Marseille-La Blancarde

La vie ordinaire d'un conducteur de train

Brève
16/12/2007

Nous pouvons fréquemment avoir à conduire une matinée et à re-attaquer la nuit qui suit. Nous pouvons aussi travailler des journées longues de 11 h avec juste une coupure de une heure. Pendant cette coupure on est sur la machine et pas forcément à un endroit où l'on pourrait manger correctement et se reposer un peu.

Il y a des tournées où nous conduisons pendant 5 ou 6 heures d'affilée sans un seul arrêt. Ce qui suppose une vigilance sans éclipse

Aux usagers de la route, avec quatre passagers la sécurité routière demande de se reposer toutes les deux heures. Nous, avec des centaines de passagers, nous en sommes bien loin.

Bien sûr, nous n'enfournons pas du charbon dans une chaudière et notre travail demande beaucoup moins de force physique qu'il n'en fallait à nos anciens. Mais c'est un travail difficile car il nécessite beaucoup d'attention, et de technicité.

Quand elle nous a embauchés, la SNCF avait passé un "contrat moral" avec nous. Nous acceptions de travailler de jour ou de nuit, pendant les fériés et le week-end. Mais, en compensation nous pouvions prendre notre retraite plus tôt.

Si finalement le nombre d'annuités que nous avons à faire était augmenté, le "contrat moral" n'aurait plus lieu d'être. Et là, à 17h on arrête le train, on rentre à la maison... les jours fériés, les nuits, et les week-end à la maison... Un contrat est un contrat, non ?

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