Villeurbanne (Rhône)

Quelle allure un facteur doit-il avoir pour ne pas être suspect pour la police ?

Brève
10/10/2007

Mercredi 2 octobre, un jeune postier d'origine maghrébine a été arrêté à Villeurbanne car, étant en CDD, il n'avait pas la tenue, et il n'a pas pu fournir de papiers prouvant qu'il était facteur, puisque cela n'existe pas.

L'incident a été rapidement clos puisqu'il a été emmené au bureau distributeur, où ses collègues ont été aussi choqués que lui. Car, même s'il y a, paraît-il, des vols de vélos de facteurs avec le courrier, ce n'est pas un hasard si ce jeune homme a été contrôlé et pas d'autres qui ne portent, pas plus que lui, l'uniforme.

Entre les pressions du gouvernement pour que les policiers fassent "du chiffre" dans l'arrestation des sans-papiers, et les nouvelles lois, comme celle sur les tests ADN, qui stigmatisent les immigrés, tout concourt à faire passer, auprès de la population, et tout particulièrement des policiers, les personnes immigrées ou d'origine immigrée pour des délinquants possibles, surtout s'ils sont jeunes.

Les contrôles au faciès, qui sont quotidiens dans les cités, les métros et les gares, empoisonnent la vie de ceux qui les subissent.

Golfe de Fos-sur-Mer

Pourquoi se gêner ?

Brève
09/10/2007

Puisque benzène, dioxyde de souffre, métaux lourds et ozone prolifèrent autour du golfe de Fos, pourquoi se gêner et ne pas en rajouter avec l'incinérateur géant ?

Le raisonnement des autorités en particulier de la Mairie de Marseille et la préfecture des Bouches du Rhône qui défendent l'installation d'un incinérateur géant non loin de Fos semble plus que simpliste. À l'initiative de l'association "Santé Environnement Provence" plus de trois cent médecins des Bouches du Rhône ont dénoncé les conséquences sanitaires de l'incinérateur sur les populations du golfe de Fos. Ils comparent la pollution due à cet incinérateur à celle d'une cigarette géante, avec à la clé une augmentation des cancers et des troubles respiratoires particulièrement importante autour de ce pôle de la chimie, du pétrole et de la métallurgie.

Delta du Rhône

À la pêche au pyralène

Brève
09/10/2007

La pollution du Rhône au pyralène - classé parmi la douzaine de substances chimiques les plus dangereuses pour l'homme - a atteint la Méditerranée. Ce produit fut massivement utilisé dans l'industrie, essentiellement en tant qu'isolant électrique. Mais en 1979 son utilisation fut interdite dans les encres d'imprimerie et les adhésifs. La vente d'appareils en contenant fut prohibée en France en 1987. Mais il fallut attendre 2003 pour qu'un plan de décontamination et d'élimination des appareils en contenant soit approuvé.

Seulement, dans le Rhône, depuis vingt ans des centaines de kilos de pyralène sont déversés, en toute impunité. Pourtant en 1985, déjà, les premiers constats ont révélé des concentrations bien trop élevées de ce produit toxique dans les poissons du fleuve comme dans les espadons de Méditerranée.

Mais de cette pollution comme des autres, amiante, pétrole... les industriels se moquent éperdument.

Marseille

L'urgence qui tarde et l'attente qui dure

Brève
03/10/2007

A Marseille 500 immeubles insalubres devraient être réhabilités dans le Centre ville. Ce sont les escaliers qui s'effondrent et les planchers qui s'affaissent, entre autres, qui les caractérisent.

Cela fait des années que les locataires paient cher pour ces logements insalubres et que les propriétaires ne font rien. Depuis 1995, quelques 550 logements sur 5 000 concernés dans le centre, ont été réhabilités.

Et pendant ce temps là les locataires languissent dans ces immeubles vétustes et subissent car il n'y a eu ni production massive de logements sociaux ni production de logements privés à loyers sociaux.

Marseille

Les pollueurs

Brève
01/10/2007

Si le prix du M2 à l'Estaque flambe, c'est parce que ce quartier est situé au bord de la mer avec une vue sur toute la rade. Et c'est une des raisons pour laquelle la municipalité s'est inquiétée de la pollution et du nettoyage du site de l'ex usine Kuhlman et Métaleurop.

Après des années de tergiversations les industriels ont commencé les travaux de dépollution. Un des propriétaires de friches industrielles n'est autre qu'Atofina (Total).

Les déchets sont bien plus importants que ce qui avait été annoncé au départ : des centaines de milliers de mètres cubes de terres ont été pendant des années souillées au plomb, à l'arsenic, au zinc et aussi aux hydrocarbures. Il faut maintenant construire de gigantesques sarcophages pour stocker ces déchets.

Les travaux auraient du être terminés en 2002. Mais si les entreprises ne se sont pas gênées pour polluer pendant trente ans, elles ne sont pas pressées de payer la dépollution.

Tout cela alors qu'elles affichent des bénéfices de 44 millions d'euros pour Metaleurop et 13 milliards pour Total, en 2006.