Histoire de l'accabler encore plus

Brève
21/08/2008

Quand elle se rend d'urgence en Algérie au chevet de sa mère mourante son passeport ne comporte pas le nom du dernier enfant. C'est pour cela, dans l'urgence, qu'elle a confié l'enfant à une nounou à Marseille. Seulement la nounou ne pouvait répondre à l'avis de recherche ni réclamer l'enfant perdu car elle est vraisemblablement sans papier.

Et la police, au lieu d'aider la mère à son retour, ne trouve rien de plus urgent que la mettre 24 heures en garde à vue pour "aide au séjour irrégulier" de la nounou. Peut-être voulait on obtenir le nom de la nounou de cette femme que la législation met en difficulté simplement parce que ses papiers sont d'un autre pays.

Pour comble les services sociaux renchérissent en ne rendant pas l'enfant à sa mère et en menaçant de lui enlever les autres. Pas même le minimum d'humanité pour une femme qui a vu sa mère mourir et dont l'enfant s'est égaré !

Que pouvait donc faire cette femme. Laisser sa mère mourir sans essayer de la voir, emmener son fils dont le nom ne figurait pas sur le passeport et être immédiatement refoulée ?

Au lieu de l'aider, de compatir à sa douleur, police et administration lui font subir tracasseries sur tracasseries.

Cela illustre le drame que vivent les sans papiers pour qui toute démarche "normale" a été rendue impossible par une législation injustifiable.

Tarascon

Les mauvais coup se préparent en été

Brève
21/08/2008

Linpac, filiale d'un grand groupe anglais fabricant des barquettes et des emballages est en passe de fermer.

C'est pendant les vacances que les employés ont appris la nouvelle. 130 salariés vont se retrouver à la rue à Tarascon. Certains ouvriers ont rappelé que depuis des années il y avait un gel des salaires et que la productivité avait fortement augmenté ; les gains ont été considérables.

Cela ne semble pas suffire aux patrons qui ferment l'usine, jettent à la rue une bonne centaine de salariés au nom du profit.

Pierre-Bénite (Rhône)

Les travailleurs de Kemira s'opposent aux projets de la direction

Brève
28/07/2008

Il y a à peine plus d'un an, l'usine Arkema de Pierre-Bénite a vendu une partie de ses productions au trust finlandais Kemira. Ce qui fait qu'une vingtaine de salariés d'Arkema ont changé de patron. Kemira s'était engagé à maintenir rémunérations et organisation du travail.

Mais en juin, la direction de Kemira a remis tout cela en cause. Conséquences : une perte de rémunération allant jusqu'à 500 euros par mois, le non-renouvellement des intérimaires et même le probable licenciement de deux travailleurs.

Les salariés de Kemira se sont aussitôt mis en grève totale. Après 15 jours d'arrêt de la production, la direction de Kemira a accepté de revoir partiellement son projet.

Tout n'est pas réglé, loin s'en faut. La grève est suspendue jusqu'à nouvel ordre et les travailleurs restent attentifs !

Lyon

"C'est moi qui compte"

Brève
14/07/2008

Dans un entretien publié par le quotidien "Le Progrès de Lyon", Paul Berliet, ancien PDG des usines portant son nom (devenues depuis Renault Trucks), répond à la question : "Qu'est - ce qu'un bon ouvrier pour un bon patron ?" "Pour moi, le bon ouvrier, d'abord, il pense et fait ce qu'il veut en dehors de l'entreprise. Mais dans l'entreprise, c'est moi qui compte."

Voilà un ex-exploiteur qui ne cache pas ses conceptions. Il ne faisait certainement pas tant le fier durant les grèves de mai 68.

En tout cas, lui et ses successeurs devraient se rappeler que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, ils pourraient revoir des moments où celui qui "compte" ne serait pas le patron, mais l'ouvrier.

Bellegarde (Ain)

Lafuma : "fournisseur officiel de chômeurs"

Brève
03/07/2008

Les salariés de l'usine Eider à Eloise, près de Bellegarde dans l'Ain, se battent depuis la mi-juin pour sauver leurs emplois.

Le 12 juin, Lafuma rachetait l'entreprise de vêtements de montagne Eider, avec des paroles rassurantes sur l'avenir de l'usine. Moins de deux semaines plus tard, le PDG du groupe annonçait le licenciement de 47 salariés, la mutation de 40 autres dans des usines du groupe en Haute-Savoie, et la fermeture complète du site d'ici la fin de l'année 2008.

Lafuma a profité des difficultés annoncées de Eider pour racheter la marque et les brevets. Puis, dans le secret de ses bureaux, sa direction a décidé de regrouper la production des vêtements d'hiver sur quelques sites, au mépris des salariés et des conséquences pour le bassin de Bellegarde déjà fortement touché par le chômage.

Lafuma, qui a réalisé l'an dernier près de 10 millions d'euros de bénéfices, aurait largement les moyens de conserver tous les emplois. Mais, comme le disent les grévistes, "Lafuma habille les sportifs et déshabille les salariés".