La Nouvelle République (Vienne) :  Ludovic Gaillard : « Il y aura une explosion sociale »

Article de presse
17/04/2012

On ne fait pas de la politique qu'au moment des élections justifie Ludovic Gaillard, porte-parole et coordonnateur dans la Vienne de Nathalie Arthaud, (Lutte ouvrière) candidate à l'élection présidentielle.

" La violence est du côté de la bourgeoisie "

La cinquantaine « de camarades » de LO, aux portes des usines, des lycées, des grands centres commerciaux, dans les quartiers populaires également, diffuse invariablement été comme hiver leur message : « L'interdiction de licencier » ; « la répartition du travail entre tous sans baisse de salaires » ; « l'échelle mobile des salaires (ils doivent suivre le coût de la vie) » ; « le contrôle des comptes des entreprises... » Pas d'ego surdimensionné dans ce parti-là : « Ce que nous défendons, c'est la lutte collective, explique Ludovic Gaillard, on veut s'adresser à tous les salariés licenciés. » Car, selon Lutte ouvrière, cette société « nous conduit à la catastrophe » et l'alternative à tous les maux « qui nous assaillent » passe par une solution collective et « pas individuelle ». « Nous n'aurons pas d'autres choix pour défendre notre droit à la vie », assure Ludovic Gaillard. « Il faut renverser le système capitaliste qui est une véritable maison de fous. C'est pour cela que nous sommes communistes révolutionnaires ». Contrairement aux communistes qui, eux, ont « participé au gouvernement de Mitterrand et à celui de Jospin. »

Pas tendre le porte-parole de Nathalie Arthaud avec ses « frères » communistes : « Le Parti communiste français a baissé, a roulé son drapeau et l'a rangé derrière Mélenchon. » Pas Lutte ouvrière, « nous, on creuse notre sillon mais nous ne faisons pas de la politique hors sol. »

Cette posture politique rejette-t-elle d'un bloc celle développée par la gauche classique, incarnée par le candidat PS ? « Au deuxième tour, il y aura un vote pour Hollande mais il y a une méfiance », annonce Ludovic Gaillard.

Le porte-parole ne nie pas l'intérêt de cette échéance. « Les élections ont une utilité, dit-il, pour dire sa colère, sa rage, en se prononçant pour des mesures radicales. » Et Ludovic Gaillard de rappeler l'histoire du monde ouvrier. « La peur doit changer de camp ; en 1936, c'étaient les patrons qui avaient peur et aujourd'hui, ce sont les classes populaires qui craignent pour leur avenir. »

Lutte ouvrière ne focalise pas sur le locataire de l'Élysée : « Ce n'est pas important de connaître son nom, estime Ludovic Gaillard, mais de savoir comment la crise a empiré ? » La réponse est claire pour le coordonnateur, - « la violence est du côté de la bourgeoisie qui défend le système » -, qui prédit un bouleversement : « Il y aura une explosion sociale ; il ne faut pas la craindre. Le jour où il y aura une grande grève, il faut qu'elle soit contrôlée par la base. »

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