Angoulême (Charente)

Les travailleurs de la culture mobilisés

Brève
29/03/2021

S’associant au mouvement initié par l’occupation de l’Odéon à Paris, les travailleurs de la culture se sont mobilisés à Angoulême, et après une assemblée de 200 personnes le vendredi 19 mars ont occupé le théâtre municipal. Ce que la directrice de celui-ci, avec l’aval du maire, avait accepté. Des assemblées quotidiennes ont regroupé une cinquantaine de personnes, personnel technique, professionnels, intermittents des milieux du théâtre, de la danse, de la musique.

Ils voulaient exprimer leur indignation de ce qualificatif de « non-essentiel », au caractère quasiment insultant, que leur accole le gouvernement pour justifier l’interdiction complète de toute manifestation culturelle. Cela les laisse sans aucune activité, et parfois dans des situations critiques financièrement, voire moralement.

Ils reprenaient les revendications de l’Odéon, à savoir l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage qui lésera tous les chômeurs, et aussi plus spécifiquement la prolongation de l’année blanche pour le droit au chômage de tous les intermittents, un plan massif de soutien à l’emploi pour les salariés de la culture, et une réouverture des lieux de culture.

Après une semaine à fabriquer banderole, panneaux, à mettre au point des animations de rue – telle un « haka » spectaculaire, des chants et un véritable orchestre, une dynamique « manifestation/déambulation » a eu lieu le samedi 27 au centre-ville. Trois cents personnes, dont beaucoup de jeunes y ont participé, dans un climat de détermination et de satisfaction de se retrouver.

De quoi renforcer le mouvement et l’occupation.

Poitiers (Vienne)

Livreurs en colère !

Brève
28/03/2021

Depuis quelques années, de nombreux livreurs à vélo, en grande majorité immigrés, circulent dans Poitiers, travaillant comme auto-entrepreneurs pour les plateformes Deliveroo et Uber Eats. Se regroupant en plusieurs points de la ville, en attente d’ordres de livraison, ils n’ont accès à aucune infrastructure comportant des sanitaires et leur permettant de souffler.

Révoltés par cette situation et accompagnés par la CGT, une quarantaine d’entre eux se sont rassemblés devant la mairie de Poitiers ; une délégation a été reçue par la maire. Ils réclament des locaux pour pouvoir se reposer comme c’est le cas dans d’autres villes et protestent aussi vivement contre le comportement de la police qui, disent-ils, fait preuve à leur égard d’une véritable frénésie de contrôles injustifiés.

Dans leurs prises de parole, les livreurs ont annoncé que, si rien n’avançait, ils envisageraient de faire la grève des livraisons. Harcelés par la police et méprisés par leurs employeurs, que sont ces plateformes, ces travailleurs sont bien décidés à défendre leurs droits.

Charente

Rassemblement contre des suppressions inadmissibles de postes dans les écoles

Brève
17/03/2021

Lundi 16 mars, une quarantaine de parents d’élèves de différentes écoles d’Angoulême se sont rassemblés devant la préfecture d’Angoulême, accompagnés de syndicalistes. Ils s’opposent à des suppressions de postes envisagées. iIci, dans un quartier populaire (Jean-Moulin à Ma Campagne) où disparaitrait la possibilité des faire travailler des élèves en petits groupes, car le dispositif « plus de maîtres que de classes » est menacé. Des parents ont fait signer avec succès une pétition qu’ils vont remettre aux autorités académiques. Là (école Condorcet), ils refusent la suppression qui entraînerait des classes à 30 élèves. Ailleurs (à la ferme des Valettes), ce sont les projets de faire travailler les élèves à l’extérieur, dans un cadre de verdure magnifique, qui sont compromises. On le voit, les réactions de parents qui avaient commencé dans les communes du Nord Charente, à Luxé et Cellefrouin, avec participation du maire, ont fait… école.

Lors de la discussion sur la carte scolaire, les autorités académiques avaient annoncé la suppression de 28 postes (alors que 15 ouvertures sont annoncées). La plupart des parents pointent que la promesse d’un surcroît d’efforts faite après le confinement était ainsi piétinée. Des postes de remplaçants sont aussi supprimés – « une catastrophe », disent des syndicalistes, « parce que cela ne répond pas au protocole sanitaire ».

Et derrière tout cela, la recherche funeste de la rentabilité…

Cadmium à la Saft :

les empoisonneurs courent toujours

Brève
13/03/2021

Vendredi 12 mars, 40 salariés et ex-salariés de Saft à Nersac en Charente (maintenant filiale de Total) se sont déplacés à Bordeaux pour assister à l’audience de la cour d’appel. Ils s’étaient donnés rendez-vous pour suivre le procès qu’ils ont engagé contre leur patron pour les avoir exposé au cadmium pendant des années.

Le Cadmium est un métal lourd et très toxique utilisé dans la fabrication de batteries haute technologie. En 2014, ils étaient plus de 400 à manipuler ce produit. Plusieurs d’entre eux ont développé des cancers atteignant les organes vitaux (foie, rein, pâncreas) et certains sont décédés.

Les travailleurs de Saft ont engagé le combat en 2012. Leur patron a utilisé tous les recours juridiques pour ne pas reconnaitre sa responsabilité dans l’empoisonnement de leurs collègues. En 2016 le tribunal correctionnel d’Angoulême a reconnu la responsabilité de Saft Nersac et a condamné l’employeur et son dirigeant de l’époque à payer une amende de… 10 000 euros.

Mais Saft Nersac a fait appel et a obtenu la relaxe. Les salariés ont alors fait un pourvoi en cassation, qui a effectivement a cassé l’arrêt de la cour d’appel et renvoyé l’affaire devant une autre cour d’appel. C’est cette audience qui devait se tenir ce vendredi 12 Mars à Bordeaux.

Mais aucun dirigeant de Saft Nersac ne s’est déplacé et la cour a renvoyé le procès au 2 juillet prochain. Cela n’a pas entamé le moral des travailleurs qui ont conscience que leur combat risque d’être long. Ils ont tenu une assemblée générale devant  le tribunal et se sont donnés pour objectif de revenir le 2 juillet.

Comme pour l’amiante les patrons ne reconnaissent jamais leurs responsabilités d’empoisonneurs mêmes quand les faits sont avérés. Ils utilisent tous les recours possibles pour faire trainer les procès en comptant sur la lassitude des plaignants ou… de leurs descendants !

Incinérateur Soval (Échillais, Charente-Maritime)

Plastique et métaux dans le compost agricole

Brève
07/03/2021

Le groupe Soval, filiale de Veolia qui exploite l’incinérateur d’Échillais, propriété du Syndicat intercommutautaire (SIL), a vendu comme compost à des agriculteurs, 5 € la tonne, des centaines de tonnes de déchets non conformes, issus d’un « tri mécano-biologique » (TNB) préalable à l’incinération. Ces déchets dépassaient largement des normes pourtant bien permissives.

Alors que la préfecture a interdit en 2018 cette technique du TNB, Soval s’appuie sur des recours juridiques pour continuer à produire ces prétendus composts agricoles.

Le groupe Soval est incapable de trier les déchets comme il l’a prétendu pour obtenir un marché lucratif, mais tout à fait capable de faire payer, avec la complicité du SIL et de l’État, les agriculteurs, les usagers par la taxe sur les ordures… et peut-être de mettre en danger les consommateurs.