odéon à Paris, les travailleurs de la culture se sont mobilisés à Angoulême, et après une assemblée de 200 personnes le vendredi 19 mars ont occupé le théâtre municipal. Ce que la directrice de celui-ci, avec l’aval du maire, avait accepté. Des assemblées quotidiennes ont regroupé une cinquantaine de personnes, personnel technique, professionnels, intermittents des milieux du théâtre, de la danse, de la musique.

Ils voulaient exprimer leur indignation de ce qualificatif de « non-essentiel », au caractère quasiment insultant, que leur accole le gouvernement pour justifier l’interdiction complète de toute manifestation culturelle. Cela les laisse sans aucune activité, et parfois dans des situations critiques financièrement, voire moralement.

Ils reprenaient les revendications de l’Odéon, à savoir l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage qui lésera tous les chômeurs, et aussi plus spécifiquement la prolongation de l’année blanche pour le droit au chômage de tous les intermittents, un plan massif de soutien à l’emploi pour les salariés de la culture, et une réouverture des lieux de culture.

Après une semaine à fabriquer banderole, panneaux, à mettre au point des animations de rue – telle un « haka » spectaculaire, des chants et un véritable orchestre, une dynamique « manifestation/déambulation » a eu lieu le samedi 27 au centre-ville. Trois cents personnes, dont beaucoup de jeunes y ont participé, dans un climat de détermination et de satisfaction de se retrouver.

De quoi renforcer le mouvement et l’occupation.

Poitiers (Vienne)

Livreurs en colère !

Brève
28/03/2021

Depuis quelques années, de nombreux livreurs à vélo, en grande majorité immigrés, circulent dans Poitiers, travaillant comme auto-entrepreneurs pour les plateformes Deliveroo et Uber Eats. Se regroupant en plusieurs points de la ville, en attente d’ordres de livraison, ils n’ont accès à aucune infrastructure comportant des sanitaires et leur permettant de souffler.

Révoltés par cette situation et accompagnés par la CGT, une quarantaine d’entre eux se sont rassemblés devant la mairie de Poitiers ; une délégation a été reçue par la maire. Ils réclament des locaux pour pouvoir se reposer comme c’est le cas dans d’autres villes et protestent aussi vivement contre le comportement de la police qui, disent-ils, fait preuve à leur égard d’une véritable frénésie de contrôles injustifiés.

Dans leurs prises de parole, les livreurs ont annoncé que, si rien n’avançait, ils envisageraient de faire la grève des livraisons. Harcelés par la police et méprisés par leurs employeurs, que sont ces plateformes, ces travailleurs sont bien décidés à défendre leurs droits.