Midi Libre :  "On n'y coupera pas, il faudra en découdre."

Article de presse
15/03/2012

Vous dites que vos idées ne sont réalisables que par une révolution. Que fait-on en attendant le "grand soir" ?

Il n'y a pas besoin de révolution pour interdire les licenciements, la bourgeoisie n'en mourra pas. Mais c'est vrai que je suis persuadée qu'il faudra changer la société de fond en comble. Sans exproprier cette classe capitaliste, les salariés ne s'en sortiront pas.

L'argent manque en temps de crise. Mais vous dites qu'on peut en trouver : en allégeant les finances publiques du "racket des banquiers" et en "puisant dans les profits passés ou présents" du privé...

Oui, et on peut aussi toucher aux fortunes qui se sont accumulées. Un salarié sur le carreau, il perd tout. Ça ne choque personne qu'il soit exproprié. Je ne vois pas pourquoi on s'arrêterait aux limites de la propriété capitaliste. Il faudra en découdre. On n'y coupera pas.

Que pensez-vous de la proposition d'Hollande, à durée limitée, de taxer à 75 % à partir d'1 million d'euros de revenus ?

Je pense comme lui que c'est très symbolique... Mais je n'ai rien contre. Je suis pour qu'on fasse payer à la bourgeoisie toutes les conséquences de la crise. Mais il faut surtout supprimer la TVA, un impôt injuste qui remplit la moitié des caisses de l'Etat.

Comment expliquer que Mélenchon soit à 10% dans les sondages et que vous soyez à 0,5%, alors que LO, jusqu'au début des années 2000, était à 5% ? Il faut être tribun ?

Mélenchon s'inscrit surtout dans un courant qui existe, celui du PCF, qui vise la participation à un gouvernement de gauche. Ce qu'on propose paraît plus difficile, mais on pense qu'il faut que les travailleurs se défendent par en bas. Sinon, le patronat et sa rapacité seront toujours là.

Propos recueillis par ARNAUD BOUCOMONT

Midi Libre du 9 mars 2012