Renault Trucks (Vénissieux) :  Seule la mobilisation peut protéger les travailleurs

Echo d'entreprise
23/03/2020

     À Renault Trucks, ce n’est qu’à la suite d’arrêts de travail dans les usines de Bourg, Vénissieux et Blainville, au début de la semaine du 16 mars, que la direction avait finalement annoncé la fermeture de tous les sites de production. Mais en fait certains secteurs tournent toujours. C’est le cas à Vénissieux à la Pièce de rechange et aussi à la Fonderie.

     Une délégation de travailleurs est allée interpeller la direction de la PR mercredi 18 pour demander la fermeture du secteur et de ne servir que les pièces urgentes. Car la direction, qui prend prétexte de la nécessité légitime d’assurer un bon fonctionnement des camions transportant du matériel soit pour les services de santé, soit qui approvisionnent la population en nourriture, en profite pour servir toutes sortes de pièces urgentes ou pas. Elle avait promis une diminution des effectifs à partir du lundi 23, il n’en a rien été, bien au contraire : l’effectif a même augmenté avec des intérimaires et des étudiants.

     Ce même lundi, au début de l’équipe du matin, les travailleurs ont eu la surprise de constater que des affichettes étaient placées à l’entrée d’une « zone infectée par le COVID 19 ». Et aux travailleurs qui ont arrêté le travail pour obtenir des explications, la direction et la médecine du travail ont affirmé qu’il y avait peu de risque d’attraper le virus. Il n'y a que par leur mobilisation qu’ils feront passer leur santé et leur vie avant la production et les profits.

Conseil Départemental de Haute-Savoie :  Pour les agents de l’Action sociale, c'est la galère

Echo d'entreprise
23/03/2020

Pour les salariés, qui ont en charge l’accueil du public précaire, l’accompagnement des enfants placés par l'Aide Sociale à l'Enfance, le suivi des femmes venant d’accoucher, les liens avec les bénéficiaires des aides aux personnes âgées et handicapées, la situation était déjà compliquée avant l’apparition du virus, du fait du manque de personnel. Depuis les annonces de Macron, le 12 mars, ils ont dû s'organiser et travailler sans compter pour garder à flot les services.

Dans les services d’aide à domicile, il manquait déjà des aide-ménagères, aides-soignants et infirmiers. Alors, avec ceux qui sont contraints de rester chez eux, les moyens d’intervention sont encore diminués. Pour ceux de la Petite enfance, puéricultrices, infirmières, médecins, dont certains vont à domicile ou font des permanences de vaccination, très peu de masques sont disponibles. Dans un camp de familles roms près d'Annemasse, en plus du Covid 19, une épidémie de rougeole s'est déclarée. Les médecins de la Protection Maternelle et Infantile, volontaires, sont allés faire les dépistages. Alors qu'une commande de 1700 masques n'était toujours pas livrée. C'est dramatique.

De nombreux agents, avec leurs propres téléphones, tentent de maintenir au moins un lien téléphonique avec les personnes et familles accompagnées. Les lignes sont saturées d’appels d’assistantes maternelles, inquiètes d’accueillir sans matériel de protection les enfants des salariés ou de perdre leurs revenus.

Dans les équipes de l’Aide sociale à l’enfance, les éducateurs n'ont aucun masque quand ils interviennent au domicile des familles dont ils font le suivi des jeunes. Mais le confinement de ces jeunes dans les familles, confinées au même endroit, est la plupart du temps très conflictuel, voire explosif. Le travail des professionnels, qui consiste à ce que la situation n'empire pas, est alors très éprouvant.

Les foyers accueillant 7 jours sur 7 les jeunes placés ont dû se réorganiser dans l'urgence : heureusement des éducateurs volontaires se sont proposés pour renforcer les équipes, déjà en sous-effectifs chronique. Mais le confinement individuel des jeunes est impossible, alors qu'il est déjà difficile pour beaucoup d'entre eux en temps normal de rester dans l'établissement, vivre isolés dans leur chambre est impensable.

La situation créée par le Coronavirus accentue le manque de personnel déjà préexistant dans l'accompagnement des personnes précaires et fragiles. Les professionnels ont en mémoire la canicule de 2003 et craignent que les plus isolées d’entre ces personnes soient à nouveau victimes collatérales. Demander des comptes aux responsables de cette situation calamiteuse et imposer la création de postes correctement payés est une nécessité. Et le plus tôt sera le mieux.

Caterpillar (Grenoble et Echirolles) :  Les ouvriers lâchent les chaînes d’assemblage

Echo d'entreprise
22/03/2020

Depuis le début de l’épidémie du coronavirus parti de Chine, Caterpillar a invoqué des difficultés pour s’attaquer aux travailleurs de ses deux usines, à Grenoble et Echirolles.

