Présentation de candidat

Antoine Colin, candidat face au maire capitaliste

Brève
11/03/2020

Connue des touristes pour son centre-ville historique, La Rochelle compte de grandes cités ouvrières comme celle où je vis, Villeneuve-les-salines, où le taux de chômage atteint 32 %.

Le maire actuel, Jean-François Fountaine, se représente, avec le soutien de LREM et du PS. C’est aussi l’un des plus gros capitalistes de la région, employant près de 2 000 salariés dans ses trois usines de construction de navires de plaisance, qui affichaient 30 millions d'euros de bénéfices l'an dernier. Les conditions y sont dures, les rythmes intenses occasionnant des accidents de travail à foison, dont une chute mortelle chez un prestataire en 2019. Le maire se vante d’être « écolo » et de se déplacer à vélo. Mais ses salariés – et les riverains – respirent des vapeurs de solvants à longueur de journée, alors que des postes de travail disposent d’une aspiration largement insuffisante. À l’issue d’une récente grève pour les salaires – très bas – Fountaine-Pajot a mis fin au contrat de quatre intérimaires grévistes, pourtant très qualifiés, et promis à l’embauche.

À un récent débat entre têtes de liste, j’ai pu dénoncer cette politique à la face du maire, mis devant ses contradictions alors qu’il prétend avoir du mal à trouver de la main d’œuvre qualifiée. Celui-ci, mécontent d’être mis en accusation devant 300 personnes – dont beaucoup de ses obligés –, et les journalistes, m’a interrompu d’un « vous arrêtez », se croyant sans doute dans son entreprise. Cet éclat peu à son avantage a opportunément disparu de la vidéo du débat…

Lors du débat, j’ai pu aussi dénoncer les belles phrases du maire sur le handicap alors que des handicapés doivent ramper dans les escaliers en s’accrochant à la rampe chaque fois que leur vieil ascenseur tombe en panne. J’ai dénoncé les 55 millions utilisés pour agrandir le port de plaisance, au grand profit des entreprises nautiques, et qui manquent aux HLM. J’ai aussi dénoncé les attaques du maire et de ses alliés, le député Falorni et le Vert Soubeste – maintenant concurrents dans l’élection – contre les travailleurs territoriaux, à qui ils ont imposé, malgré une lutte d’un an, de travailler plus pour le même salaire. »

Angoulême (Charente)

Les éboueurs en grève pour 300 euros d’augmentation

Brève
03/02/2020

Trois cents euros d’augmentation, c’est que revendiquent les éboueurs de GrandAngoulême qui ont débuté une grève reconductible vendredi 31 janvier, sous l’impulsion d’un syndicaliste. Ils s‘élèvent contre des bas salaires – 1 250 euros pour un rippeur débutant ; un chauffeur, c’est 1 350 euros. Cela pour un travail pénible. Les autorités de GrandAngoulême font la sourde oreille et n’ont même pas rencontré les travailleurs, disant qu’« on ne peut pas faire plus ».

Mais quand il s’agit de financer des travaux publics qui rapportent des dizaines de millions à Vinci ou Eiffage, ces élus ne comptent pas. De l’argent, il y en a, les éboueurs ont toutes les raisons de se mettre en lutte.

Lycée Valin (La Rochelle – Charente-Maritime)

Zéro au bac pour avoir défendu leurs idées

Brève
02/02/2020

Lundi 20 janvier, une centaine d’élèves du lycée Valin organisaient un barrage filtrant à l’entrée de leur lycée pour protester contre le remplacement des examens finaux du bac par un contrôle continu (E3C), dont les épreuves se tenaient ce jour pour les élèves de 1re. Ils étaient accompagnés d’enseignants grévistes.

De tels barrages avaient lieu devant d’autre lycées de La Rochelle et d’ailleurs. Mais le proviseur de Valin, qui appelle la police à toute occasion, est connu pour chercher l’affrontement. Il a fait appel aux parents pour qu’ils accompagnent leurs enfants au lycée pour ces épreuves, en leur faisant croire qu’il n’y aurait pas d’épreuve de remplacement. C’était un mensonge mais cela provoqua des heurts à l’entrée entre les élèves mobilisés et des parents inquiets, épaulés par le proviseur.

