Jura - Ain

Smoby : les travailleurs trinquent, les héritiers prospèrent

Brève
05/03/2008

Après des mois de rumeurs et tractations secrètes entre actionnaires, banquiers et repreneurs potentiels, le tribunal de commerce vient d'annoncer que Smoby-Majorette sera repris par Simba et Ecoiffier, un tandem franco-allemand, avec la suppression de 679 emplois sur les 1080 du groupe.

C'est une véritable catastrophe pour tous les salariés des usines Smoby, Berchet ou Majorette, mais aussi pour les communes du Haut-Jura ou de la "plastic vallée" à Oyonnax, déjà durement touchée par les licenciements.

Cette hémorragie d'emplois est présentée localement comme une quasi-fatalité de la vie économique, conséquence de la concurrence ou de l'endettement du groupe. Tout cela a bon dos !

Smoby, comme Berchet racheté par le premier il y a trois ans, ont rapporté beaucoup d'argent à leurs anciens propriétaires, les familles Breuil et Berchet. Ces dernières années ils ont réalisé des montages juridiques et financiers complexes, toujours guidés par le profit à court terme sans se préoccuper des conséquences pour les travailleurs. Sentant le vent tourner, ils ont revendu leurs entreprises aux plus offrants. Aujourd'hui ce sont les travailleurs qui paient au prix fort.

C'est une triste illustration de la nécessité de lever le secret industriel et le secret bancaire et de rendre transparents les comptes comme les décisions des actionnaires.

De plus, pendant des années les communes de la région ont subi un véritable chantage à l'emploi : pour que Berchet ou Smoby reste dans ces communes, elles devaient mettre la main à la poche. Certaines communes se sont endettées pour financer des travaux. Aujourd'hui, non seulement il n'est pas question du remboursement des sommes versées mais des centaines d'habitants de ces communes se retrouvent sur le carreau.

Marseille

Les grévistes de la RTM avaient eu bien raison

Brève
27/02/2008

Une décision de justice vient d'annuler l'accord passé entre la RTM et Véolia-Transports pour la gestion du nouveau tramway. Par cet accord Véolia-Transports percevait 49 % de la recette du tramway, ainsi qu'une prestation de plus de 800 000 € pour la mise à disposition de trois de ses cadres censés "aider au marketing".

C'était pour s'opposer à cet accord qu'en octobre, novembre et décembre 2005, les traminots de Marseille avaient fait grève 45 jours. Ils y avaient laissé leur salaire, et ils s'étaient entendus traiter de tous les noms d'oiseaux par la municipalité de Gaudin et les médias qui les accusaient de prendre les marseillais en otage et de ruiner les commerçants. Leur grève avait même été déclarée illégale.

Et ne voilà-t-il pas que, près de trois ans plus tard, la légitimité de leur mouvement et de leur revendication est officiellement reconnue.

Mardi, à l'appel de la CGT, il y avait à peu près 50 % de grévistes sur toute la Régie pour demander l'indemnisation des grévistes et des augmentations de salaires.

Les grévistes de la RTM avaient eu bien raison de montrer et de refuser que l'argent public aille engraisser Véolia et Cie.

Bouches-du-Rhône

Travailler plus... pour n'avoir aucun droit

Brève
27/02/2008

Dans les Bouches du Rhône, vingt et un travailleurs agricoles, originaires principalement du Maghreb, ont saisi le Tribunal dministratif pour dénoncer le fait que la préfecture leur refuse une carte de travailleur permanent.

Ces ouvriers travaillent sur les exploitations agricoles du département bien plus que les six mois qui figurent sur leur contrat de saisonnier. Certains font ce travail depuis plus de vingt cinq ans. Ils font huit voire dix mois de durs travaux, cotisent aux prestations sociales, mais ne peuvent les toucher faute d'un contrat de travailleur permanent.

La préfecture tient peut-être à faire une démonstration de ce qu'est le "travailler plus", quand on est en plus "choisi", c'est : n'avoir droit à rien !

Marseille

Précaires, jusqu'à quand ?

Brève
27/02/2008

Si les employés des hôpitaux en Contrat d'Accompagnement d'Aide à l'Emploi (CAE) s'en tenait à la lettre des termes de l'appellation de leur contrat, ils n'auraient aucun souci à se faire. Et pourtant c'est exactement l'inverse !

Après l'occupation des locaux de la semaine dernière, ils se sont retrouvés dans le hall de la Direction générale le lundi 25 février et le mardi 26 où ils ont rejoint la Mairie à une trentaine.

Reçus de suite par les Directeurs de l'Assistance Publique les manifestants ont tenu à dire : "Nous sommes considérés comme du personnel jetable par la Direction de l'AP-HM. On nous dit que nos postes n'existent pas puisqu'ils ne sont pas budgétisés. Pourtant il y a, par exemple, une employée qui travaille à la plonge aux cuisines depuis près de 20 ans ; avec tous ces types de contrats bout à bout, comment pouvez-vous dire que son poste n'existe pas, qu'il est virtuel alors que c'est son propre chef qui doit la remplacer lorsqu'elle est absente ?"

La Direction s'est engagée à rappeler tous les CAE pour leur proposer un poste en CDD, à condition qu'ils répondent aux critères, ce que l'hôpital ne leur avait jamais demandé auparavant.

Et c'est pour cela qu'ils voulaient obtenir aussi un engagement du Maire qui est doublement responsable, d'abord en tant que Maire supervisant la gestion de l'Assistance publique et ensuite en tant qu'ami de Sarkozy, responsable des coupes sombres du budget.

Marseille

Carrefour embauche... les CRS

Brève
20/02/2008

En grève depuis le 1er février, la grand majorité des salariés du magasin "Carrefour, Grand Littoral" à Marseille posaient le problème de leurs salaires, le plus souvent inférieurs à 1 000 € du fait d'horaires de travail à temps partiel imposé. Ils s'opposaient à une organisation des horaires qui, malgré des horaires partiels, leur accapare des journées entières.

Vendredi 15 février, les grévistes regroupés au rond point à l'arrière du grand magasin essayaient de dissuader les conducteurs de camions de livrer la marchandise.

Une première charge de CRS a envoyé une femme enceinte à l'hôpital. Une deuxième charge, un peu plus tard, a blessé un élu communiste, Joël Dutto qui, lui aussi, a du être hospitalisé.

Le préfet en envoyant les CRS avait obtempéré aux demandes de la direction de Carrefour. Mais le lendemain, samedi 16 février, les grévistes ont obligé la direction du magasin à fermer les grilles du magasin en manifestant dans la galerie.

Et si finalement, lundi 18 février, les salariés de "Carrefour Grand Littoral" ont dû reprendre le travail avec peu de choses, il n'en reste pas moins que des liens se sont noués entre les grévistes et que cette grève a fait largement connaître les conditions de travail et de salaire dans le magasin.