Il y eut d’abord la pose obligatoire de plusieurs journées RTT au prétexte du manque d’approvisionnement venant de Chine.

Puis, l’épidémie se propageant en France, la direction pris des mesures “barrières” contraignantes pour les travailleurs : suppression des bus de ramassage, fermeture de la cantine et des vestiaires. Il fallait arriver en tenue de travail et repartir sale de l’usine. Pour éviter tout croisement, les équipes étaient décalées d’une heure.

Mais le mardi 17 mars au matin, lendemain des annonces de confinement de Macron, le remous était palpable sur les chaînes d’assemblage des deux usines, où les ouvriers travaillent dans la promiscuité. Sans demande d’autorisation, embauchés, intérimaires, sous-traitants, tous cessèrent spontanément le travail. La direction décida alors la fermeture pour quinze jours et à 10 heures, trois heures avant la fin de poste, les ouvriers quittaient les usines, en chômage partiel.

La direction a réussi à faire l’unité des travailleurs. À se souvenir contre ses prochains mauvais coups !

ST Microelectronics (Agglomération de Grenoble) :  Les puces avant les virus

Echo d'entreprise
22/03/2020

STMicroelectronics est une multinationale qui emploie 46 000 salariés dans le monde, dont 10 000 en France. Cette entreprise fabrique des semiconducteurs utilisés dans les appareils électroniques de la vie quotidienne, les automobiles et les équipements industriels. Rien qui puisse de près ou de loin être utile dans le domaine médical à court terme. 

Sur le site de Grenoble, la plupart des 1 800 ingénieurs du site, sont en télétravail. Quant à la centaine de salariés restants, leur hiérarchie leur demande de venir travailler.

Sur le site de Crolles, où travaillent habituellement 4 000 salariés dont 2 000 en production, les ouvriers encore en poste en salles blanches doivent assurer la production avec 50% de l’effectif, y compris intérimaires et CDD. La direction veut continuer coûte que coûte à produire pour dit-elle “sortir gagnants de cette crise” face à ses concurrents. Elle a proposé 300 euros de prime mensuelle pour un temps plein, réservée aux travailleurs ST, en oubliant au passage ceux de la sous-traitance, du nettoyage, de la maintenance, de la logistique, gardiens, pourtant eux aussi, de la chair à profit.

Quelques mesures ont été prises sur les deux sites, pas de quoi calmer les angoisses : distances de sécurité, gel hydroalcoolique et même des masques type FFP2 qui devraient être fournis dans les jours à venir. Une mesure choquante quand on sait que les hôpitaux en manquent cruellement.

Hormis la CGT, les syndicats CGC, CFDT collaborent et ont signé un accord national avec la direction pour maintenir la production.

Comme l’a dit un travailleur "les salariés vont au front et les friqués sont à l'abri".

Voilà la déclinaison sociale de la guerre dont parle Macron…

Hospices civils de Lyon :  La bataille pour les masques

Echo d'entreprise
20/03/2020

Une affiche du personnel de l'Hôpital de la Croix Rousse dénonçant le manque de masques

Au Groupement Hospitalier Est, c’est la croix et la bannière pour avoir des masques. Ils sont lâchés au compte-goutte : il faut tousser pour en obtenir.  Dans un service, pendant qu’un collègue discutait avec le cadre, un autre a dû se glisser dans son bureau pour récupérer de quoi travailler en sécurité. Ailleurs, certains ont refusé de travailler tant qu’ils n’en avaient pas, voire ont dû aller se servir dans d’autres services. La direction ne fait que promettre et encore, un seul masque par jour pour ceux qui ne sont pas dans les services qui s’occupent des malades du Covid-19. Un masque, ça tient 4 heures maximum.

Macron affirme qu’on est en guerre, mais en temps de guerre, les gouvernements se montrent capables de réquisitionner des entreprises et adapter leur production à la production d’armes ou d’uniformes. Le gouvernement aurait pu en faire autant pour la production de masques ou de gel hydro-alcoolique, si son mépris de classe pour les travailleurs n’avait eu d’égal que sa soumission aux profits des entreprises.

Amazon - Montélimar (Drôme) :  Les travailleurs refusent de se sacrifier pour les profits de Jeff Bezos

Echo d'entreprise
19/03/2020

Depuis 3 jours, entre 50 et 100 travailleurs de la plateforme Amazon de Montélimar débrayent quotidiennement pour réclamer la fermeture du site face au danger du coronavirus. Des centaines de travailleurs embauchés, auxquels se rajoutent chaque jour de nouveaux intérimaires, sont forcés de venir se changer dans les vestiaires, de se croiser dans les allées, sans pouvoir respecter la distance minimale préconisée pour empêcher la contagion.