Jeudi 30 janvier, une partie des élèves qui s’étaient mobilisés le 20 se virent refuser l’accès aux épreuves de remplacement d’histoire-géographie, au prétexte qu’ils n’avaient pas été empêchés par la contrainte de participer aux premières épreuves. Ils furent choisis de manière totalement arbitraire par le proviseur. Alors que les CPE refusaient d’un commun accord de dénoncer les élèves, le proviseur utilisa des photos où il crut les reconnaître – on se demande comment, car parmi deux frères jumeaux par exemple, l’un fut admis aux épreuves et pas l’autre. Même des élèves dont le seul « tort » était de s’être abonnés au compte Instagram @BlocusValin pour s’informer du mouvement furent interdits d’épreuve pour cette raison.

Le rectorat de Poitiers a choisi de faire corps avec ce proviseur contre l’intérêt des lycéens. L’administration a aussi provoqué des iniquités en cherchant à briser la grève des enseignants. Ainsi, des extérieurs non formés ont été appelés à surveiller une épreuve d’anglais, l’un d’eux a enchaîné les erreurs et fini par passer 6 fois la bande son de l’épreuve de compréhension orale d’anglais tandis que les autres classes ne l’entendaient que 3 fois. Les lycéens considèrent à juste titre comme du mépris pour leur examen le refus de l’administration de réorganiser des épreuves aussi inéquitables et tenues dans d’aussi mauvaises conditions.

Si le proviseur voulait ainsi briser l’esprit de révolte des jeunes, gageons que son attitude va au contraire le stimuler.

Angoulême (Charente)

Sans autrices et auteurs, pas de BD

Brève
02/02/2020

À l’occasion du Festival international de la bande dessinée (FIBD) d’Angoulême, les autrices et auteurs de BD se sont manifestés collectivement pour rendre publique leur situation. Selon divers rapports et enquêtes, les trois quarts des auteurs travaillant sur Angoulême sont au RSA, 53 % des auteurs professionnels gagnaient moins que le smic et 36 % étaient sous le seuil de pauvreté. Ces derniers chiffres datent de 2014 mais ça ne s’est pas amélioré depuis.

Ils étaient notamment environ 400 à « poser les crayons » et à se rassembler devant la statue d’Hergé le vendredi à 17 h pour affirmer que « sans autrices et auteurs, pas de BD ». Ils portaient aussi la revendication du retrait de la réforme des retraites.

Comme toutes les industries, celle de la bande dessinée est basée sur l’exploitation de milliers de travailleuses et de travailleurs et fait la fortune d’un petit nombre de grands éditeurs. Et comme tous les travailleurs, ceux de la BD ne peuvent compter que sur les luttes collectives pour changer leur sort.

Charente

Macron à Angoulême, les bulles et les ronds…

Brève
30/01/2020

Jeudi 30 janvier, Macron a passé la journée dans la ville où se tient le festival de la bande dessinée, quadrillée par les forces de gendarmerie lourdement équipées.
Le plat de résistance de la journée était néanmoins, en compagnie de Bruno Lemaire, l’inauguration à Nersac d’un site industriel où va se construire une nouvelle usine Saft, dévolue à Total, fabriquant des batteries de haute technologie, baptisée « l’airbus des batteries ». C’est que cette usine est financée par des fonds de différents États européens et des subventions de la région Aquitaine, entre autres collectivités. Mais c’est Total – dont le PDG était présent – ou encore PSA qui vont en bénéficier. Comme si ces firmes capitalistes ne pouvaient financer leurs investissements !
Plus de trois milliards d’euros vont être déversés par sept pays européens, dont 700 millions d’euros par la France. Comme si tout cet argent ne serait pas plus utilement consacré à des investissements dans le secteur public, comme les hôpitaux, les écoles, ou le logement !
Le reste de la journée, Macron a fait le show devant des auditoires très choisis, mais sans effacer la révolte qui gronde parmi les artistes de la BD réduits à vivre dans la misère (à Angoulême, les trois quarts d’entre eux sont au RSA) tandis que les éditeurs profitent de leur travail. Les auteurs de BD manifestent ce vendredi 31 janvier en centre-ville.
Les bulles passent, le vent de ses discours aussi, les milliards aux capitalistes restent.