Hôpital Edouard Herriot (Lyon)

La lutte des urgences a payé

Brève
11/02/2009

La loi Bachelot, discutée en ce moment au Parlement, va accélérer le démantèlement des hôpitaux publics. Dans son intervention télévisée, Sarkozy a dit clairement qu'il n'était pas question de donner plus de moyens aux hôpitaux, et que les suppressions de postes allaient continuer, alors que le personnel croule sous le travail et les difficultés liées aux fermetures de lits, et qu'il est de plus en plus difficile de se faire soigner.

C'est pour lutter contre cette politique que le personnel des urgences de l'hôpital E. Herriot a fait grève. Au bout de 8 semaines, il a obtenu satisfaction sur une partie de ses revendications : du personnel supplémentaire (aides-soignants, brancardiers, infirmière, préparateur en pharmacie) et le remplacement de tous les congés maternité.

Cependant, une partie des postes obtenus l'est par redéploiement de personnel et requalification de lits, qui vont donc manquer ailleurs.

Et comme le plan de réduction de personnel, correspondant à 2 % de la masse salariale, imposé par le ministère de la Santé, est maintenu, le problème à l'échelle de l'hôpital reste entier comme dans les autres hôpitaux des HCL. Pour empêcher cette dégradation programmée, c'est donc une lutte à l'échelle de l'ensemble des hôpitaux publics qui est nécessaire, avec le soutien de la population, qui est directement concernée.

Vénissieux (Rhône)

En grève pour sauver leur emploi

Brève
12/01/2009

Les travailleurs de la fonderie Saint-Jean Industries sont en grève totale depuis le 5 janvier. Ils se relaient pour occuper l'entrée de l'usine jour et nuit, en bloquant la sortie des pièces en stock.

Le groupe a racheté l'usine de Vénissieux à Duranton-Sicfond en 2005, avec 137 licenciements à la clef. Il possède une autre usine dans le Rhône, ainsi qu'en Allemagne, en Croatie et aux États-Unis.

Fin 2008, Renault Trucks, son principal client, a annoncé son intention de se désengager pour délocaliser ses achats en Inde. Le patron de l'usine en a profité pour annoncer le regroupement de sa production en Croatie et la fermeture de l'usine de Vénissieux et le licenciement de ses 108 salariés.

Les travailleurs de l'usine savent que beaucoup de leurs collègues licenciés en 2005 n'ont pas retrouvé de travail et ils sont déterminés à sauver leurs emplois en obligeant, par leur grève, les patrons de Saint-Jean, mais aussi des clients Renault Trucks, Areva et BMW, à trouver un repreneur. Et si c'est impossible, à mettre la main à la poche pour lâcher des indemnités de départ bien supérieures aux indemnités légales.

Lyon

La lutte du personnel des urgences contre la politique cynique du gouvernement

Brève
10/01/2009

Le 9 janvier, Nicolas Sarkozy a accusé de susciter des "polémiques parfaitement déplacées" ceux qui ont dénoncé les récents accidents dans les hôpitaux en les mettant sur le compte du manque de moyens. Après Roselyne Bachelot qui préconisait "une meilleure régulation", il a dénoncé un déficit d'organisation car, selon eux, les moyens sont suffisants.

A Lyon aussi, la direction avait proposé de s'organiser autrement aux grévistes du pavillon N des urgences de l'hôpital E. Herriot.

Pourtant, s'ils sont en grève (et réquisitionnés) depuis le 8 décembre, c'est bien pour dénoncer le manque de personnel qui oblige, par exemple, des aide-soignantes à abandonner le service pour emmener les patients faire des examens, faute de brancardiers. Et c'est aussi faute de personnel que des lits sont fermés, obligeant les malades à rester plus longtemps aux urgences.

Jeudi 8, les grévistes, exaspérés par l'absence de réponses de la direction, ont occupé le siège des HCL... jusqu'à ce que la direction les fasse évacuer, à 22h30, par la police. Car elle n'a toujours rien d'autre à leur proposer que deux postes de brancardiers... pris dans d'autres services, où ils vont manquer !

Malgré la situation critique, la direction veut encore faire 2 % d'économies sur le budget du personnel l'année prochaine et va encore supprimer des postes. C'est pour combattre cette politique cynique, qui risque de provoquer encore de nouveaux accidants, que le personnel de N continue à se battre pour réclamer plus de moyens et plus de personnel.

Vénissieux (Rhône)

Renault Trucks organise la solidarité... entre travailleurs !

Brève
02/12/2008

Pour atténuer la perte de salaire due au chômage partiel, Renault Trucks a proposé des mesures, qu'elle prétend faire signer à tous les syndicats, visant à faire payer le chômage par l'ensemble des salariés.

Un fond d'indemnisation du chômage partiel serait mis en place, alimenté par une cotisation de 0,15 % pour l'ensemble des travailleurs, avec un abondement identique du patron, 3 jours d'ancienneté supprimés à tout le monde et la réaffectation à ce fond de 4 jours de formation des cadres. Ceux qui ne chôment pas devraient donc travailler trois jours de plus et, par solidarité, tout le monde paierait, y compris les chômeurs qui s'indemniseraient eux-mêmes !

Pourtant, il suffirait de 30 millions d'euros pour payer à 100 % ceux qui chôment, soit 6 % des 490 millions d'euros versés en 2008 aux actionnaires. Alors, c'est à eux de mettre la main à la poche et d'être "solidaires", avec l'argent gagné grâce au travail de ceux à qui on veut encore réclamer des sacrifices.

Lyon

Urgences en grève pour les effectifs

Brève
02/12/2008

La grève du personnel des urgences du pavillon N, à l'hôpital Edouard Herriot, se poursuit depuis le 8 décembre. Elle est suivie par la quasi-totalité des hospitaliers, toutes catégories confondues, qui assurent le service minimum.

Les grévistes de N en ont assez de travailler de manière quasi-permanente en sous-effectifs. Ils demandent les postes qui leur permettraient d'assurer la sécurité des patients et de leur prodiguer les soins et l'attention qu'ils sont en droit d'attendre.

La grève est reconduite tous les jours en assemblée générale et les actions se sont multipliées : rencontres avec la direction locale, le directeur général adjoint des HCL, manifestations... Mais pour l'instant la direction refuse d'embaucher, sous prétexte que l'hôpital a 120 millions de déficit, et elle propose au personnel de mieux s'organiser !

Dans tous les hôpitaux publics, les effectifs sont insuffisants, ce qui n'empêche pas de continuer à supprimer des postes, comme au CHU de Saint-Etienne où 500 suppressions sont prévues, avec des fermetures de lits. Le gouvernement trouve des centaines de milliards pour les banques. Pourtant il faudrait bien moins que ça pour conserver les postes existants et pour former les chômeurs qui pourraient occuper les milliers de postes manquants dans les hôpitaux.