Les dirigeants prétendent que leur activité est essentielle au fonctionnement de la vie sociale, mais il leur est difficile de dissimuler que tout ce qui les intéresse, c’est de maintenir leurs profits faramineux.

Dans un geste qu’ils ont cru généreux, les dirigeants ont osé évoquer une augmentation de 2€ de l’heure, uniquement le temps de l’épidémie. On leur parle de sauver des vies, ils répondent uniquement pognon. Décidément, exploités et exploiteurs, on n’a pas les mêmes valeurs.

Ivéco Bus- Annonay (Ardèche) :  Usine fermée... faute de pièces, pas faute de virus !

Echo d'entreprise
19/03/2020

L'usine Iveco d'Annonay, qui fabrique des bus et des cars, est à l'arrêt depuis lundi 16 mars. Mais en cette période de confinement, ce n'est pas le virus qui a poussé le patron à fermer boutique... ou du moins, pas le risque qu'il fait courir aux travailleurs ! En effet, la présence de deux travailleurs contaminés n’a pas empêché le site de continuer à tourner jusque lundi, sans masque ni gel. En réalité, ce sont les approvisionnements en provenance de Chine et d'Italie qui n'arrivent plus, à cause des usines arrêtées dans les régions contaminées. Le patron a donc jugé plus avantageux pour lui de renvoyer les ouvriers chez eux... en imposant de prendre sur leurs congés de fin d'année et leurs journées de RTT. Et qu’importe si l’épidémie ne fait que commencer, la consigne est de redémarrer dans une semaine si les pièces sont arrivées. Mais pas sûr que les travailleurs de l'usine acceptent de venir s'exposer dans des ateliers confinés pour les profits du patron.

 

Agglomération de Grenoble :  Les profits avant la lutte contre le coronavirus

Echo d'entreprise
18/03/2020

Photo Travailleur Alpin

Malgré les risques de contamination au boulot et dans les transports, de grandes entreprises de l’agglomération grenobloise continuent de faire tourner leurs usines de production. Face à l’inquiétude des ouvriers qui ont le sentiment d’être les sacrifiés pour les profits et les demandes syndicales pour stopper l’activité, les patrons ne lâchent pas comme ça.

Chez Schneider, à ST Microélectronique et Soïtec à Crolles, sur la plateforme chimique de Pont de Claix et à Becton Dickinson, les directions refusent de fermer. Certaines invoquent des fabrications indispensables tout en refusant d’apporter la moindre transparence. Ailleurs, c’est sous la pression des menaces de droit de retrait que les usines ont fermé comme chez A. Raymond et Caterpillar.

C’est la guerre a dit Macron, mais l’effort de guerre, c’est seulement avec la peau des ouvriers des usines et ceux des sous-traitants.

Solvay - Saint-Fons (Rhône) :  Business as usual (Comme d'habitude)

Echo d'entreprise
18/03/2020

L'usine Solvay chimie de Saint-Fons

     Mardi 17, la direction de Solvay a annoncé que la production allait continuer tant que c’était possible. L’usine produit de la vaniline et divers produits chimiques intermédiaires, donc rien de particulièrement indispensable pour la société.

     Des travailleurs sont donc contraints de venir s’entasser dans des salles de contrôle où ils se succèdent sur les mêmes claviers en équipes successives, sans aucun moyen supplémentaire pour le ménage et la désinfection des salles de travail, sans protection particulière, sauf quelques lingettes. Et comment respecte-t-on les fameux « gestes barrière » quand on est confiné à 7, 8, 9,  10 salariés durant 8 heures en salle de contrôle ?

     Si les capitalistes, avec le nez rivé sur leurs profits, sont incapables d’être responsables, que les travailleurs leur enlèvent la direction des usines !

           

Coronavirus - Echos de la logistique - Saint Quentin Fallavier (Nord-isère) :  La misère ou la surexploitation

Echo d'entreprise
18/03/2020

Dans la logistique non-alimentaire, pratiquement tous les entrepôts ont fermé et des milliers d’intérimaires ont vu leurs missions interrompues ces dernières semaines ou ces derniers jours. Mais dans l’alimentaire, la surexploitation est de mise avec des équipes 24 h sur 24, 7 jours sur 7 pour ceux livrant les Carrefour ou 45 heures, 50 heures hebdomadaires voire plus chez Aldi avec certains travailleurs qui soulèvent plus de 10 tonnes de marchandises chaque jour. Pendant que des milliers d’intérimaires sont au chômage, quelques centaines de travailleurs triment tels des bêtes de somme. Il est urgent d’organiser une répartition du travail entre tous les bras disponibles. Les salaires de tous, confinés ou au travail, en CDI, en CDD ou en intérim doivent être payés intégralement par les patrons de ces grands groupes, y compris aux intérimaires qui ont perdu leur emploi.