Renault Trucks

De petites puces font caler les camions

Brève
15/02/2021

     Les patrons de usines Renault trucks vont imposer du chômage partiel, à cause d’une pénurie de semi-conducteurs. Elle entraîne l’arrêt planétaire de nombreuses usines, notamment dans l’automobile ou l’électronique. Les quelques entreprises spécialisées n'arrivent pas à suivre la demande et n’ont aucun stock, car elles produisent à flux tendu. Du coup, les prix des semi-conducteurs explosent et la spéculation s’emballe sur les titres boursiers de ce secteur où de gros profits s’annoncent.

     Dans l’économie capitaliste, chaque grand groupe produit pour le profit maximal, à court terme, sans aucune coordination. Et quand la production s’arrête à cause de cela, les autorités les assistent, avec le chômage partiel qui permet aux capitalistes de se faire payer les salaires par l’État. Toute la population paie donc pour cette anarchie capitaliste qui engraisse spéculateurs et grands bourgeois.

Entrepôt Conforama - Saint-Georges-d’Espéranche (38)

Le virus du profit plus fort que celui du covid

Brève
13/02/2021

Cet entrepôt de logistique situé dans le nord Isère à 25 km de Lyon vient d’être fermé jusqu’au 22 février pour être entièrement nettoyé après la découverte d'une quinzaine de salariés positifs au covid. Les cas ne cessaient d’augmenter au cours de la semaine mais le patron continuait d’exiger que le travail soit fait sans aucune mesure sanitaire supplémentaire. Malgré les cas déjà avérés, le patron a refusé la fermeture lors du CSE exceptionnel tenu le jeudi 11 février suite aux pressions du syndicat FO de l’entreprise. Il s’appuyait sur l’avis de l’ARS (Agence Régionale de Santé) qui expliquait que l’entrepôt pouvait rester ouvert. Le vendredi 12, c’est l’Inspection du Travail contacté par le syndicat qui faisait fermer l’entrepôt alors qu’une dizaine de cas potentiels supplémentaires étaient suspectés.

Ces décisions irresponsables et révoltantes, du patron comme de l’ARS, montrent bien que la prétendue guerre contre le virus s’arrête là où le profit commence. L’État est bien plus préoccupé par la santé des fortunes des grands patrons que de celle des travailleurs !

Accident de travail mortel – Saint-Étienne

La vie d'un ouvrier : 50 000 €

Brève
12/02/2021

     Le 28 avril 2018, un ouvrier de 48 ans faisait une chute mortelle sur un chantier à Saint-Étienne. Le procès vient d'avoir lieu. L'entreprise sous-traitante pour laquelle travaillait cet ouvrier n'avait pas mis en place de protection, ni barrière ni filet, alors que l'intervention se faisait sur le toit. Le patron de l'entreprise a cyniquement essayé – comme d'habitude – de rejeter la faute sur l'ouvrier, mais le tribunal n'a pas accepté cette pitoyable défense. Résultat : 50 000 € d'amende, ce qui est peu cher payé pour la vie d'un ouvrier.

     Quant à l'entreprise donneuse d'ordre, dont le nom n'a même pas été révélé par la presse, elle n'a pas été inquiétée, alors qu'elle aussi est responsable, normalement, de la sécurité des salariés, y compris sous-traitants. La dégradation des conditions de travail tue, et ce n'est pas cette justice magnanime envers les patrons qui va y mettre un frein.

Région Rhône -Alpes – Restaurants Brut Butcher

Humour de bas étage

Brève
09/02/2021

     La chaîne régionale « Brut Butcher » impose aux 200 travailleurs de ses 26 restaurants de porter des tee-shirts avec des messages graveleux, « à poêle les dindes », « il faut se la farcir » ou « un restau très cochon ». Au service et en cuisine, beaucoup sont des femmes et ce prétendu « humour » ne fait pas rire. Les directeurs et managers sont eux souvent des hommes. Et il faudrait supporter les remarques sexistes des clients ou d’autres hommes déclenchées par cette tenue de travail ?

     Le syndicat Sud appelle à un rassemblement samedi 13 février à 11h30 devant le restaurant de Saint-Étienne. La presse a relayé l’information et le patron annonce reculer. C’est le minimum. Une confirmation serait une petite victoire morale pour les travailleuses et les travailleurs, qui pourraient aussi avoir envie de dénoncer les dures conditions de travail pour lesquelles cette chaîne est aussi réputée.

Kidiliz – Saint-Chamond (Loire)

Des salariées contestent le plan social au rabais

Brève
08/02/2021

     Fin 2020, 900 salariées sur 1250 du groupe Kidiliz (ex-Zannier), filiale du groupe Semir, étaient licenciées avec des indemnités et un PSE a minima. Plus de 150 d'entre elles ont décidé de contre-attaquer et de contester pour « irrégularités et insuffisances » l’accord, signé par les syndicats et validé par l’administration, en saisissant le Tribunal administratif de Paris et les Prud’hommes.

     Le groupe Semir, pourtant mis en cause dans la situation de l’entreprise, n’a pas mis un euro dans le plan social. Quant à la famille Zannier, l’ancien propriétaire qui a vendu l’entreprise au groupe Semir et ramassé le pactole, après avoir exploité des générations d’ouvrières, elle s’est reconvertie dans l’hôtellerie de luxe et les grands crus.

Même licenciées, certaines salariées ne comptent pas se laisser faire.